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Marie-Lou St-Onge
Audio fil du mercredi 28 février 2018

Noir la couleur de la réussite  :  le franc-parler de Rachel Décoste

Publié le

Une femme noire
Rachel Décoste est une leader communautaire.   Photo : Crédits photo : Rachel Décoste

Son franc-parler parfois dérange. Elle ne fait pas dans la nuance ni dans la dentelle. Quand il s'agit de faire respecter les droits des personnes de race noire, l'activiste communautaire Rachel Décoste est toujours aux premières loges. Que ça plaise ou non!

Un texte d'Angie Bonenfant

« Dans l'histoire du Canada, aucune lutte n'a été gagnée sans froisser l'establishment », répond Rachel Décoste lorsqu'on lui rappelle que ses façons de faire peuvent parfois déranger.

« Si on pense aux Famous five, les cinq femmes qui ont revendiqué le droit d'être reconnu comme une personne devant la loi, en 1918, elles ont froissé beaucoup de gens en le revendiquant, mais à la fin, elles ont gagné. »

« Quand je pense à Fred Christi, un Afro-Québécois à qui on a refusé du service au Forum de Montréal en 1936, et qui est allé revendiquer ses droits jusqu'à la Cour suprême, il a froissé beaucoup de gens, mais cela a changé des lois contre la discrimination dans les establishments du Canada, en entier », poursuit-elle.

« Quand je pense à Viola Desmond qui a refusé de céder son siège dans un théâtre de la Nouvelle-Écosse, qui est allée en cour et qui a froissé beaucoup de gens, cela a changé bien des choses », relance-t-elle.

« Et quand je pense à Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain, deux Québécoises qui ont [demandé] le droit de vote et le droit d'être égales aux hommes, elles ont froissé beaucoup de personnes au Québec, incluant l'establishment religieux. C'est ça qu'il a fallu pour faire avancer les [mentalités] », insiste-t-elle.

« Alors oui, je vais froisser des gens qui ont besoin d'être froissés, qui ont besoin de comprendre une autre façon de penser, qui ont besoin d'être sensibilisés aux enjeux qui nous affectent et qui ont besoin de comprendre que le multiculturalisme, l'égalité et la justice font partie intégrante des valeurs canadiennes », conclut-elle.

Voilà, la table est mise. Vous l'aurez compris, Rachel Décoste n'hésite pas à faire dans la démesure pour marquer les esprits.

Une de mes devises, c'est à « Vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Rachel Décoste

Au même titre que tous ces grands acteurs sociaux qui ont osé briser la barrière des conventions, Rachel est aussi une pionnière à bien des égards.

Première étudiante noire à faire partie du programme enrichi de son école, une des premières femmes de couleur à percer dans le domaine mondial des sites web, première femme noire à briguer l'investiture du Parti libéral du Canada dans la circonscription d'Ottawa-Orleans, etc. Rachel n'a pas froid aux yeux, n'a pas peur des défis et s'aventure dans des domaines où très peu de Noirs sont allés auparavant.

« En ce qui concerne l'investiture libérale, même si cela ne s'est pas terminé en ma faveur, cela a ouvert une porte à un nouveau public qui me suit depuis ce temps-là », relate-t-elle fièrement. « Jusqu'à aujourd'hui, c'est une expérience que la communauté a vécu [ensemble] et qui a rehaussé notre sens d'appartenance, notre pouvoir en tant que communauté de faire valoir ses revendications à tous les niveaux. »

Il faut foncer, il faut se mettre debout et parler. Je n'ai jamais eu peur de faire ça!

Rachel Décoste

« Pour faire avancer les choses, pour soi ou sa communauté, surtout lorsque nous sommes des Noirs, ce n'est pas en restant chez nous, encloîtrer, qui va changer les choses », poursuite-elle.

« Pour se faire respecter, il faut exiger le respect, c'est-à-dire que lorsque l'on « ne se fait pas respecter au niveau social, culturel et politique, il faut le dénoncer. »

Une femme noire qui porte un chapeau rouge.
Rachel Décoste, leader de la communauté noire d'Ottawa et de Gatineau.   Photo : Crédits

( Cliquez sur les images pour obtenir plus de détails.)

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