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Des enseignants dénoncent les propos du ministre de l’Éducation

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Des enseignants dénoncent les propos du ministre de l’Éducation

Rattrapage du lundi 1 février 2021
Le ministre en conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

En pleines négociations avec le gouvernement, des centaines d'enseignants ont signé une lettre ouverte destinée au ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, dans laquelle ils lui reprochent une vision trop optimiste de leurs conditions de travail. Parmi les signataires, on retrouve Jonathan St-Pierre, enseignant à l'école D'Iberville de Rouyn-Noranda.

C’est une déclaration du ministre qui a mis le feu aux poudres : Si l’on se promène dans les écoles et que l’on fait un vox pop, je pense que l’on va avoir une grande majorité d’enseignants qui vont à l’école le sourire aux lèvres. Oui, enseigner, c’est exigeant, c’est difficile, mais ça reste un privilège extraordinaire. L’écho qu’on a, c’est souvent celui des représentants syndicaux qui, en période de négociations, viennent noircir le tableau pour essayer d’obtenir davantage.

Des enseignants l’ont pris au mot et ont réalisé un vox pop dans les écoles de la province. C’était pour montrer, de voix commune avec plusieurs autres enseignants, que ce discours-là est complètement déconnecté de la réalité, c’est vraiment pour montrer à quel point notre ministre de l’Éducation vit présentement dans une bulle, n’a pas l’air conscient de tous les signaux d’alarme qui arrivent des écoles, affirme celui qui a pris part à la capsule vidéo.

Si le ministre avait vraiment fait un vox pop, il se serait peut-être rendu compte, comme les 2000 personnes qui ont signé la lettre dans le Journal de Montréal aujourd’hui, que ça ne va pas bien. Ce n’est pas parce qu’on a le sourire qu’on est content de travailler. On a le sourire parce qu’on aime nos élèves, on aime notre travail, mais on est très tanné de ce qui se passe en ce moment.

Jonathan St-Pierre, alias Jonathan le Prof

Jonathan St-Pierre assure que l’initiative n’est pas syndicale, mais vient de quatre enseignants au Québec qui ont voulu montrer leur réalité. Il y a des choses qui sont dites du côté syndical, il y a des choses qui sont dites du côté patronal, mais c’est rare qu’on a la troisième voix, la voix du terrain, de ceux et celles qui se lèvent chaque matin pour aller à l’école avec nos enfants, souligne-t-il.

Il rappelle que la semaine dernière, des statistiques ont démontré que plus d’enseignants que jamais décrochent de la profession. Ce n’est pas juste une petite problématique, on voit carrément un iceberg qui s’en vient et on ne l’évite pas, on continue à rouler vers cet iceberg-là, image-t-il.

L'enseignant soutient que les conditions de travail des enseignants ont des répercussions directes sur les conditions d’apprentissage des élèves. Il y a des pénuries d’enseignants partout et je ne veux rien enlever aux enseignants qui viennent nous aider, mais ils n’ont pas les qualifications, ils n’ont pas le diplôme, ils n’ont pas la pédagogie. Donc oui, c’est apprécié qu’on ait de l’aide parce qu’on a des difficultés de recrutement, mais éventuellement, ça va finir par avoir des impacts sur nos jeunes, c’est leur qualité d’éducation qui en écope, c’est leur avenir qu’on est en train d'hypothéquer, essentiellement pour une question financière, parce qu’il manque d’argent dans le réseau, appuie-t-il.

Pour écouter l’entrevue complète, cliquez sur l’audiofil.

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