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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Comment les médias couvrent-ils les enjeux autochtones?

Rattrapage du jeudi 27 février 2020
Un panneau proclamant l'appui de Kanesatake aux chefs héréditaires Wet'suwet'en.

Les Mohawks de Kanesatake se souviennent très bien de la crise d'Oka, il y a 30 ans, et estiment qu'il existe d'importantes similitudes avec les blocages ferroviaires actuels.

Photo : Radio-Canada

Alexis Wawanoloath, ex-député d'Abitibi-Est pour Parti Québécois, juriste et étudiant à l'école du Barreau, estime que les médias doivent changer leur approche face aux communautés autochtones, et ce, à long terme. Il commente un article intitulé « Protestations autochtone : les médias ont-ils l'heure juste? » publié le 27 février, dans lequel le journaliste Ahmed Kouaou se penche sur la couverture médiatique de l'événement que les médias ont appelé « la crise ferroviaire ».

Les sujets abordés

Alexis Wawanoloath est d’accord avec Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, qui affirme que les médias se concentrent davantage sur les conséquences du conflit sur les citoyens plutôt que sur les causes.

Je comprends qu’il y ait des souffrances, je comprends qu’il y ait des gens à Senneterre qui souffrent de ça, mais on ne remet pas assez en parallèle d’où vient cette crise-là, soutient Alexis Wawanoloath.

Alexis Wawanoloath derrière un micro dans un studio radio de Radio-Canada.

L'analyste politique et ex-député provincial Alexis Wawanoloath

Photo : Radio-Canada

Selon le juriste, les médias parlent des autochtones seulement lors de conflits ou de crises.

Donc, il faut quand même comprendre qu’on est dans une situation où on subit un génocide, on veut se défendre, on veut faire valoir nos droits, et on n’a pas d’attention des médias en général à part quand il y a des crises.

Alexis Wawanoloath

Plus de nuances nécessaires

Alexis Wawanoloath indique que le conflit entre la communauté Wet’suwet’en et Coastal GasLink est un sujet complexe, que les médias n’expliquent pas toutes les nuances de cette situation.

On a une couverture superficielle, on vient nous parler de l’état de droit aussi, mais on ne vient pas faire encore là le poids, la balance, déplore-t-il. Quand on parle d’état de droit, est-ce qu’on vient dire que l’état de droit a fait en sorte qu’on a été mis dans des réserves?

Des manifestants pro-autochtones à Saint-Lambert refusent d'être filmés ou pris en photo par les professionnels des médias.

À Saint-Lambert, des manifestants pro-autochtones ont refusé d'être filmés ou pris en photo par les professionnels des médias.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers


Alexis Wawanoloath reconnaît que la couverture médiatique des communautés autochtones s’est améliorée depuis la crise d’Oka, mais estime qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Être mieux représentés

M. Wawanoloath met l’accent sur le fait que très peu d’autochtones font partie des équipes de journalistes et de chroniqueurs. On n’a pas des voix autochtones dans les médias qui sont là de façon constante à titre d’analyste, à titre de chroniqueur, observe-t-il.

Isabelle Picard, chroniqueuse à Espaces autochtones en direct

Isabelle Picard, ethnologue que l'on peut voir à Espaces Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Il croit que les autochtones doivent être mieux représentés au sein même des équipes médiatiques, que celles-ci manquent de diversité. Il mentionne par exemple le fait qu'en ce moment, beaucoup de médias le solliticitent, alors que ce n'est pas le cas lorsqu'il n'y a pas de crise. Il Il regrette aussi que les médias parlent des autochtones seulement en période de crise.

C’est beaucoup moins pire qu’à l’époque. Les choses évoluent, mais il reste qu’on a tendance dans les médias à aller pointer des préjugés et après ça on a tendance aussi à ne pas aller faire des enquêtes de fond, hors de crise, dit-il.

Pour écouter l’entrevue complète, cliquez sur l’audiofil.

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