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Joël Le Bigot.
Audio fil du samedi 23 février 2019

Guy Rocher : l'éducation, plus grand acquis de la Révolution tranquille

Publié le

Guy Rocher, 94 ans, souriant au micro du studio 18 de Radio-Canada
Le sociologue Guy Rocher   Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

À 94 ans, le sociologue qui a contribué à la déconfessionnalisation du système scolaire et à l'édification d'une école égalitaire pose un regard à la fois admiratif et inquiet sur le Québec dont il a été l'un des grands bâtisseurs. Somme toute satisfait des succès du système d'éducation public, Guy Rocher se dit toutefois préoccupé par « l'indifférence politique devant les menaces climatiques ».

Les Québécois sont très attachés à l'héritage de la Révolution tranquille, mais Guy Rocher remarque néanmoins un changement de perception important chez la génération actuelle des 25 à 35 ans, qui en font nécessairement une analyse différente en raison du contexte dans lequel ils ont grandi. Il y aurait, depuis une décennie, de nouvelles nuances dans le regard que nous portons sur les fécondes années 60 et 70 au Québec.

« La jeunesse actuelle a un rapport neuf avec le territoire québécois en raison de la mondialisation, de la mobilité et des immenses réseaux virtuels auxquels elle a accès, analyse Guy Rocher. Les jeunes sont habitués à la diversité, à l’homosexualité, à la transidentité, aux différentes religions. Je ne dirais pas qu'il y a une rupture profonde avec le passé, car je les sais tout à fait soucieux de leurs racines et de leur histoire, mais ils y posent sûrement un œil différent. Ils ne sont pas exactement du même monde que les baby-boomers et les gens âgés, comme moi. »

La Révolution tranquille était-elle vraiment tranquille?

On a qualifié de tranquille cette période de mutation parce qu'il n'y a pas eu de guerre ni de sang, mais, selon Guy Rocher, il n'y avait là rien de bien tranquille.

Nous avons éliminé nos institutions élitistes pour les remplacer par des institutions démocratiques. Nous avons découvert que l’État interventionniste permettait une meilleure égalité sociale et une meilleure redistribution des richesses. Les Canadiens français étaient les moins scolarisés du Canada, alors que le Québec entrait dans une zone de progrès et d’industrialisation, et ça a changé en quelques années. Ce n’était pas vraiment tranquille.

Guy Rocher, sociologue

Le Québec d’aujourd’hui est ce qu’il est grâce à l’éducation, selon le sociologue émérite.

« Je suis très satisfait de voir que les cégeps sont maintenant si bien intégrés à leur milieu, en particulier en région, dit-il. Ils contribuent au développement économique du Québec. »

Si la province est bien outillée pour affronter l'avenir, Guy Rocher s'inquiète néanmoins de l'incapacité des dirigeants politiques à agir pour contrer les bouleversements climatiques. « La négligence actuelle en ce domaine me paraît presque criminelle », conclut-il.

À lire :

Guy Rocher : voir, juger, agir (1924-1963), de Pierre Duchesne, Éditions Québec Amérique (2019)

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