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La complexité des positions par rapport au projet de loi 21

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

La complexité des positions par rapport au projet de loi 21

Rattrapage du lundi 6 juillet 2020
Un homme portant un turban marche dans la rue, les mains dans les poches de son manteau.

Un homme portant un turban marche dans la rue, les mains dans les poches de son manteau.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le projet de loi 21, aussi connu comme la loi sur la laïcité de la l'État, continue de faire parler. Source de nombreux débats, la loi a fêté son premier anniversaire il y a quelques semaines, le 18 juin. Jean-Philippe Perreault, professeur agrégé à l'Université Laval, titulaire de la Chaire Jeunes et religions, directeur du programme de sciences de religion, fait le point sur cette loi qui divise la population.

Par le travail compilation de données de sondages réalisées au cours des dernières années, on peut brosser un portrait de ceux et celles qui sont pour la loi, tout comme ceux qui sont contre.

On pourrait dire que la figure type ce celui ou celle qui appuie le projet de loi 21 a 4 caractéristiques, indique le professeur.

La personne, qui, en général, est pour le projet de loi, a le profil suivant : elle est francophone, elle vit en région ou dans les régions limitrophes à Montréal, elle est catholique, et plus âgée.

Les manifestants ont bravé la pluie.

Plusieurs organismes ont déjà contesté en justice la loi 21 pour la faire invalider.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Curieusement, on pourrait croire que l’appui à la laïcité plus affirmée de l’État et au bannissement du port de certains signes religieux par des employés de l’État trouverait son appui du côté de ceux et celles qui se disent sans religion, note Jean-Philippe Perreault.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

La distinction la plus claire, c’est que ce projet-là reçoit l’appui d’une population plus âgée. Chez les 55 ans et plus, il y a un appui fortement marqué, souligne-t-il.

La question de la laïcité est devenue une espèce de vecteur d’une identité nationale, d’une affirmation, d’une certaine crainte par rapport à la place que la religion pourrait prendre dans la sphère publique. Alors, ça déborde d’une certaine façon la dimension strictement religieuse pour parler du rapport des Québécois non as tant à la religion, mais leur identité même, ce que c’est d’être Québécois.

Jean-Philippe Perreault, professeur agrégé à l'Université Laval, titulaire de la Chaire Jeunes et religions

Cision entre les générations

Jean-Philippe Perreault indique que, selon les statistiques, l’âge est un facteur important de différenciation entre ceux qui sont pour et contre. Il remarque aussi que, chez les plus jeunes, on trouve un plus grand nombre de personnes qui se disent sans religion que chez les plus vieux. Chez ses derniers, l’appui est d’environ 70% alors que chez les plus jeunes, il se situe autour de 50 %.

C’est comme si, finalement, la non-appartenance religieuse n’est pas une opposition à la religion ou au port de signes religieux, mais plutôt une forme d’ouverture, de tolérance, je ne sais comment dire, et ça semble assez particulier, dit-il.

La question de l’ouverture

Jean-Philippe Perreault indique que ceux qui s’opposent à la loi semblent surtout s’opposer à la manière dont l’État gère la sphère religieuse.

Le fait que ce religieux-là, qui semble déranger, soit associé à des communautés nouvellement arrivées. Là, il y a une forme d’association qu’on pourrait être tenté de faire, mais il faut être très prudents, insiste-t-il, ajoutant qu'un refus de l'autre ou de ce qui est différent ne devrait pas être directement relié à un appui au projet de loi.

En effet, l’ouverture assez marquée sur l’immigration se combine aussi à la loi 21.
Plus de 65 % des répondants sont à la fois en désaccord avec le port de signes religieux dans l’espace public et reconnaissent l’apport positif des immigrants.

La religion, c'est plus complexe qu'on le prétend souvent, rappelle Jean-Philippe Perreault.

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