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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

L'entourage des jeunes et les crises influencent le décrochage scolaire

Rattrapage du mercredi 22 juillet 2020
Un étudiant se frappe la tête contre un tableau où figurent de nombreuses équations scientifiques.

Lutter contre le décrochage scolaire.

Photo : iStock

La pandémie et le confinement ont fait ressortir l'enjeu du décrochage scolaire. Les résultats d'une étude publiée récemment suggèrent qu'une période de crise pourrait favoriser un jeune à décrocher. Éric Dion, professeur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), est un des principaux chercheurs de l'étude, effectuée en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Montréal.

La recherche porte entre autres sur l’influence que peut avoir l’entourage d’un jeune sur sa décision de cesser ses études.

Un garçon a de la difficulté au tableau.

Les mauvaises notes ne seraient pas le facteur le plus déterminant dans le phénomène du décrochage scolaire.

Photo : Getty Images / Imgorthand

Les 545 jeunes qui ont été interrogés se trouvaient au centre-ville de Montréal et aussi dans des zones rurales.

Parce que le décrochage se concentre à la fois en milieu urbain défavorisé et dans des coins ruraux, mais ce qui se passe dans les coins ruraux est souvent sous-étudié parce que c’est moins proche des universités et c’est dispersé sur un plus grand territoire, indique Éric Dion.

Le tiers des adolescents interrogés venaient tout juste de décrocher l’école.

Les chercheurs ont effectué un tour d’horizon de la vie de ces adolescents au cours des 12 derniers mois. Une des questions qu’on leur demandait était de savoir si une personne dans leur entourage, plus précisément dans leur groupe d’âge, avait aussi décroché l’école récemment.

Parmi nos adolescents qui avaient décroché, il y en avait 3 sur 4 qui avaient un proche qui avait décroché récemment, souligne Éric Dion. C’était beaucoup plus élevé que chez les adolescents qui n’avaient pas décroché.

Ce que ça donne comme impression, c’est que le décrochage est contagieux socialement.

Les possibles impacts de la COVID-19

La cueillette de données pour cette étude a été effectuée avant la pandémie. Toutefois, Éric Dion estime que la crise sanitaire actuelle pourrait mener à un plus grand nombre d’adolescents à décrocher, car les données révèlent que, souvent, les jeunes qui vivent une période de crise décrochent l’école par la suite.

On pense qu’un décrocheur c’est un élève qui est confronté depuis longtemps à des problèmes, dit-il. Il mentionne par exemple des difficultés à l’école, des troubles de comportements, de mauvais résultats, etc.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

Nous, ce qu’on a fait c’est qu’on s’est plutôt intéressé à la fin du parcours des décrocheurs, explique-t-il. Ce qu’on voyait dans les entrevues, c’est qu’il y avait plusieurs jeunes qui avaient pris la décision de décrocher dans un contexte de crise, par exemple, une rupture amoureuse.

Ces crises peuvent prendre toutes sortes de formes, que ce soit dans le cercle social, familial, éducatif, professionnel, etc.

On pourrait penser qu'une crise de type sociosanitaire comme la COVID pourrait être suffisante pour amener les jeunes à décrocher l’école.

Éric dion, professeur au département de l'éducation et des études spécialisées à l'UQAM

Éric Dion croit que le contexte actuel est préoccupant, et que le décrochage pourrait s’amplifier si les décrocheurs influencent d’autres personnes dans leur entourage à décrocher aussi.

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