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Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

La radio CKVM fête ses 70 ans

Rattrapage du mardi 7 janvier 2020
La station de radio CKVM de Ville-Marie (archives)

La station de radio CKVM de Ville-Marie

Photo : Archives

Depuis 1950, CKVM est « La voix du Témiscamingue ». De nombreux animateurs y sont passés, dont certains se sont illustrés dans le monde de la musique. Que ce soit Fernand Gignac, Yves Marchand, Louis Bilodeau ou Robert Gillet, ils ont tous fait partie de l'industrie musicale du Québec.

CKVM émet pour la première fois le 7 janvier 1950. Parmi ses premiers animateurs, on compte Louis Bilodeau. Nés à Sherbrooke et ayant grandi à Rouyn-Noranda, M. Bilodeau et son frère jumeau, Jean, appliquent à la nouvelle station de radio du Témiscamingue dès son ouverture. Louis Bilodeau devient rapidement gérant de la station.

Il s’implique énormément dans la vie culturelle témiscamienne. Parallèlement à sa carrière d’animateur, il mène une troupe de théâtre et organise des soirées de musique folklorique. Peut-on y voir les racines de l’émission de télé qu’il animera par la suite? En 1956, il est engagé par la station CHLT de Sherbrooke où il lance La soirée canadienne en 1960. Durant les 23 ans qu’a duré le programme, des Québécois de partout sur le territoire se sont rendus à CHLT pour chanter des ritournelles de leur coin.

À l’automne 1952, un jeune Montréalais nommé Fernand Gignac décroche un poste d’animateur. Âgé de seulement 17 ans, pratiquer le métier d’annonceur est un rêve qui se réalise pour le jeune homme. Selon la biographie de Fernand Gignac, Mon père, écrite par Benoît Gignac, ce passage au Témiscamingue est fort apprécié de l’artiste. Fernand s’amourache des beautés du Témiscamingue et convainc même son amoureuse, restée à Montréal, de se marier et de venir y habiter avec lui.

Je m’étais même trouvé un sideline, raconte M. Gignac dans le livre écrit par son fils. J’étais placier le soir au cinéma de la rue Principale. Ça occupait mes temps libres. Ça me permettait de rencontrer les gens de la ville, qui étaient ben fins. Je n’ai jamais aimé rester à ne rien faire… Tiens, par exemple, c’est à Ville-Marie que j’ai commencé à fumer la pipe. Ça occupe, fumer la pipe.

Fernand Gignac (1934-2006)

Fernand Gignac (1934-2006)

Intéressant de constater que c’est au Témiscamingue qu’il adopte cette habitude qui fait ensuite partie de son image de marque! M. Gignac demeure à l’antenne de CKVM jusqu’à l’automne 1953. Il part alors travailler pour la station CHLP de Montréal. À partir de ce moment, sa carrière ne fait que monter en flèche, autant dans le monde de la radio que de la musique. En tant qu’animateur, le surnom « Monsieur Juke-Box » lui est attribué vers la fin des années 50. C’est aussi au cours de cette période, en 1957 plus précisément, qu’il lance son premier 45 tours. C’est le début d’une longue et prestigieuse carrière au cours de laquelle il lance 31 albums et 75 simples.

Le controversé animateur Robert Gillet fait aussi ses débuts à CKVM au milieu des années 60. En septembre 1965, il lance l’émission Jeunesse 710 qu’il consacre au palmarès yé-yé. Le programme connaît un succès retentissant dans la région et en Ontario. Il lance ensuite quatre autres concepts d’émission pour CKVM avant d’annoncer son départ en janvier 1966. Vers 1969, il lance un 45 tours pour le compte de la compagnie Pop Apex. Il connaît ensuite une importante carrière radio, notamment à Québec, avant de tomber en disgrâce en 2002 à la suite d'une condamnation pour avoir utilisé les services d’une prostituée d’âge mineur.

Le pianiste et chanteur Yves Marchand, originaire de St-Bruno-de-Guigues, fait ses premières armes en radio à CKVM en 1984. Dix ans plus tard, avec son groupe Zébulon, il remporte le Félix de la « Découverte de l’année » au Gala de l’ADISQ.

La station CKVM de Ville-Marie, au Témiscamingue.

La station CKVM de Ville-Marie, au Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

L’âme de CKVM a longtemps été Yvon Larivière. Il y fait ses débuts en tant qu’animateur en 1956. Au milieu des années 60, il est « chef annonceur » puis prend éventuellement la barre de la direction. Après quelques années passées à un autre emploi, il revient à CKVM à titre de directeur et y demeure jusqu’à sa retraite, au début des années 2000.

Grâce à toutes ces personnes et bien d’autres animatrices et animateurs, de nombreux artistes du Témiscamingue ont pu se faire entendre sur les ondes radio, en direct ou en enregistrement. On peut penser à Joe Desrochers, Gerry Gosselin et Les Étrangers, entre autres, qui ont bénéficié des ondes de CKVM.

Son directeur général, Louis Kirouac, croit que ce qui fait le succès du média, ce sont les animateurs et collaborateurs qui ont le public du Témiscamingue à coeur. Le secret de la longévité pour une station de radio, c'est d'être bien implantée dans son milieu et d'être, justement, la voix de ce milieu-là. Ça prend, pour ça, des gens qui sont passionnés, des gens qui ont envie de s'investir corps et âme dans ce qu'ils font. Je pense que le secret ç'a été d'avoir, année après année, su renouveler cette passion auprès des gens qui y ont travaillé, dit-il.

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