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Sur le vif

Avec Marie-Lou St-Onge

En semaine de 15 h à 18 h

Le défi « Sur le vif » des auteurs - Simon Boulerice et Isabelle Gaul

Audio fil du vendredi 2 mars 2018
Isabelle Gaul et Simon Boulerice ont accepté d'écrire 300 mots pour l'émission Sur le vif.

Isabelle Gaul et Simon Boulerice ont accepté d'écrire 300 mots pour l'émission Sur le vif.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

Seulement 60 minutes pour écrire 300 mots... tout un défi vous direz? Six auteurs présents au Salon du livre ont accepté de se prêter au jeu! Les premiers auteurs jumelés : Isabelle Gaul et Simon Boulerice.

Une seule contrainte : utiliser la phrase « Ce jour-là, j’ai tout compris ». L’une a écrit sous le thème du bal des finissants alors que Simon s’est aventuré sur le sujet d’une retenue en classe.

L’écoute des textes en vaut le détour!

Ce jour-là

par Isabelle Gaul

Ce jour-là, j’ai tout compris.
Qui.
Quand.
Quoi.
Comment.
Et surtout, pourquoi. Pourquoi?
Pourtant, ce n’étaient pas les indices qui manquaient. Les indices, il y en avait tellement que ce qu’il aurait fallu que je cherche, c’était les non-indices.
Maintenant que je savais tout – qui, quand, quoi, comment, et surtout, pourquoi – tout me semblait clair comme de l’eau de roche.
Le mot dans l’agenda, le tatouage dream sur le dessus du pied droit, et surtout, l’espèce d’air béat qu’elle me donnait depuis une semaine.
Je ne voulais pas voir. Pas voir.
Ma mère m’avait mis en garde maintes fois sur mes projets de grandeur…
Le « Qui »?
Il s’appelait Samuel, aimait qu’on l’appelle Sami et rêvait tout haut de partir vers les Rocheuses à moto une fois le secondaire terminé, juste après son bal des finissants, sans autre bagage que sa liste de musique et sa douce lui susurrant des mots doux dans la courbe douce du cou.
Lorsqu’on m’interrogeait sur ce que j’allais porter le soir du fameux bal, j’étais aux antipodes d’une Cendrillon cherchant la robe à rendre verte de jalousie toutes les autres. Je faisais mes bagages. Je n’allais tout de même pas découvrir l’Ouest canadien en talons et en robe cintrée!
D’abord un sac à dos. En catimini, chaque soir, j’y plaçais un objet que je jugerais utile pour mon escapade : une couverture, un ouvre-boîte (on ne sait jamais ce à quoi on peut faire face), mes bas de laine les plus chauds, du shampoing, mon rasoir, de la crème solaire et des condoms. Beaucoup de condoms. Je suis une jeune fille responsable.
Mon sac à dos prenait du poids et je lui promettais un bel avenir. Je NOUS promettais un bel avenir.
Puis un soir, pas un soir, non, le soir de mon bal, le QUOI est arrivé.
Le quoi : la disparition de tous les items de mon sac à dos! Mon bébé éventré, là, devant mes yeux.
Le cœur battant, la sueur et des larmes de dépit faisant dégouliner le maquillage que j’avais mis au moins une heure à faire, les mains tremblantes, j’ai fait ni une ni deux, j’ai envoyé un texto à mon amie Julia.
- Je ne vais plus au bal. Vie finie (signe de bonhomme qui pleure toutes les larmes de son corps)
J’ai attendu. Attendu. Je savais trop que Julia était celle qui enlacerait Sami ce soir…
J’ai entendu du bruit provenant du garage. J’ai couru vers la porte et j’ai vu ma mère, qui venait d’arriver.
Elle m’a tendu un casque en souriant. Les valises accrochées à la motocyclette étaient bien pleines.
J’ai décidé de garder ma robe. J’ai échangé les escarpins pour mes bottes. Peut-être que je ne vivrais pas le grand amour ce soir, mais j’irais découvrir le monde avec la meilleure de mère!

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