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Pierre Corbeil participe à un webinaire sur les droits des Autochtones

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Pierre Corbeil participe à un webinaire sur les droits des Autochtones

Rattrapage du vendredi 5 juin 2020
Pierre Corbeil répond aux questions des journalistes, qui tiennent quatre micros devant lui.

Pierre Corbeil, maire e Val-d'Or.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

À l'invitation du secrétaire général de la Commission canadienne pour l'UNESCO, le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, a pris part vendredi à un webinaire sur le respect des droits des Autochtones.

C'était une discussion avec d'autres interlocuteurs du Mexique, du nord de l'Europe, de Suède entre autres, pour discuter des droits des peuples autochtones, mais dans un contexte de pandémie, c'est-à-dire est-ce qu'il y a des disparités qui sont évidentes avant une pandémie et est-ce qu'elles se perpétuent pendant ou après, précise Pierre Corbeil.

Le maire de Val-d'Or a pu parler des canaux de communication qui ont été mis en place avant la pandémie, notamment depuis la crise connue en 2015, et qui ont été très utiles depuis le début de la crise. Depuis 2015, il y a une série de gestes qui ont été posés, de résolutions qui ont été adoptées, d'appuis, de manifestations qui ont été organisées, etc., souligne le maire.

Un comité pour éliminer la discrimination raciale envers les Autochtones avait également été mis sur pied, ce qui a permis de tisser des liens. Notre tableau qui a été dressé à mené à l'élaboration d'un plan d'action par notre comité et ce plan d'action là, on était à le mettre en oeuvre sur un horizon de trois ans, entre 2018 et 2020, et la pandémie a ralenti un peu les phases qu'on avait prévu faire au printemps cette année, explique-t-il.

Le maire de Val-d'Or salue la résilience de tous dans cette pandémie et considère que tout le monde a pris sa part du défi qui attendait le territoire. Ça s'est relativement bien passé. Les gens du Lac-Simon ont décidé de confiner la communauté, il y a eu un enjeu d'approvisionnement alimentaire un moment donné, ensuite il y a eu, pour des personnes qui sont en situation de pauvreté, des enjeux d'approvisionnement avec la banque alimentaire d'urgence du Centre d'amitié autochtone, mais aussi de la banque alimentaire qui est permanente au niveau du Centre de bénévolat. Si on exclut des problèmes d'approvisionnement de certains produits, ç'a été relativement harmonieux, mais c'est peut-être prétentieux d'utiliser le mot harmonieux dans le contexte qu'on vit tout le monde ensemble présentement, sougline Pierre Corbeil.

Il nomme l'exemple du centre de jour Chez Willie, qui a dû déménager à plus d'une occasion. C'est là que je mets en évidence la vigilance, l'ouverture, la sensibilité, les gens de Centraide qui ont rapporté des situations et qui ont créé un fonds d'urgence. C'est vraiment une belle dynamique communautaire de solidarité assez développée qui a fait en sorte qu'on vient à bout de surmonter ces défis-là avec, on l'espère, un minimum d'impacts. Maintenant, on sait que ce n'est pas terminé encore, alors il va falloir continuer cette vigilance-là, témoigne le maire.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

Quant à la question de la discrimination et du racisme, qui est sur toutes les lèvres ces jours-ci, le maire de Val-d'Or dit pardonner le premier ministre Legault, qui a mentionné que le racisme et la discrimination systémique n'existaient pas au Québec, alors que la Commision sur les relations entre les Autochtones et certains services publics concluait le contraire il y a moins d'un an.

Je suis prêt à lui pardonner, parce qu'à ce moment-là, les gens avaient en référence ce qui se passe aux États-Unis au moment où on se parle et ça c'est majeur, c'est choquant, c'est inacceptable et si on pose une question au premier ministre en demandant s'il se passe des choses comme ça qui se passent aux États-Unis de façon récurrente, bien ce n'est pas pareil ici. Il y en a peut-être dans certaines situations, mais ce n'est pas au même niveau que ce qui se passe aux États-Unis, nuance-t-il.

Il se dit toutefois conscient que le racisme n'est pas disparu à Val-d'Or, qu'il soit à différents niveaux, comme les préjugés, la discrimination ou le racisme. On ne peut pas dire que ça n'existe pas nulle part. On a juste à s'arrêter quelques minutes, se fermer les yeux et à se demander qu'est-ce qu'on a pensé en entendant les statistiques de la COVID. Qu'est-ce qu'on a pensé concernant les grandes villes versus les régions? Qu'est-ce qu'on a pensé spontanément versus les jeunes et les moins jeunes? C'est ça les préjugés, la discrimination et le racisme, fait valoir le maire.

C'est cette espèce de bouillon de culture qui est incessant, et on ne peut pas dire que ça n'existe pas nulle part. C'est dans chacun de nous, ça nous interpelle comme individu, ça nous interpelle comme communauté, ça nous interpelle comme région, ça nous interpelle comme nation.

Pierre Corbeil, maire de Val-d'Or

Le maire mentionne qu'il a longuement hésité avant de participer à ce forum organisé par l'UNESCO et qu'il a décliné bien des invitations avant d'accepter celle-ci. On voulait le faire dans le respect des droits des peuples autochtones dans un contexte de pandémie parce qu'il y a des Autochtones qui sont dans des communautés limitrophes, on est en territoire anichinabé, il ne faut pas l'oublier, mais il y a aussi des Autochtones qui ont choisi de vivre en ville. Alors comment on travaille tous ensemble pour passer au travers ce défi-là?, conclut Pierre Corbeil.

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