Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Joël Le Bigot
Audio fil du samedi 12 janvier 2019

Le Moyen Âge, ou quand le peuple a commencé à se faire entendre

Publié le

Michel Hébert au micro dans le studio 18 de Radio-Canada
Michel Hébert, médiéviste et professeur émérite au département d’histoire de l’UQAM   Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

Des siècles avant l'apparition des gilets jaunes sur les ronds-points français, le peuple revendiquait déjà son pouvoir politique dès le Moyen Âge, dans une société moins autoritaire qu'on veut bien le croire. « On y pratiquait une vraie culture du consentement », explique le médiéviste Michel Hébert, rappelant que les mécanismes démocratiques de nos sociétés actuelles trouvent en partie leur source dans les assemblées médiévales.

Les règles inventées dans les assemblées du Moyen Âge ont servi de fer de lance à l’instauration de mécanismes démocratiques en Occident après les révolutions américaines et françaises. Il ne s'agissait évidemment pas de démocratie directe, c’est le principe de la représentativité qui a émergé.

Michel Hébert, professeur émérite au Département d’histoire de l’UQAM

L’histoire de la notion de peuple est liée à celle de la collecte des impôts. Inventé quelque part entre le 13e et le 15e siècle. Alors que l’Europe est en guerre de façon quasi permanente, l'impôt sert à financer des conflits coûteux. « Le peuple a accepté ce mécanisme, qui a été implanté dans la paix et le consentement, explique Michel Hébert. Il est faux de croire qu’au Moyen Âge, tout se réglait par la terreur et l’épée. » Les souverains obéissaient en effet, à leur manière, à l'idée que « ce qui concerne tout le monde doit être approuvé par tout le monde », s'appuyant sur un principe élaboré par le premier concile du Latran en 1123.

D'un point de vue contemporain, on peut considérer ces “moments parlementaires” comme une prémisse à la démocratie telle qu'elle se manifeste dans nos parlements actuels. Certes, avant le 18e siècle, il n’y a pas d’idée claire de démocratie, mais le peuple veut être consulté. Il ne met pas en cause la souveraineté du prince, mais il veut s’associer à l’exercice du pouvoir.

Michel Hébert, professeur émérite au Département d’histoire de l’UQAM

À lire :
La voix du peuple : une histoire des assemblées au Moyen Âge
, de Michel Hébert, Presses universitaires de France

Chargement en cours