Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Joël Le Bigot
Audio fil du samedi 10 mars 2018

La présidence de Poutine incontestée : un mystère pour l'Occident

Publié le

Vladimir Poutine devant un lutrin et un écran géant projetant sa silhouette.
Le président russe Vladimir Poutine prononce son discours à la nation.   Photo : Reuters / Sputnik Photo Agency

Après trois mandats de président et un de premier ministre, Vladimir Poutine sera vraisemblablement réélu à la présidence de la Russie le 18 mars prochain. Ses politiques autoritaires et antidémocratiques inquiètent pourtant le monde entier. Les Russes lui sont reconnaissants d'avoir redressé l'économie du pays, selon le journaliste Raymond Saint-Pierre et le politologue Jacques Lévesque.

Comment expliquer que Poutine soit si populaire? Aux yeux de l’Occidental moyen, la chose paraît improbable. « C’est que la Russie se souvient du désastre des 10 premières années du régime post-soviétique et qu’elle ne souhaite pas revivre cela », explique Jacques Lévesque, professeur émérite du Département de science politique de l’UQAM.

Quand il a été élu au début des années 2000 et qu’il a nationalisé le pétrole, récupérant des capitaux appartenant traditionnellement au pays, il a « sauvé la Russie du gouffre économique dans lequel elle sombrait depuis 10 ans », ajoute Raymond Saint-Pierre, correspondant de Radio-Canada à Moscou. « En l’espace de cinq ans, la dette a été payée et le niveau de vie moyen de la population a augmenté de 35 %. Pour les Russes moyens, Poutine est vraiment un sauveur », précise le journaliste.

En échange de la bonne santé économique du pays, les Russes sont prêts à accepter l'absence de diversité de la presse et la quasi-absence de médias libres, lesquels sont rares et concentrés à Moscou.

Jacques Lévesque, politologue
Jacques Lévesque, professeur émérite du Département de science politique de l'UQAM
Jacques Lévesque, professeur émérite du Département de science politique de l'UQAM Photo : Radio-Canada/Laurent Boursier

Et la chute du prix du pétrole, alors?
Même si le pétrole s’écroule, Poutine demeure populaire en jouant la carte nationaliste, contre la Crimée, par exemple. « Ce n’est peut-être pas une stratégie viable à long terme, dit Raymond Saint-Pierre, mais elle lui assure pour l’instant une certaine domination. Sa volonté d’affirmer la position de grande puissance devant les États-Unis est aussi appréciée par les Russes. Il sait que la superpuissance de l’URSS n’est plus possible, et qu’il n’est plus possible de créer une dynamique de bipolarité Russie–États-Unis, mais il cherche tout de même à affirmer l’influence de la Russie et à bien la positionner dans la dynamique de multipolarité des puissances mondiales, et cela fonctionne. »

Raymond Lévesque
Raymond Lévesque, correspondant de Radio-Canada à Moscou Photo : Radio-Canada/Laurent Boursier

Chargement en cours