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L'évolution humaine déterminée par l'alimentation

Samedi et rien d'autre

Avec Joël Le Bigot

Le samedi de 7 h à 11 h

L'évolution humaine déterminée par l'alimentation

Audio fil du samedi 3 novembre 2018
Yanick Villedieu dans le studio 18 de Radio-Canada le 20 mai 2017

Yanick Villedieu

Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

Notre espèce aurait évolué jusqu'à l'Homo sapiens en grande partie en raison de sa consommation de viande cuite, qui a indirectement accéléré l'accroissement du cerveau. Ce phénomène est vulgarisé par le professeur d'écologie évolutive Jonathan Silvertown dans l'essai Un dîner avec Darwin, un « ouvrage remarquable », selon notre collaborateur Yanick Villedieu.

« L’accroissement du cerveau et la cuisine semblent des événements étroitement liés », avance Jonathan Silvertown. Le chercheur de l'Université d'Édimbourg explique que, lorsqu'on consomme de la viande ou des végétaux cuits, on les digère plus facilement, ce qui a peu à peu réduit la taille de notre intestin et réduit l’énergie nécessaire à entretenir cet intestin. « Le développement de la cuisine et de la cuisson a permis à l’homme de rediriger son surplus d’énergie vers le cerveau, et donc de développer son intelligence », ajoute Yanick Villedieu.

L'ouvrage fournit une explication claire de l’évolution et du darwinisme à partir de l’exemple de nos aliments, en exposant comment l'évolution de notre gastronomie – du poisson à la viande, en passant par le fromage et le vin – a peu à peu transformé le corps et le cerveau humains.

Une évolution qui se poursuit

Le livre de Jonathan Silvertown détaille quelques exemples très récents d’évolution génétique de l’humain causée par son alimentation. Notre consommation de lait, par exemple, a entraîné il y a environ 7500 ans en Europe centrale une « mutation génétique de persistance de la lactase à l’âge adulte qui permet la tolérance au lactose à l’âge adulte ». « Cette mutation s’est propagée dans toutes les populations d’origine nord-européenne », explique Yanick Villedieu.

À lire :

  • Un dîner avec Darwin, de Jonathan Silvertown, Éditions MultiMondes

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