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Vivre avec l'endométrioise : témoignage d’une femme de la région

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Vivre avec l'endométrioise : témoignage d’une femme de la région

Rattrapage du mercredi 20 janvier 2021
Une femme qui vient de subir une hystérectomie

Certaines femmes qui souffrent d'endométriose choisissent de se faire retirer l'utérus.

Photo : getty images/istockphoto

L'endométriose, une maladie chronique inflammatoire qui cause d'importantes douleurs à une femme sur dix, est encore méconnue. Vivre avec cette maladie dans une région dite éloignée peut être tout un casse-tête.

Vanessa Hamel, de Destor, a été très touchée par le reportage de Julie Landry lancé mercredi matin. Ça m’a profondément touchée, parce que je suis passée par toute la gamme d’émotions qu’elle énumérait là-dedans. C’est vraiment ce qu’on ressent, ce qu’on vit, c’est pour nous, c’est pour la famille, c’est pour tout le monde, c’est dans tout. Ça nous empêche de vivre, de travailler, ça nous empêche de voyager, c’est épouvantable cette maladie-là. Je suis bien contente de m’en être sortie, témoigne Mme Hamel.

Elle fait effectivement partie de celles qui ont réussi à passer par-dessus… grâce à la ménopause, à l’âge de 32 ans. En essayant d’avoir des enfants, mon conjoint et moi, ça n’a jamais fonctionné, donc c’est de là que c’est parti. Finalement, on a découvert que j’avais de l’endométriose en octobre 2017, on m’a opérée d’urgence parce que c’était [l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus et qui n’est pas complètement évacuée lors des règles] rendu partout, autour de l’intestin, dans le rectum, raconte-t-elle.

Quelques années après cette première opération, en dernier recours, elle a écrit une lettre à une chirurgienne d’Amos, qui a accepté de la prendre en charge. On a décidé de faire l’ablation totale de l’utérus et tout ce qui vient avec. C’est ça que j’ai eu le 14 septembre 2020, dit-elle.

Elle a donc mis fin à ses douleurs, mais aussi à son rêve d’avoir des enfants. On a dû faire le deuil d’avoir des enfants. J’ai fait une dépression, je ne me reconnaissais plus. Ça n’a pas été rose. Ma famille a été là pour me soutenir, et une chance, parce que ça va aussi loin que des pensées qui sont très noires, confie-t-elle.

Ne pas être crue

Plusieurs femmes souffrant d’endométriose ont dit ne pas avoir été crues lorsqu’elles parlaient de leurs souffrances à leur entourage ou même à leur médecin. Combien de fois je me suis fait dire “ben voyons madame, vous êtes une femme, c’est normal que vous ayez des douleurs”, “ben voyons madame, on ne peut rien faire pour vous”. J’ai vu à peu près 20 gynécologues différents, souligne Mme Hamel.

C’est que l’endométriose ne peut pas être décelée grâce à une échographie, par exemple. Il faut quasiment ouvrir pour voir l’envers du décor et voir tous les dommages que ça fait dans le corps, dit-elle.

Antidépresseurs, pilule contraceptive en continu, Vanessa Hamel a essayé plusieurs façons de diminuer sa douleur avant d’en venir aux chirurgies. À un certain moment, ses crampes descendaient jusque dans ses hanches et dans ses orteils. Aujourd’hui libérée de ce mal, mais ménopausée à 32 ans, elle souhaite que les connaissances sur cette maladie puissent continuer à évoluer.

Je souhaite vraiment que celles qui souffrent de ça vont continuer à se battre et à en parler, de dire aux médecins “ça ne marche pas, ça ne marche vraiment pas”, parce que c’est vraiment une grande bataille et tant qu’on ne le vit pas, on ne peut pas le savoir.

Vanessa Hamel

Pour écouter son témoignage, cliquez sur l’audiofil.

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