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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Une infirmière native du Témiscamingue témoigne de son expérience en Californie

Rattrapage du mercredi 25 mars 2020
Une femme porte un masque dans le visage.

Priscilla Skaggs vit la pandémie de coronavirus à partir des États-Unis.

Photo : gracieuseté

Priscilla Skaggs travaille comme infirmière en Californie depuis plus d'une dizaine d'années déjà. Pour celle qui est infirmière depuis près de 15 ans, une situation comme elle que l'on vit présentement est du jamais vu.

Mon hôpital a été très proactif. Je travaille à l’urgence et dès la semaine passée, déjà des tentes étaient installées et on avait un système de triage très élaboré, explique celle qui travaille dans un hôpital du sud de la Californie, près de San Diego.

Trois systèmes de triage ont été mis en place. Tous les patients, avant même de rentrer à l’intérieur de l’hôpital, sont vus à l’extérieur. On a déjà des triages par rapport aux symptômes. On peut aussi faire des traitements beaucoup plus rapides via les tentes, affirme-t-elle.

Des tentes sont montées devant l'entrée d'un hôpital.

L'entrée de l'hôpital où travaille Priscilla Skaggs.

Photo : gracieuseté

Il subsiste tout de même certaines inquiétudes, notamment quant au manque de matériel. Que ce soit le manque de masques ou de lunettes protectrices, mais jusqu’à présent, ça va. Pour éviter d’en manquer, on nous a demandé de réutiliser certain matériel, mais c’est encore acceptable. Pour l’instant, c’est encore assez stable à l’endroit où je travaille, témoigne Mme Skaggs.

Elle est toutefois consciente que tous les hôpitaux n’ont pas cette chance. Dans notre communauté, on a eu pas mal de dons, mais je sais que ce n’est pas comme ça partout. Je me considère très chanceuse de travailler dans cet hôpital, confie-t-elle.

Une infirmière porte de grosses lunettes, un masque et un habit de protection contre le virus.

Priscilla Skaggs, infirmière native du Témiscamingue, travaille maintenant dans le réseau de la santé californien.

Photo : gracieuseté

L’infirmière a l’impression que les craintes de la population concernent surtout leur situation économique. Les gens ont beaucoup plus peur de ne pas pourvoir à leurs besoins, payer leur maison, payer leur loyer, leur nourriture. On n’a pas encore beaucoup de cas par rapport à la population, donc je pense que ça n’a pas encore atteint l’inquiétude du virus autant que du côté économique, mais on sait que c’est en croissance, croit-elle.

Depuis une semaine, les Californiens sont confinés à la maison. Comme au Québec, seules les ressources essentielles sont encore ouvertes. Je dirais que ce n’est pas respecté à 100 %. Juste le week-end dernier, il n’y a jamais eu autant de personnes à la plage. Les parcs sont bondés. Tout le monde essaie de trouver une façon de prendre de l’air, mais il y a beaucoup de monde, donc c’est dur de garder la distance demandée de six pieds, raconte-t-elle

On espère que les gens vont être plus réceptifs par rapport à la distance et qu’on puisse diminuer les cas et ne pas affronter ce que d’autres pays affrontent, comme l’Italie en ce moment.

Priscilla Skaggs, infirmière

En tant que professionnelle de la santé, elle est anxieuse de devoir faire face à une éventuelle augmentation des cas. C’est inquiétant. Ça va faire 15 ans que je suis infirmière et on n’a jamais eu à vivre une expérience comme ça. On a été entraîné pour sauver des vies, aider les gens au front, de mettre possiblement notre santé en danger ou la santé de nos enfants ou notre famille. C’est inquiétant, mais il faut rester positif, on est là pour aider la population et se serrer les coudes, garder le moral pour s’en sortir et être gagnant dans cette situation-là, conclut-elle.

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