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Quand Napoléon embauchait des artistes pour se mettre en scène

Samedi et rien d'autre

Avec Joël Le Bigot

Le samedi de 7 h à 11 h

Quand Napoléon embauchait des artistes pour se mettre en scène

Audio fil du samedi 27 janvier 2018
Portrait de Napoleon, empereur de France, en 1805, par François-Pascal-Simon Gérard, Château de Fontainebleau-Musée Napoléon Ier

Portrait de Napoleon, empereur de France, en 1805, par François-Pascal-Simon Gérard, Château de Fontainebleau-Musée Napoléon Ier

Photo : RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Gérard Blot

Napoléon était un roi de la mise en scène et voulait que son pouvoir transperce chaque morceau de tissu aperçu dans ses palais. Cette obsession, observée d'un œil politisé et à partir d'un regard contemporain, peut évoquer les Macron et Trudeau de ce monde. C'est ce que met en relief une nouvelle exposition du Musée des beaux-arts, qui, après Montréal, visitera la France et les États-Unis.

Le commissaire Sylvain Cordier, qui est passionné de la période napoléonienne, travaille d'arrache-pied depuis près de cinq ans sur cette exposition, intitulée Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial. Le visiteur y est invité à parcourir « les six départements qui composent la Maison de l’Empereur. Comptant près de 3500 employés, cette institution considérable s’attache au service de la vie quotidienne et cérémonielle de Napoléon et de sa famille, tout en façonnant son image de souverain et de héros moderne ».

Je voudrais que l'on puisse y observer Napoléon avec un regard du 21siècle en gardant en tête l'arrivée récente au pouvoir, au Canada comme aux États-Unis et en France, de personnages politiques très soucieux de mettre en scène leur pouvoir; de Macron, qui reçoit au Château de Versailles, jusqu'à Trudeau, qui soigne chaque aspect de son image d’homme d'État jeune et dynamique.

Sylvain Cordier, conservateur des arts décoratifs anciens au Musée des beaux-arts de Montréal

À son époque, Napoléon commence à avoir envie de se « vendre » comme personnage de pouvoir. « Ça se voit notamment dans l’autocouronnement de l’empereur et dans la manière dont les artistes acceptent de le peindre dans sa magnificence », explique M. Cordier.

En somme, Napoléon dit: « Regardez-moi ».

En plus de mettre l'accent sur le lien entre Napoléon et les prestigieux artistes qu'il embauchait pour dorer son image – même des artistes républicains acceptaient de s'associer à l'empereur par appât du gain –, l'exposition met en vedette des artefacts jamais vus en Amérique du Nord. « Certains morceaux n'ont même jamais été rendus publics en France, précise Sylvain Cordier. Nous avons réussi à mettre place un partenariat formidable avec le Mobilier National de France, l'institution qui meuble et décore les palais de la République française et qui a prêté de nombreux meubles de sa collection privée, [laquelle] n'est normalement pas accessible. »

Quelques références :

- Napoléon : Art et vie de cour au Palais impérial (Nouvelle fenêtre), du 3 février au 6 mai, au Musée des beaux-arts de Montréal

- Plusieurs activités sont proposées en marge de l’exposition :
Une série de conférences sur l’art et les vêtements du Premier Empire
La projection de plusieurs documentaires portant sur la vie de Napoléon
Une série de concerts proposés par la Fondation Arte Musica

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