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Métis pour certains, usurpateurs pour d’autres : la réaction de Marc Lemay

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Métis pour certains, usurpateurs pour d’autres : la réaction de Marc Lemay

Rattrapage du jeudi 21 janvier 2021
Carte géographique identifiant le positionnement des différentes nations.

Répartition des nations autochtones sur le territoire du Québec.

Photo : Affaires autochtones et du Nord Canada

L'avocat et député à la retraite Marc Lemay, qui a longtemps porté les dossiers autochtones durant ses mandats en tant que député bloquiste d'Abitibi-Témiscamingue, réagissait au micro de Félix B. Desfossés au reportage de Jean-Marc Belzile sur la hausse de Québécois qui se prétendent Métis.

Me Lemay a tenu à rappeler, d’entrée de jeu, que les Métis n’ont aucun statut légal au Québec. On ne reconnaît pas un(e) Métis, on reconnaît une communauté métisse, et ça, ça fait toute la différence au niveau juridique, souligne-t-il. C’est ce qui n’est pas actuellement reconnu au Québec et il n’y a pas de communauté métisse reconnue au Québec, même s’il y a actuellement des causes pendantes devant les tribunaux.

En Abitibi-Témiscamingue, certains pensent qu’une communauté métisse aurait existé dans le secteur de Clerval, sur les rives du lac Abitibi. Ce n’est pas démontré juridiquement, et malheureusement, c’est loin d’être démontré, parce que tout le monde sait que dans la période qui nous précède, les Autochtones, nos amis Anichinabés, se servaient du lac Abitibi comme lieu de passage pour se rendre à la Baie-James pour le trappage et le piégeage, explique-t-il.

Actuellement, personne, mais personne ne peut démontrer qu’il est Métis au Québec légalement.

Marc Lemay, ex-député bloquiste

Le juriste à la retraite rappelle également que selon la Loi sur les Indiens, un enfant né d’une union entre un(e) Autochtone et un(e) Blanc(he) est lui aussi un Indien au sens de la loi. Ma mère, ma grand-mère ou mon arrière-grand-mère était-elle autochtone? Si la réponse est oui, vous êtes un Autochtone, vous n’êtes pas un Métis, martèle Marc Lemay.

La reconnaissance d’une communauté métisse passe notamment par l’aspect culturel, religieux, traditionnel, mais aussi par l’occupation du territoire, rappelle Me Lemay. Il faut que vous démontriez au Tribunal avec des ethnologues, sociologues. Je sais qu’il y a une cause pendante, on l’a suivie de très près - aujourd’hui, je pense que c’est rendu à la Cour d’appel - mais c’est loin d’être démontré, dit-il.

Et ça va avoir un impact. S’il fallait qu’on démontre qu’il y avait une communauté métisse qui s’appelle le Domaine-du-Roy - c’est le dossier le plus avancé - ça aurait un impact considérable sur les droits de pêche, de chasse, les traités que les Hurons-Wendat ont depuis 1763 et la même chose avec les Innus, avec l’approche commune, sur la Côte-Nord ou au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ajoute Me Lemay.

Les personnes qui se prétendent autochtones ou métisses de façon frauduleuse devraient-elles être sanctionnées, comme c’est notamment le cas aux États-Unis? Il faudrait que quelqu’un, quelque part, dans notre bon monde politique, que ce soit au Québec, que ce soit au Canada, que ce soit le ministère de la Sécurité publique, le ministère du Travail - il y a plusieurs ministères concernés par ceux et celles qui se prétendent métis et qui ne le sont pas et qui profitent d’une loi qui ne leur appartient pas, croit l’ex-député.

Je pense que les gouvernements ont fait preuve de laxisme et qu’il est temps qu’on serre la vis dans ce dossier-là, parce qu’il y a de véritables Autochtones qui eux ne profitent pas des “largesses” dont profitent certaines personnes qui se disent métisses, conclut-il.

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