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Le mystère des orignaux blancs

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Le mystère des orignaux blancs

Rattrapage du lundi 26 octobre 2020
Un orignal albinos traverse un chemin forestier.

Des images d'un rare orignal blanc ont été captées par un Abitibien dans le Nord de l'Ontario.

Photo : gracieuseté

Un résident de l'Abitibi-Témiscamingue a réussi à capter des images vidéo d'un rare orignal tacheté de blanc dans le Nord de l'Ontario.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un orignal albinos traverse un chemin forestier.

Un orignal blanc filmé en Abitibi

Photo : gracieuseté

Selon Marie-Frédérique Frigon, responsable des communications au Refuge Pageau, le phénomène est effectivement rare. Il y en a quelques-uns dans la région de l’Ontario où la vidéo a été tournée. C’est une anomalie génétique. D’un point de vue génétique, plus il y a d'individus qui portent ce gène-là, plus il y a de chances que ça se reproduise dans la nature.

Les orignaux blancs ne sont pas pour autant albinos, souligne Mme Frigon. C’est souvent une erreur que les gens font, ce n’est pas de l’albinisme en tant que tel, c’est souvent qualifié d’albinisme partiel, parce que les albinos n’ont pas du tout de pigment. Ça, c’est plutôt du piébaldisme, qui est une perte partielle du pigment. [...] C’est un phénomène qui est quand même très rare.

Par exemple, les vaches ou les chevaux dont la robe comporte deux couleurs font du piébaldisme. Les dalmatiens, même, c’est un phénomène génétique qu’on a appris à reproduire ou qu’on a choisi pour nos animaux domestiques, mais à l’origine, c’est vraiment une anomalie génétique qui va affecter la pigmentation, ajoute-t-elle.

Le Refuge Pageau a d’ailleurs accueilli, en mai dernier, un jeune orignal femelle atteint de piébaldisme. La dame qui l’a confié au Refuge l’avait surnommée Albi, croyant qu’elle était albinos. Les taches brunes sur son pelage prouvent toutefois qu’elle n’est pas tout à fait albinos.

Mis à part leur pigmentation, ces orignaux n’ont aucune autre particularité. Il n’y a rien de négatif d’associé à ça. C’est sûr que les sections blanches peuvent être un peu plus sensibles au soleil, un peu comme un albinos va l’être aussi, la peau rose peut être un peu plus sensible aux rayons UV, mais autrement, ça n’affecte en rien le reste de leur santé, indique Marie-Frédérique Frigon.

Bien que le phénomène soit plutôt rare, il n’est pas nouveau. Les Premières Nations appelaient ces orignaux ou les ours au pelage blanc « orignal esprit » et « ours esprit ». Il y a toute une mythologie associée à ces animaux-là qui sont quand même assez exceptionnels et qui ne se rendent pas nécessairement toujours à l’âge adulte. C’est sûr que c’est plus dangereux pour eux, ils ne se camouflent pas aussi bien en nature. Ce sont des animaux qui ont une prestance vraiment différente de celle des autres, souligne-t-elle.

L’auteur de la vidéo a été fortement critiqué sur les réseaux pour avoir poursuivi l’orignal à bord d’un VTT. L’auteur confie se sentir coupable d’avoir suivi l’animal et a retiré la vidéo de sa page Facebook. Heureusement, il ne le pourchasse pas très longtemps, fait remarquer Marie-Frédérique Frigon. [...] Les animaux proies, donc les animaux qui sont à la base de la chaîne alimentaire particulièrement - un orignal, ça mange des branches, donc quand tu manges des végétaux, c’est toi qui te fais manger habituellement - les animaux proies ont tendance à faire plus facilement une myopathie de capture. Quand l’animal vit un très gros stress ou a à lutter fort pour sa vie en se sauvant et en employant des grands efforts physiques auxquels il n’est pas habitué, souvent il va tomber en torpeur. C’est un mécanisme de défense pour ne pas trop souffrir s’il a à se faire attraper et manger.

Quand on prend en chasse un animal comme ça, c’est quelque chose qui risque d’arriver même si on ne le touche pas, même si on ne le heurte pas, il y a des chances qu’un animal puisse décéder d’une poursuite comme ça.

Marie-Frédérique Frigon, responsable des communications au Refuge Pageau

Si on arrive face à face avec un animal dans un sentier, il vaut donc mieux ne pas accélérer en pensant que l’animal va se sauver dans les bois. L’idéal, c’est vraiment d’essayer de faire du bruit autant que possible et ne pas le pourchasser et l’obliger à courir. Quand l’animal est porté jusqu’au galop, c’est plus difficile pour lui d’envisager un sentier qui a du bon sens pour rentrer à cette vitesse-là en forêt. Il faut garder nos distances et laisser le temps à l’animal d’analyser son environnement et d’aller dans la direction qui va lui convenir le mieux, suggère-t-elle.

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