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Crise des opioïdes à Timmins : l’épidémie derrière la pandémie

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Crise des opioïdes à Timmins : l’épidémie derrière la pandémie

Rattrapage du mercredi 2 décembre 2020
Mario Dussault et sa Yo Mobile

Mario Dussault et sa Yo Mobile

Photo : Radio-Canada / Hugo Lavoie

La crise des opioïdes frappe de plein fouet la petite ville de Timmins, en Ontario, à seulement une centaine de kilomètres de la frontière abitibienne. Des saisies de Fentanyl et de Purple ont également eu lieu en Abitibi-Témiscamingue ces derniers mois, preuve que cette crise ne touche plus seulement les grandes villes, mais qu'elle se rapproche de nous.

Un homme natif de Senneterre agit comme travailleur social à Timmins. Mario Dussault sillonne les rues de la ville à bord de sa Yo! Mobile, où il vient en aide aux gens en situation d'itinérance ou de dépendance.

Au cours de la dernière année, la petite ville du nord de l'Ontario a vu 50 personnes mourir d'une surdose d'opioïdes. Bien que la crise existait avant, Mario Dussault croit que la COVID-19 a empiré la situation. Avec les États (qui sont fermés), on a de la misère à faire entrer des drogues, donc on en fabrique et ce n'est pas tout le temps bon. On en fabrique avec ce qu'on a, fait-il remarquer.

Le travailleur de rue rappelle qu'une infime quantité de Fentanyl en trop dans un comprimé de méthamphétamine suffit pour créer une surdose mortelle. Si on compare à une tête d'aiguille, avec deux têtes d'aiguille de Fentanyl dans du speed, tu peux mourir, alors comment tu fais pour contrôler ça?, lance-t-il.

Mario Dussault peut même deviner qu'une nouvelle drogue a fait son arrivée en ville seulement en observant le comportement de sa clientèle. Comment une ville comme Timmins attire-t-elle autant de drogues chimiques? Ça vient des grands centres. Avec un kilo de Fentanyl, on fait plusieurs milliers de dollars. Ça te coûte 2000 ou 3000 $ avoir un kilo de Fentanyl et tu fais 200 ou 300 000 $. C'est facile à apporter. On vient ici, on vend ça dans un week-end et on retourne dans la grande ville. Les policiers ont beau essayer d'arrêter ça, c'est quasiment impossible, souligne-t-il.

Surnommé Yo, Mario Dussault se promène, depuis 10 ans, avec son autobus. C'est un autobus que j'ai transformé un peu en petite cuisine. Je viens en aide aux démunis à Timmins à tous les week-ends, à tous les vendredis et samedis soirs, je me stationne à l'hôtel de ville et je donne des sandwichs, de la soupe, du café, des manteaux d'hiver, des bottes d'hiver, des mitaines, des tuques, des condoms, des seringues, explique-t-il.

Dans une ville d'environ 42 000 habitants, qui se compare à Rouyn-Noranda, la Yo! Mobile sort au début de la saison hivernale. Le travailleur social constate que les besoins sont grands. Depuis 5 semaines, j'ai 2500 personnes d'embarquées dans le bus, en 5 week-ends, dit-il. Il ne constate pas de grosse différence d'achalandage cette année avec la pandémie.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

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