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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

L'exploratrice rurale : un monument à l'image des Madelinots venus coloniser l'Abitibi

Audio fil du lundi 26 août 2019
Une affiche en forme de pont couvert indique «Bienvenue à l'Île Nepawa», municipalité de Clerval.

L'Île Nepawa a une histoire bien particulière.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Le Comité des sports de l'île Nepawa veut souligner l'arrivée de contingents de colonisation en provenance des Îles-de-la-Madeleine en 1941 et 1942 par un monument historique représentant un phare : « La grande traversée », une sculpture de l'artiste Jacques Baril qui doit être installée tout juste devant la petite plage du débarquement sur le lac Abitibi devrait concrétiser cette volonté dès le printemps 2020, au grand plaisir de la quinzaine de milliers de descendants madelinots toujours établis dans la région, soit 10% de la population.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Les Landry, les Vigneault, les Turbide, les Poirier, les Longuépée, les Loiseau, les Langford, les Richard, ça vient tout des îles! Véritable amoureux des Îles-de-la-Madeleine, Jocelyn Poirier est très fier de ses origines. Son père est arrivé en Abitibi en 1942, alors qu'il n'avait que 16 ans.

Pour un insulaire comme lui, c'est un choc de voir la forêt accotée sur la galerie en arrière du camp. C'est comme s'ils étaient tombés sur une mine d'or, de la forêt, des animaux, décrit-il de ce débarquement qui lui a maintes fois été raconté par son père et ses oncles.

Un homme dans un uniforme de Home Hardware sourit à la caméra derrière son comptoir.

Jocelyn Poirier fait partie des fiers descendants des Madelinots qui se sont installés à l'Île Nepawa dans les années 1940.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Celui qui revient des Îles-de-la-Madeleine avec ses enfants et ses petits-enfants n'a pas hésité à mettre la main à sa poche pour contribuer au projet de l'établissement d'une sculpture, comme la plupart des familles de descendants madelinots. C'est un peu comme jeter l'encre. Les Madelinots vont avoir leur place en Abitibi, au premier endroit où ils ont débarqué, on va immortaliser ça. Avec le livre et le DVD qui sont sortis, ça vient boucler la boucle. Ça vient nous revaloriser et remettre cette histoire-là au jour, poursuit-il, en référence au livre et au documentaire réalisés par Céline Lafrance et Sylvio Bénard.

Du Golfe du St-Laurent au lac Abitibi

La présidente du comité des sports de l'île Nepawa, à l'origine du projet totalisant un investissement de près de 30 000 $ auquel contribuent aussi le Fonds des projets structurants de la MRC Abitibi-Ouest, le ministère du Tourisme ainsi que la Caisse populaire Desjardins, nous accueille sur la petite plage où sont débarqués les premiers Madelinots, juste en face du Centre communautaire où la sculpture sera érigée.

Une femme tenant le livre sur l'histoire des Madelinots installés à l'île Nepawa sourit sur une plage.

La présidente du comité des sports de l'île Nepawa, Danielle Courteau

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Danielle Courteau rappelle que ces quelque 37 familles de Madelinots arrivées dans les années 1940 ont été « dégolfées » jusqu'à l'Île Nepawa avec seulement 1000 $ en poche.

C'est l'époque de la vie dure aux Îles-de-la-Madeleine, plus rien ne fonctionnait, la pêche baissait, etc. Et dans les plans de colonisation, le gouvernement a décidé de choisir des familles, parce qu'il y a eu une sélection de familles, et de les amener proche de l'eau, proche de leur élément. C'est vraiment pour ça qu'ils sont arrivés sur l'Île Nepawa en gang en 1941 et une deuxième gang en 1942, fait-elle valoir, ajoutant du même souffle qu'elle espère que la sculpture devienne lieu de rassemblement pour les descendants madelinots, sinon de lieu de recueillement.

On veut qu'elle reste dans les mémoires cette histoire-là. C'est sûr que les villages se sont faits par des plans de colonisation, mais ici la particularité, c'est que c'est une gang des Îles-de-la-Madeleine qui arrivaient tous ensemble pour être proches de l'eau. [...] Ils partaient d'un bout à l'autre de la province, il n'y a pas plus extrême que ça dans la province, des Îles-de-la-Madeleine à l'Île Nepawa en Abitibi, près des frontières ontariennes.

Danielle Courteau

On voudrait faire un petit parc avec des bancs, l'aménager pour que les gens puissent venir le visiter, et en même temps prendre un temps de repos, indique-t-elle.

La grande traversée, une oeuvre de Jacques Baril

Le sculpteur Jacques Baril, qui réalisera l'oeuvre, s'est inspiré de la vie des Îles pour son oeuvre qui prendra la forme d'un phare. J'illustre l'idée du phare, parce que c'est comme une lumière à l'horizon qui nous indique le chemin à suivre, plaide-t-il, ajoutant qu'il y en a sept ou huit dans le coin d'où proviennent les familles qui ont été choisies pour la colonisation de l'île Nepawa et de Roquemaure, qui se trouve juste en face.

Un couple sourit à la caméra, bras dessus bras dessous, devant leur résidence.

Le sculpteur Jacques Baril et sa femme Liliane Gagnon

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

C'était comme une super grande aventure. Le phare, c'est comme le point de ralliement, le point qui nous parle des Îles. C'est plus que juste un phare, j'illustre sur cette forme-là, des personnages qui marchent avec des valises...

Jacques Baril, sculpteur

Parce qu'ils partaient d'une île dans le fleuve pour s'en venir dans le lac Abitibi... Ces gens-là ont quand même apporté à l'Abitibi une façon d'être, une façon de vivre. Cette sculpture-là témoigne de cet apport culturel en Abitibi-Ouest qui est super important, poursuit le sculpteur établi à Gallichan.

L'oeuvre doit être installée sur l'île Nepawa en mai 2020, au grand plaisir de Jocelyn Poirier, dont les ancêtres auront, pour toujours, « le gros orteil à l'eau »!

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