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L'ONU contre le viol comme arme de guerre : tant de tergiversations

Samedi et rien d'autre

Avec Joël Le Bigot

Le samedi de 7 h à 11 h

L'ONU contre le viol comme arme de guerre : tant de tergiversations

Audio fil du samedi 27 avril 2019
Consolata, une victime rwandaise de viols à répétition lors du génocide rwandais en 1994

Consolata, une victime rwandaise de viols à répétition lors du génocide rwandais en 1994

Photo : Getty Images / GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Certes, l'Organisation des Nations unies (ONU) a adopté une résolution pour combattre la violence sexuelle lors des conflits, mais de nombreux observateurs la jugent vidée de sa substance. « C'est le résultat de discussions houleuses avec la Chine, la Russie et les États-Unis, qui s'opposent entre autres au vocabulaire utilisé et à la perspective de favoriser le droit à l'avortement pour les victimes », explique le journaliste François Brousseau.

Ce sujet est passé sous le radar de l’ONU pendant des décennies, même si le viol utilisé comme arme systématique dans les conflits du monde est un phénomène largement documenté. Au Conseil de sécurité de l'ONU, la France et l’Allemagne sont extrêmement militantes sur cette question et ont toujours voulu que l'organisation condamne ces viols sans équivoque. Leurs efforts pour créer un comité onusien consacré à ce sujet achoppent continuellement, à cause de la résistance de certains pays où s'agitent des forces conservatrices et d'extrême droite.

François Brousseau, journaliste

Force est de constater que « la géopolitique, les intérêts divergents et les idéologies sont venus se poser en travers du chemin et ont empêché qu’on accouche d’une résolution satisfaisante contre les violences sexuelles lors des conflits », ajoute François Brousseau.

La Chine et la Russie se sont abstenues de voter alors que les États-Unis, qui ont finalement soutenu la résolution, avaient brandi la menace d'un veto américain par crainte de « promouvoir l'avortement ». Sous la pression de l'administration Trump, le texte a été amputé d’une référence à la santé sexuelle et reproductive, jugée trop propice à banaliser les relations sexuelles et à cautionner l’avortement.

François Brousseau au micro du studio 18 de Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Brousseau, analyste aux affaires internationales pour Radio-Canada chroniqueur hebdomadaire au quotidien Le Devoir

Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

« C'est donc en partie une question de vocabulaire, analyse François Brousseau. Tout le monde n’aime pas les mots utilisés. Pour les Américains comme pour les Russes et les Chinois, le mot "avortement" et les références aux transgenres ne devaient pas apparaître dans le texte de la résolution ».

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