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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Sébastien Lemire, du Bloc québécois, revient sur le discours du Trône

Rattrapage du jeudi 24 septembre 2020
Une photo officielle de candidat.

Sébastien Lemire, du Bloc québécois

Photo : Bloc québécois

Le Bloc québécois lance un ultimatum au premier ministre Justin Trudeau, au lendemain du discours du Trône qui a lancé la session parlementaire à Ottawa. Alors que le premier ministre du Québec a dénoncé l'amalgame entre les compétences fédérales et provinciales, le Bloc est particulièrement irrité par la question de la santé.

De façon constitutionnelle, le gouvernement fédéral doit s'engager au départ à 50 % des tarifs en santé. En ce moment, c'est de l'ordre de 22 %, et même que dans le contexte COVID, la part du fédéral a diminué à 18 %. Alors ce qu'on demande, et c'est appuyé par quatre provinces, dont le Québec, c'est de majorer cette participation-là et le souhait est réaliste, de l'ordre 35 %, souligne Sébastien Lemire, député bloquiste d'Abitibi-Témiscamingue.

Ça, pour moi, c'est un enjeu majeur. Le gouvernement a beau vouloir avoir l'air généreux, comme il a tenté de l'être à travers son discours du Trône, reste que si tu ne prends pas ta première responsabilité dans un contexte de pandémie, c'est-à-dire t'occuper de la santé, la personne qui a la responsabilité de s'occuper de la santé, c'est le gouvernement du Québec. Et en ce sens-là, le jeu du gouvernement libéral est totalement inacceptable, ajoute M. Lemire.

Cette position est effectivement appuyée de quatre ténors de la politique canadienne, les premiers ministres provinciaux Jason Kenney, Brian Pallister, Doug Ford et François Legault, qui demandent des transferts non conditionnels en santé.

Lorsqu'on parle de santé aussi, tout l'enjeu dans les CHSLD, l'accès à un médecin de famille, tout ça a fait partie du discours hier et ce sont des compétences des provinces, rappelle Sébastien Lemire. Le service de garde en milieu scolaire, l'assurance médicament pancanadienne... et tout ça, en temps de pandémie, au lieu d'être un appel à la solidarité où tout le monde prend ses responsabilités, le gouvernement fédéral se donne le rôle de "moi je vais dépenser dans les champs de compétence de tout le monde", et ça c'est un précédent qui est extrêmement dangereux et sur lequel il faut être vigilant.

Comme le gouvernement libéral est minoritaire, il a intérêt à rallier l'opposition en assouplissant certaines mesures annoncées dans le discours du Trône, et c'est ce que souhaite le député d'Abitibi-Témiscamingue.

C'est honnêtement ce que je souhaite encore à ce stade-ci, c'est qu'ils répondent à cette mesure-là, comme aux quatre conditions qu'on a données. Il y a une volonté au niveau de la gestion de l'offre, de la compensation qui est plus que nécessaire pour nos producteurs agricoles [...] et les producteurs agricoles vous diront à quel point ils ont été utilisés à des fins politiques dans des discours comme celui d'hier, mais quand c'est le temps de transférer de l'argent pour vrai, les sommes se font attendre. Là, on attend toujours les compensations de l'accord avec l'Europe. Et il y a eu depuis celui des États-Unis, dans lequel les chiffres sont entendus, mais les chèques doivent suivre, affirme Sébastien Lemire.

Avec un chef assigné à résidence en raison d'un diagnostic de COVID-19, le Bloc québécois est-il pénalisé, ratant les jeux de coulisses entre politiciens qui pourraient faire avancer des dossiers? Ce jeu de coulisses, c'est l'aspect dont je suis le plus critique du gouvernement Trudeau depuis les six derniers mois, souligne le député. Au début de la pandémie, on voyait une certaine forme de collaboration, une écoute qui était là, mais rapidement, on dirait que ce gouvernement-là s'est servi du contexte de pandémie pour diminuer les pouvoirs du parlement, diminuer les pouvoirs de l'opposition, que ce soit pour faires des projets de loi, des motions, etc., allant même jusqu'à proroger le parlement.

Ça veut dire quoi pour un député comme moi, qui est membre du comité des sciences et technologies? Eh bien on a arrêté les travaux de ce comité-là. Ça veut dire que tous les enjeux régionaux, sur lesquels je portais, et que j'invitais des témoins à pouvoir mettre de l'avant des solutions pour faire la relance économique, tout ça a été arrêté d'un coup sec cet été. C'est comme si tout notre travail était fait, mais des comités, il y en a 24, et tous ces comités-là ont arrêté leurs travaux pour repartir à neuf dans un discours du Trône et même d'une adresse à la nation, qui pour moi est un symbole qui a été tellement mal utilisé hier. Une adresse à la nation, ça devrait être quelque chose d'urgent, et le contexte d'hier, enfin, de la façon dont ça a été utilisé, en ramenant des lignes politiques partisanes, je trouve que c'est irresponsable de la part du gouvernement Trudeau, tranche M. Lemire.

Comment moi, comme membre du parlement, je peux jouer mon rôle, si ces pouvoirs-là d'influence sont coupés?

Sébastien Lemire, député d'Abitibi-Témiscamingue

Les travaux reprennent lundi à Ottawa et Sébastien Lemire y sera, après une période d'isolement préventif et un test négatif à la COVID-19. Il reste qu'il y a des questions qui demeurent sans réponse et on sent que le gouvernement a fui, justement, ces lieux de discussion que l'on avait, parce qu'il avait quelque chose à cacher - We Chartiy, lance le député.

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