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Pourquoi les tueries de masse sont-elles plus commises par des hommes?

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Pourquoi les tueries de masse sont-elles plus commises par des hommes?

Rattrapage du mardi 19 janvier 2021
Un homme tient un fusil dans ses mains.

Un Ruger M-14 de calibre .223

Photo : Reuters / Dave Kaup

Entre 1984 et 2014, le Canada a subi sept tueries de masse, dont quatre au Québec. Elles ont toutes été perpétrées par des hommes. Aux États-Unis, en 2019 seulement, il y en a eu 41.

Une chronique de Janis Rivard

Selon une étude réalisée par le Centre International pour la Prévention de la Criminalité réalisée en 2015, on relevait quatre critères pour qualifier un événement de « tuerie de masse » : la personne doit s’attaquer à un groupe pour ce qu’il représente, il doit y avoir un nombre limité d'assaillants, la tuerie doit se dérouler dans un lieu unique et arriver une fois seulement.

La situation aux États-Unis est assez particulière, puisque les gens ont un accès facile aux armes à feu. Les hommes sont d’ailleurs trois fois plus nombreux que les femmes à posséder une arme à feu.

Quelles sont les causes de cette surreprésentation de la gent masculine derrière ces actes violents ?

Les études proposent plusieurs pistes de réflexion, mais n'ont aucune réponse précise et répondant à tous les cas. La violence glorifiée, la masculinité parfois synonyme de violence et d’abus et un lien entre les motivations de ces personnes et une perception troublée de leur propre « masculinité », à cause d’une humiliation ou d’un traumatisme passé, en font partie.

Pour plusieurs raisons, ces hommes ressentent donc un désir de vengeance et de se réapproprier leur identité masculine. Ils se sentent également dans leur droit d’utiliser la violence contre les autres, contre d’autres groupes sociaux, entre autres.

Selon Mélissa Blais, professeure de sociologie à l’Université du Québec en Outaouais et membre du Réseau québécois en études féministes, il est possible d’observer la montée d’une « man-osphère », depuis l’arrivée des réseaux sociaux autour des années 2010. Il s’agit de groupes d’hommes, en ligne, qui offrent des espaces de discussions et de contestations qui valorisent cette idée de la masculinité virile.

Cette mise en valeur de la virilité passe par des représentations de soi : un corps plus musclé, un corps aussi qui, justement, va se représenter plus puissant grâce aux armes à feu. On le voit très bien qu’il y a une association entre virilité, masculinité et armes à feu, explique-t-elle.

Une « crise » de la masculinité ?

Mélissa Blais estime que, bien que ces groupes aient un discours de crise et agissent en conséquence, la masculinité n’est pas tout à fait confrontée à une réelle crise.

On observe que la majorité des fortunes est encore sous possession masculine, les violences commises contre l’autre genre, c’est généralement des hommes contre les femmes qui commettent ces violences. Donc, on voit qu’il y a différents indicateurs qui nous permettent de voir, en fait, que cette crise c’est plus un discours qu’une réalité.

Mélissa Blais, professeure de sociologie à l’UQO et membre du Réseau québécois en études féministes

Ce sont donc majoritairement des hommes qui sont les auteurs des tueries de masse à cause d’une valorisation d’une identité masculine représentée par la virilité et les armes à feu.

Pour ne plus encourager cette forme de violence, Mme Blais propose de casser cette valorisation de la supériorité des hommes, qui peut développer le sentiment d’avoir le droit d’utiliser la violence sur les autres personnes. Il faut également promouvoir tous les types de masculinités, qui sont tout autant valides que celles « viriles ».

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