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Black Out Tuesday : les Disques 7ième Ciel emboîtent le pas

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Black Out Tuesday : les Disques 7ième Ciel emboîtent le pas

Rattrapage du lundi 1 juin 2020
Le rappeur Dramatik pose sans sourire, les deux mains jointes.

Le rappeur Dramatik

Photo : Disque 7e ciel / Drowster

L'industrie de la musique emboîte, à sa façon, le pas aux manifestations antiracisme aux États-Unis en créant le Black Out Tuesday. Ce mardi 2 juin, l'industrie musicale se mettra sur pause, se déconnectera du travail et se reconnectera à l'importance de la communauté.

C'est important de faire passer le message, c'est important de montrer l'importance de la cause qui est là, depuis le commencement, depuis le tout début de la Constitution de l'Amérique entière. Le problème qu'on a en ce moment, ce n'est pas nouveau, c'est le fruit d'une injustice qui est là depuis très longtemps, souligne le rappeur Dramatik, membre de l'équipe des Disques 7ième Ciel.

Pour son gérant, il était naturel de prendre part au mouvement. C'est de s'arrêter pour se poser des questions et réfléchir à comment on peut être de meilleurs humains et marcher dans un monde où il y a beaucoup de racisme et faire en sorte que des événements comme ça ne se reproduisent plus, souligne Steve Jolin, alias Anodajay, propriétaire des Disques 7ième Ciel, basés à Rouyn-Noranda.

Dramatik, de son vrai nom Jocelyn Bruno, dit avoir été victime de profilage racial dans sa vie. Le racisme n'est pas présent qu'aux États-Unis, mais au Québec aussi, assure-t-il. Le fait d'avoir une nouvelle voiture aussi, ça peut être très risqué pour un jeune. Ça m'est arrivé d'avoir un Ford Explorer et au même moment, à chaque semaine, je me faisais suivre par la police. Ce feeling-là, de ne pas pouvoir jouir de ses droits et privilèges, c'est quand même intense, témoigne-t-il.

Le hip-hop voit ses origines bien ancrées dans la culture afro-américaine et la brutalité policière n'est pas étrangère au genre musical. De nombreux rappeurs québécois, bien qu'ils ne soient pas noirs, ont naturellement pris la défense de la communauté afro-américaine.

Pour moi, la question ne s'est pas posée. À partir du moment où j'ai vu qu'il y avait un mouvement de solidarité qui était en train de se placer par rapport à la musique, je trouvais important qu'on en fasse partie. On est dans une culture de musique noire avec le hip-hop, il ne faut pas se le cacher et il faut respecter d'où ça vient et aussi comprendre l'origine du rap et du hip-hop en tant que tel. Nous, pour travailler avec plusieurs personnes de plusieurs communautés, la question ne se posait pas, il fallait agir et il fallait se tenir les coudes dans un moment qui est très grave en ce moment. Je pense que c'était important que tout le monde se rallie avec cette cause-là, souligne Steve Jolin.

Alors que certains cherchent comment montrer leur appui à la communauté noire, Dramatik souligne que la question va au-delà de la couleur de la peau. Je dirais que le combat est pour tous. C'est un drame humain. Je pense que ce serait trop facile de dire que c'est le combat des autres, donc je vais donner un petit pourcentage de mon temps, de mon énergie. Je pense que de vivre dans un monde juste, c'est profitable à tous. Je pense que les gens peuvent être solidaires à partir de la maison. À partir de comment on traite les autres, je pense que c'est par amour, ça peut être un post, ça peut être un partage, ça peut être le dialogue aussi. L'ouverture aussi, avance-t-il.

Pour Dramatik, la police n'est pas le seul problème, c'est la loi qui doit changer, croit-il. Je pense que c'est le moment de changer les lois. Est-ce qu'il faut un lobby? Ce n'est pas seulement les noirs, il y a les Autochtones aussi qui sont victimes de profilage racial, lance-t-il.

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