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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Racisme et profilage policier : discussion avec Ian Lafrenière

Rattrapage du mardi 16 juin 2020
Ian Lafrenière.

Ian Lafrenière.

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

Québec a annoncé lundi la création d'un groupe d'action contre le racisme. Parmi ses sept membres, on retrouve Ian Lafrenière, député caquiste de Vachon, adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique, ex-policier et ex-porte-parole du SPVM.

Pour Ian Lafrenière, ce groupe d'action a été créé en réponse au grand moment qu'on vit présentement. On a vu plusieurs bouleversements et le temps était là. Vous savez, des fois, il y a des messages qu'on reçoit dans la vie où on se dit c'est le temps, c'est un rendez-vous qu'on a avec l'histoire et on devait répondre à ça. Il y avait plusieurs possibilités, on aurait pu y aller avec une commission spéciale, [...] mais là le premier ministre nous a vraiment donné un mandat très court. En quelques mois, on doit remettre des recommandations pour des gestes d'action qui vont être tangibles rapidement, explique-t-il.

Je pense que comme société, on doit se questionner, et avec la période de la COVID, c'est peut-être un bon temps pour faire un petit temps d'arrêt, pour regarder ce qui a été fait. Je suis heureux de vous dire que je pense qu'on est très loin de ce que vivent nos voisins américains, mais quand même, il y a des gestes qui sont vécus et il ne faut pas tomber dans le panneau d'attendre des chiffres ou des statistiques, parce qu'un cas, c'est un cas de trop, soutient-il.

L'ex-policier a été surpris d'entendre son collègue Lionel Carmant, coprésident du groupe d'action, parler de la discrimination de la part de policiers qu'il a vécue dans sa jeunesse à ville Saint-Laurent. Honnêtement, je ne l'avais jamais entendu parler de ça et c'est venu me chercher. Ça m'a confirmé à quel point c'était important d'agir, parce que oui, il y a des questions de perception, c'est clair, il y a des questions de travail aussi et on parle de racisme, il y a du profilage, il y a du racisme, ça existe, on ne s'enfargera pas sur les mots, ça existe, il y a des cas de profilage aussi, donc je pense que c'est un bon moment pour se poser la question “qu'est-ce qu'on fait, comment on peut le faire rapidement?“, lance-t-il.

Les sept membres du groupe d'action :

  • Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie
  • Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux
  • Sylvie D’Amours, ministre des Affaires autochtones
  • Ian Lafrenière, adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique
  • Denis Lamothe, adjoint parlementaire de la ministre responsable des Affaires autochtones
  • Isabelle Lecours, députée de Lotbinière-Frontenac
  • Christopher Skeete, adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise

Pour lui, la question va au-delà de la police, puisque ce n'est pas la police qui fait en sorte que certains ne trouvent pas de logement ou d'emploi. C'est beaucoup plus large que ça, on ne peut pas s'arrêter à aux services policiers, parce que oui c'est important, mais ce n'est pas juste ça. Trouver un emploi, de voir comment dans la société, on peut donner une chance égale à tous. Que tout le monde puisse appliquer, c'est une chose, mais est-ce que, vraiment, tous ont une chance égale? On parle de Premières Nations, on parle de groupes minoritaires, on parle de communauté LGBTQ aussi, ça va être un grand mandat pendant l'été, mais c'est un bon timing pour aller au fond des choses, fait valoir l'ex-porte-parole du SPVM.

Quant à la question de la police, Ian Lafrnière croit qu'il faut différencier profilage racial et profilage criminel. La journée que nos policiers vont arrêter de faire du profilage criminel... avec les Nations unies, j'ai fait des missions à plusieurs endroits dans le monde, et il y a un système policier, qui est le système un peu plus français, où les gens attendent dans les postes de police que les citoyens viennent les voir avec des preuves pour porter plainte. Je ne pense pas que c'est ce qu'on veut ici. Je pense que les citoyens veulent des policiers qui sont présents, qui sont proches des gens, mais ils ne veulent pas l'autre extrême, c'est-à-dire du profilage racial, de se faire interpeler par la couleur de notre peau, distingue-t-il.

Celui qui collabore aussi avec la ministre de la Sécurité publique sur le Livre vert, qui vise une réforme du système policier, ne se dit pas contre le port de caméras corporelles pour les policiers, mais croit qu'il ne faut pas voir là une solution miracle. Il faut être prudent et résister à la tentation de croire à un remède miracle, de croire par exemple qu'avec une caméra, on va tout régler. Ça va prendre une panoplie d'actions. Les caméras ont été tentées au SPVM, notre groupe a regardé cette possibilité-là, c'est clair, mais je veux dire que peu importe ce qui sera suggéré, ce n'est pas juste ça qui va tout régler, met-il en garde.

L'adjoint parlementaire admet qu'il sera sensible pour lui de devoir évaluer le travail des policiers. C'est une des professions où on se fait critiquer au quotidien. C'est une des fonctions où on est critiqué très souvent par les agissements, et moi j'ai toujours dit qu'il ne faut pas critiquer ce travail-là par les apparences, mais sur le fondement. Il y a des choses qui paraissent bien des fois et qui ont été mal faites et on a dû corriger, alors il faut y aller vraiment sur des fondements. Je vous dirais que notre plus grand défi, ça va être de s'assurer justement qu'on regarde l'ensemble de la forêt, si je peux prendre l'expression, ne pas s'attaquer à un arbre, ne pas s'attaquer à quelque chose qui est très rapide, très simple, mais de regarder la situation plus large, image-t-il.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

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