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Marie-Lou St-Onge
Audio fil du vendredi 6 septembre 2019

Initiation ou intégration?

Publié le

Un vestiaire vide
Un vestiaire vide   Photo : iStock

Les initiations sont affaires courantes dans le monde du sport. Que ce soit au secondaire, au collégial ou à l'université, les recrues font souvent face à toutes sortes de rituels pour faire partie d'une équipe.

Un texte de Guillaume Charbonneau

Encore aujourd’hui, les initiations semblent être un sujet tabou dans bien des organisations. Nous avons communiqué avec plusieurs équipes et établissements scolaires pour parler de cette réalité. Plusieurs ont refusé de discuter de ce sujet avec nous.

Concrètement, que font les organisations sportives pour éviter les débordements et les situations embarrassantes ou même humiliantes?

Deux clubs sportifs de la région ont accepté de parler de leur situation : les Griffons du Cégep de l'Outaouais et les Ravens de l'Université Carleton.

Les Griffons comptent plusieurs équipes dans différentes disciplines. Les dirigeants savent très bien qu’ils doivent composer avec la réalité des initiations. Ils préfèrent donc encadrer les activités de la rentrée plutôt que de les interdire.

Des joueurs de volleyball sont autour de leur entraîneur pour un petit caucus durant un entraînement
L'équipe de volleyball des Griffons en réunion lors d'un entraînement Photo : Radio-Canada/Jonathan Jobin

Ce ne sont pas des initiations, mais des activités d’intégration [...] que ce soient des activités où le jeune sent qu’il est intégré, pas ridiculisé, souligne Daniel Leduc, directeur adjoint des études au Cégep de l’Outaouais. Il ajoute que les vétérans de l'équipe doivent remplir un formulaire qui est ensuite approuvé par l’organisation.

Une fois que l’on reçoit le formulaire complété, on va accepter ou non l’activité. On peut aussi suggérer des modifications [...] il y a même dans le formulaire la mention au niveau de la violence à caractère sexuel.

Daniel Leduc, directeur adjoint des études au Cégep de l’Outaouais

Heureusement, il n’y a pas eu de problème grave au sein de l’organisation des Griffons par le passé. Mais, mieux vaut prévenir que guérir. Les responsables et les entraîneurs savent qu’ils ne forment pas seulement des sportifs, mais aussi de jeunes adultes.

Ça fait partie de notre responsabilité éducative et de notre mission. Si un jeune arrive et vit une expérience vraiment positive [...] lorsqu’il sera un vétéran, il ne sera pas attiré par une activité dégradante, parce qu’il n’a pas vécu ça, conclut M. Leduc.

Gros plan sur les coutures du ballon
Détail d'un ballon de football Photo : iStock

Et à l'université?

Pour ce qui est des Ravens de l’Université Carleton, les initiations et rituels sont inexistants, selon l’entraîneur adjoint, Jean-Philippe Asselin. On remplace ça avec des activités d’équipe. Que ce soit les quilles, la piscine ou des stand-up comiques… tout le monde participe, affirme-t-il. Par contre, il est conscient que les joueurs ne disent pas tout aux entraîneurs.

C’est comme un enfant qui fait quelque chose sans que ses parents le sachent.

Jean-Philippe Asselin, entraîneur adjoint des Ravens de l'Université Carleton

M. Asselin serait surpris d’apprendre qu’un joueur a vécu une expérience désagréable. Nos vétérans ont vraiment embarqué dans ce qu’on fait, ajoute-t-il.

Des joueurs de football pendant une pratique
La défense des Ravens de l'Université Carleton Photo : Radio-Canada/Radio-Canada/Kim Vallière

M. Asselin connaît très bien la réalité des initiations, puisqu’il était joueur avant d’être entraîneur. Il a déjà vécu des initiations, mais jamais rien de dégradant ou d'humiliant, dit-il.

Les choses changent, la société change et le monde du sport évolue là-dedans, affirme M. Asselin. Il est conscient qu’à l’ère des médias sociaux et des téléphones cellulaires, il est beaucoup plus facile de créer un malaise ou un scandale. Les organisations sportives, les entraîneurs et les joueurs doivent être encore plus prudents.

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