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Comment dire à quelqu’un que vous aimez qu’il est raciste?

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Comment dire à quelqu’un que vous aimez qu’il est raciste?

Rattrapage du mercredi 1 juillet 2020
Deux manifestantes masquées tiennent des affiches.

Les manifestants dénonçaient la brutalité policière et le racisme.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Les discussions autour du racisme systémique au pays continuent alors que des manifestations dénonçant la mort de George Floyd, aux États-Unis, se poursuivent. Dans ce contexte, la directrice générale d'Amnistie internationale pour le Canada francophone, France-Isabelle Langlois, a partagé sur sa page Facebook des conseils pour dire à une personne qu'elle a des propos racistes.

Premièrement, on ne commence pas en disant à la personne “tu es raciste”, indique France-Isabelle Langlois. Souvent, les personnes qui nous entourent ne sont pas des personnes fondamentalement racistes, par contre, les personnes peuvent avoir des biais, des propos, des façons de faire, des commentaires qui sont racistes et elles ne s’en aperçoivent pas vraiment.

Créer des ponts entre les différentes communautés culturelles

Créer des ponts entre les différentes communautés culturelles

Photo : iStock / iStockphoto

Par conséquent, la directrice générale d'Amnistie internationale au Canada recommande de commencer la discussion en parlant du malaise que l’on ressent, qu’un propos ou un geste a déclenché.

On parle de ce que nous on ressent et on n’accuse pas nécessairement l’autre. On va chercher la discussion, le dialogue avec cette personne-là, pour qu’elle prenne conscience que ses propos peuvent être racistes.

Désamorcer la confrontation

De genre de discussion peut s’avérer difficile puisqu’on aborde des sujets sensibles et que l’autre peut se sentir accusé. Par conséquent, France-Isabelle Langlois rappelle de faire preuve de patience et d’être dans un état d’esprit calme, mais surtout, d’être à l’écoute, même si les mots de la personne peuvent sembler odieux. Pourquoi?

Pour amener la personne elle-même à exprimer ce qu’elle voulait dire. Avait-elle vraiment une pensée raciste ou elle dit quelque chose qu’on reproduit depuis des générations, précise France-Isabelle Langlois.

Elle conseille aussi de donner des exemples de ce que d’autres personnes peuvent ressentir au quotidien lorsqu’elles entendent des propos qui les blessent.

Elle mentionne notamment l’exemple d’un compliment qui, au fond, peut être blessant : une femme qui a les cheveux crépus se les aplatit au fer plat une journée, et en arrivant au travail, quelqu’un lui dit : Tes cheveux sont beaux aujourd'hui!

C’est un compliment, mais qu’est-ce que ça sous-tend? Aujourd’hui, tu as les cheveux comme nous, les Blancs, et donc tu es dans la norme et alors je trouve ça beau parce que tout ce qui sort de ma norme à moi, je l'apprécie moins, explique France-Isabelle Langlois.

Pour écouter l’entrevue complète, cliquez sur l’audiofil.

Pourquoi avoir ces discussions?

On peut facilement se sentir récalcitrant à avoir ce type de discussion, surtout avec des gens proches de nous, car elles peuvent nous rendre mal à l'aise. Cependant, France-Isabelle Langlois souligne que, même si la conversation engendre une dispute, on aura fait un pas en amenant une personne à réfléchir.

Si la conversation a tourné au vinaigre, si la personne s’est sentie insultée, il va en rester quelque chose, une réflexion. Et, à force de lire, de parler avec d’autres personnes [...] on finit par changer nos propres comportements, nos propres façons de faire et de penser.

La directrice générale d'Amnistie internationale pour le Canada francophone, France-Isabelle Langlois

Elle estime d'ailleurs que c’est en ce moment qu’on peut commencer à prendre conscience de nos biais et les corriger.

Il semblerait y avoir un basculement de la tendance, c’est-à-dire qu’il y a plusieurs personnes qui expriment leur antiracisme et pas seulement les personnes qui vivent ce racisme-là. Donc, c’est pour ça que c’est important de continuer le dialogue et l’introspection, pour qu’on change les biais racistes ou colonialistes qu’il peut y avoir dans nos institutions et autour de nous, conclut-elle.

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