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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Après la crise sanitaire, la crise financière : qu'est-ce qui nous attend?

Rattrapage du jeudi 21 mai 2020
Un calendrier, de la monnaie et une calculatrice sont placés sur une table.

Il sera important pour les ménages québécois de refaire un budget en fonction de leurs nouveaux revenus et dépenses.

Photo : getty images/istockphoto / Doucefleur

Depuis le début de la crise, 650 000 Québécois ont fait appel aux banques alimentaires, dont 322 000 pour la première fois. Une fois sortis de cette crise sanitaire, de nombreux Québécois se retrouveront au coeur d'une crise financière. Qu'est-ce qui nous attend après la pandémie de COVID-19?

Pier-Paul Belzil-Lacasse, associé chez Raymond Chabot à Rouyn-Noranda, croit que la situation financière actuelle des Québécois comporte des dangers pour l’après-COVID. Pour la plupart des gens, ce qu’on sent, c’est qu’on est dans une espèce de moment où on a des revenus qui rentrent quand même, avec la PCU pour ceux qui ne travaillent pas, et il y a certaines dépenses qu’on est habitués d’avoir qui sont coupées, comme l’hypothèque qu’on a pu faire retarder, les paiements sur les véhicules, même sur les cartes de crédit, témoigne-t-il.

Il y a un sentiment dans la population en général qu’on a de l’argent et que ça va bien, donc c’est dangereux, parce qu’on va arriver à la fin de cette période-là où on reçoit de l’argent du gouvernement et où il y a des avantages spéciaux de paiements qu’on n’a pas besoin de faire, mais quand ça va terminer, ça risque d’être un mur qui va faire mal à plusieurs personnes.

Pier-Paul Belzil-Lacasse, associé chez Raymond Chabot

Selon lui, il faut donc que chaque individu ou chaque famille continue de suivre de près ses finances et prépare un budget pour la suite des choses. Dans certains cas, les revenus ne seront pas les mêmes, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui seront toujours à pied, il y a des gens qui peuvent même avoir perdu leur emploi. Il y a une situation financière qui est changeante, c’est du jamais vu et il faut se repositionner comme à chaque fois qu’il y a un changement dans notre vie. On devrait toujours refaire un budget, souligne-t-il.

Si on se repositionne de cette façon-là, en faisant un budget, on va être capables de prioriser et de payer ce qui va être obligatoire et de faire les choix qui s’imposent dans ce qui n’est pas obligatoire, estime-t-il. La base de ça, c’est de prendre par exemple le dernier mois ou les deux derniers mois de nos relevés bancaires, de faire ce qu’on appelle un revenus/dépenses, de regarder nos dépenses réelles pendant les derniers mois, alors qu’on était dans une situation particulière, et avec ça on est capables d’extrapoler certaines dépenses qui vont demeurer plus basses et certaines dépenses qui vont remonter.

Trois questions à se poser :

  • Quels sont mes revenus réels?
  • Quelles sont mes dépenses obligatoires?
  • Quelles sont mes dépenses discrétionnaires?

Il faut également avoir une vision à long terme, notamment pour ceux qui reçoivent la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui est imposable. Même si l’impôt a été retardé, pour l’année prochaine c’est un autre facteur que les gens doivent budgéter. Il y a plusieurs personnes dont le rapport d’impôts est produit, mais pas nécessairement payé parce qu’on a eu des permissions de retarder le paiement. Donc ça, c’est une première chose. La dette d’impôts qui va s’en venir, il faut la prévoir dans les prochains mois. Effectivement, pour l’année prochaine, on peut se permettre de calculer ce qu’on a fait par exemple avec la PCU et nos autres emplois, et calculer qu’on a l’impôt à se mettre de côté jusqu’au mois d’avril prochain, rappelle M. Belzil-Lacasse.

Avec le prix de l’or en hausse et l’industrie minière qui continue de produire, est-ce que la crise financière pourrait avoir moins d’impacts en Abitibi-Témiscamingue? Au niveau de la finance personnelle des gens, je peux dire avec une quasi-certitude qu’on va être autant impactés qu’on l’a été par le passé, sinon plus, parce qu’on est la région où il y a le plus haut revenu moyen, et malgré ça, on a le même taux de redressement financier qu’ailleurs au Québec. L’endettement est le même, qu’on gagne 200 000 $ par année ou 40 000 $ par année. Les gens ont tendance à s’endetter d’une façon qui ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre. Les gens qui ont plus de revenus sont normalement plus endettés, fait-il remarquer.

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