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Conditions de vie : 20 % des gens vivent dans la pauvreté au Québec, selon un rapport de l’IRIS

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Conditions de vie : 20 % des gens vivent dans la pauvreté au Québec, selon un rapport de l’IRIS

Rattrapage du mercredi 18 novembre 2020
Un calendrier, de la monnaie et une calculatrice sont placés sur une table.

Le revenu viable varie entre 22 000 $ et 32 000 $ selon l'IRIS.

Photo : getty images/istockphoto / Doucefleur

Près d'une personne sur cinq, au Québec, vit dans la pauvreté selon l'indicateur de revenu viable développé par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). Les premiers résultats de cet indicateur ont été publiés aujourd'hui.

L’indicatif de revenu viable calcule le revenu qui permet aux Québécois de se sortir de la pauvreté, selon différentes villes et situations. Les raisons pour lesquelles les gens se retrouvent en situation de pauvreté varient énormément, et l’IRIS le considère dans son analyse.

Le taux de pauvreté, selon l’indicatif utilisé par l’IRIS, est donc plus élevé que ce que les gouvernements provincial et fédéral déclarent. Ces derniers utilisent la Mesure du panier de consommation (MPC), qui est une mesure de couverture des besoins seulement. La MPC calcule la capacité des gens à payer des biens et services essentiels, et calcule donc la base de survie seulement. En 2018, selon Statistiques Canada, le taux de pauvreté était donc de 11 %, en se basant sur le MPC.

C’est vraiment des situations qui sont très différentes. On parle de gens qui sont sur le Programme d’aide sociale, qui n’ont même pas l’argent pour couvrir les besoins de base, mais aussi des travailleurs pauvres, certains au salaire minimum par exemple, qui ont de la misère à pouvoir assumer les dépenses au quotidien, comme les personnes âgées qui, avec les garanties de revenus, n’arrivent pas à avoir un revenu viable, un revenu qui permet vraiment de sortir de la pauvreté.

Eve-Lyne Couturier, chercheuse pour l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques.

Les données datant, de l’année 2017, la pandémie n’est donc pas comprise dans les analyses.

Le revenu viable, c'est quoi?

Le revenu viable vise donc une vie digne pour les Québécois et donc exempte de pauvreté. Selon l’IRIS, ce revenu varie entre 22 000 $ et 32 000 $, tout dépendant de la ville et de la situation des gens.

Avec le revenu viable, les gens sont en mesure de faire des choix, d’avoir une certaine marge dans le choix d’où peut aller leur argent. C’est une mesure qui permet de dire : Voilà la qualité de vie qu’on veut avoir pour les citoyens, les citoyennes du Québec, c’est-à-dire une vie où on est sortis de la pauvreté , explique Mme Couturier.

La situation des personnes à la retraite est particulièrement intéressante, puisque plusieurs font partie de ce 20 %. Certains ainés doivent travailler 15 heures par semaine au salaire minimum pour réussir à avoir ce revenu viable, et ne pas seulement avoir un revenu pour leurs besoins essentiels. De plus en plus de personnes âgées décident de rester ou de retourner sur le marché du travail, et environ la moitié d’entre elles le font parce qu’elles ont besoin d’un revenu supplémentaire que celui distribué par les gouvernements. L’aide fournie aux personnes retraitées n’est donc pas suffisante.

L’IRIS a quelques propositions générales. Parmi celles-ci, une meilleure répartition des politiques publiques de lutte à la pauvreté, de donner plus au 20 % plus pauvre, sans enlever les richesses du 20 % plus aisé. Seulement en priorisant les programmes pour les personnes plus pauvres. L’IRIS propose également de profiter de la pandémie pour réorganiser notre société, autant au niveau social qu’environnemental.

L’objectif du gouvernement ne devrait donc pas être le seuil de la pauvreté, mais bien d’avoir le plus de gens possible en haut du revenu viable.

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