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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

La pénurie d'enseignants en Abitibi-Témiscamingue décortiquée dans une étude

Rattrapage du jeudi 1 octobre 2020
Des gens levant la main en classe.

On en connaît maintenant un peu plus sur les raisons derrière la pénurie d'enseignants en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Getty Images / skynesher

Le Groupe régional d'acteurs pour la valorisation des enseignants (GRAVE) a publié, plus tôt cette semaine, les résultats d'une recherche réalisée dans le but de mieux comprendre les réalités des enseignants de la région.

Ce sondage est la première étape pour ensuite construire un plan d’action adapté permettant de valoriser la profession d’enseignement.

C'est quand même positif, la grande majorité des enseignants ne veulent pas quitter la profession, indique Geneviève Sirois, professeure en sciences de l’éducation à l’UQAT et chercheure principale de cette recherche. Lorsqu'on leur demande, s'ils avaient à refaire le choix, s'ils choisiraient à nouveau la profession enseignante, la majorité nous disent que oui.

Un certain pourcentage d'entre eux envisage tout de même de quitter la profession dans les cinq prochaines années. Pour la plupart d'entre eux, c'est pour choisir une autre carrière et plusieurs d'entre eux entrevoient aussi de quitter la profession pour partir à la retraite, chose à laquelle on s'attend, affirme Mme Sirois.

  • 13,9 % des enseignants envisagent de quitter leur poste pour occuper un autre emploi
  • 11 % comptent prendre leur retraite d'ici 5 ans
  • 70 % des enseignants se disent insatisfaits de la charge de travail, des possibilités de promotions et de la reconnaissance sociale
  • 50 % des enseignants se disent insatisfaits de leur salaire et des avantages sociaux

En tout, 25 % des enseignants devraient donc avoir quitté la profession dans les cinq prochaines années. Pour quelles raisons? C'est ressorti beaucoup de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec; les gens trouvent qu'ils sont dans une profession assez difficile et qu'ils ne sont pas très bien payés, comparativement à d'autres emplois qu'on va trouver dans d'autres secteurs dans la région, notamment dans le secteur minier, fait valoir la chercheuse.

La plupart des enseignants adorent enseigner. Ils aiment le contact humain avec les élèves, préparer leurs cours, les relations avec leurs collègues et même avec la direction. Ce qu'ils trouvent plus difficile, ce qui revient au numéro 1, c'est l'intégration des élèves avec difficulté d'apprentissage ou handicap. Les enseignants ne se sentent pas outillés. À ce niveau-là, ils ont quand même raison, parce que ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en formation initiale des enseignants, il n'y a qu'un cours au niveau de l'adaptation scolaire.

Il existe effectivement une formation en enseignement dit « régulier » et un baccalauréat spécifique pour l'adaptation scolaire. Mais la réalité, ce n'est plus ça, les élèves EHDAA sont intégrés dans les classes ordinaires, donc les enseignants de tous les profils sont amenés à devoir faire face à cette situation-là, mais n'ont pas nécessairement la formation, explique Mme Sirois.

Les partenaires du GRAVE :

  • Centres de services scolaires de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec
  • Syndicat de l'enseignement de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue (SEUAT)
  • Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)
  • Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
  • Centre d'études collégiales à Chibougamau

L'un des autres constats de cette étude est que la grande majorité des enseignants et des directions d'établissement de l'Abitibi-Témiscamingue ont été formés à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Il y en a qui vont partir de la région pour aller se faire former, notamment à l'Université Laval ou à Sherbrooke, et qui reviennent. Il y a un fort potentiel quand même, moi je trouve ça fort intéressant; essayons de retrouver ces jeunes-là qui sont partis pour X ou Y raison étudier en enseignement ailleurs, essayons de les ramener de notre région. Pour nous, c'est un axe d'intervention intéressant pour cibler notre recrutement, fait-elle valoir.

Certains répondants du Cégep ont par ailleurs répondu avoir songé à étudier en enseignement. Parmi les incitatifs qui pourraient les convaincre à le faire, on trouvait la question des stages rémunérés. Maintenant, ce n'est pas rémunéré, mais il y a quand même un fonds du ministère de l'Éducation pour appuyer les étudiants dans leur dernier stage de quatre mois à temps plein, souligne la chercheuse. La possibilité de faire des stages en emploi, comme l'offre l'UQAT dans certaines commissions scolaires, est également attirante.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

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