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Vivement le retour

Avec Mathieu Beaumont

En semaine de 15 h à 18 h

SOUS LES PROJECTEURS | Recycler sa vie : de graphiste à maraîchère

Rattrapage du mercredi 21 octobre 2020
Des tomates, carottes et cerises de terre

Des légumes et des fruits vendus par Nos Aileux

Photo : Facebook (@nosaileux)

Tout larguer pour devenir maraîchère, c'est le pari un peu fou que Mélanie Goulet a fait pour trouver le bonheur. Elle a troqué les 40 heures de travail par semaine devant l'ordinateur, et une carrière de 20 ans en graphisme, pour deux poules, des plants de tomate et d'ail... et une semaine de travail qui a doublé.

Pourtant, le dessin, les arts, ont longtemps été sa passion. Je voulais être dessinatrice, c’est ce que je disais, petite, à cinq ans, explique Mélanie Goulet. C’était libérateur, les arts et tout.

Pourtant, au fil des ans, cette passion dont elle a fait son métier s’est effritée, au point de devenir un boulet. Le malaise que j’avais d’aller travailler tout le temps dans le rush, le trafic, la pression. Le domaine du graphisme, du marketing, c’est un milieu toujours sous pression, dans les rush, dans la non-satisfaction.

Je sentais que [...] je dépérissais, je n’étais plus heureuse.

Mélanie Goulet
Mélanie Goulet devant sa ferme.

Mélanie Goulet a troqué la tablette de graphisme pour les semis et la terre noire.

Photo : Radio-Canada

Un livre qui change tout

En 2015, à 38 ans, une mononucléose la terrasse, la forçant à ralentir. C’est le printemps, le temps des semis, et pour occuper ses journées, elle jardine. Les mains dans la terre, un déclic se fait dans son esprit. Je me sentais bien. Bien dans la nature, calme, zen.

C’est toutefois la lecture du livre de Jean-Martin Fortier, Le jardinier maraîcher, manuel d'agriculture sur petite surface, qui la convaincra d’amorcer une nouvelle vie. Voyant que son terrain avait tous les atouts décrits dans le livre, elle pense à se transformer en maraîchère et à gagner sa vie en vendant des légumes.

C’était une suggestion. J’étais bien dehors, je me disais : "Qu’est-ce qu’on peut faire pour faire de l’agriculture et en faire un métier?" Quelqu’un m’a dit : "Lis ça!"

Le livre de Jean-Martin Fortier

Le livre qui a changé la vie de Mélanie Goulet

Photo : Radio-Canada

Le projet a commencé tout petit, visant d’abord l’autosuffisance de la famille. Il s’en est suivi une formation professionnelle en production horticole au Centre de formation professionnelle de Coaticook (CRIFA), des investissements, du dur labeur. Aujourd’hui, Nos Aileux est une entreprise de production d’ail, de légumes de saison et de conservation, d’oeufs et de pleurotes, qui vend à la ferme et dans les marchés publics, et qui aide à former la relève de demain en accueillant des élèves du CRIFA.

C’est une formation qui n’est pas juste derrière un bureau, il y a beaucoup de pratique [...] aujourd’hui [les élèves] viennent me donner un coup de main.

Si la COVID-19 a eu l’effet d’un frein pour de nombreuses entreprises, elle a plutôt catalysé les activités de la ferme. L’autosuffisance alimentaire régionale est devenue soudainement une urgence pour Mélanie Goulet. La superficie du terrain a augmenté, les semences ont été achetées en plus grande quantité. De quoi remplir mon devoir social de nourrir le plus de gens possible, et nul doute de conforter son choix d’avoir changé de vie.

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