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Félix B. Desfossés animateur de Région zéro 8
Audio fil du lundi 4 novembre 2019

Chronique 5 minutes de réflexion avec Mélanie Nadeau : la bienveillance

Publié le

Mélanie Nadeau, collaboratrice à l'émission Région zéro 8
Mélanie Nadeau, collaboratrice à l'émission Région zéro 8   Photo : Radio-Canada / Gracieuseté

En ce début novembre, j'ai eu envie de parler de bienveillance, d'être là, les uns pour les autres. Et pour ce faire, j'ai eu envie de laisser aller mon imagination et de vous inventer une histoire.

Je vous raconte donc l’histoire de Josette et Jovette, deux amies de longue date, de date tellement longue, ça pourrait être le 28 février 1958, le 31 décembre 1977, le 19 septembre 1999!

Une amitié de longue date, tellement longue qu’elles ne se rappellent plus du point de départ, du moment où elles se sont rencontrées. On a l’impression qu’elles se connaissent depuis toute la vie. Même si la vie de Jovette a commencé avant celle de Josette.

Josette fougueuse, dynamique, plus jeune d’une décennie avec ses yeux bleus clairs et son rire contagieux, elle évolue dans un désordre harmonieux et lumineux. Elle collectionne tout, les bibelots, les épinglettes, les records de Michel Rivard, les effaces, les papiers, les cahiers, toujours à gribouiller et à dessiner.

Elle a toujours été protégée par Jovette. C’est elle qui lui a appris à monter à vélo, à reconnaître les bons champignons des mauvais en forêt, à faire des galettes à la mélasse et des tapas aux ananas.

Elles se créent des univers bien à elles. Comme si elles avaient compris, même petites à quel point notre monde peut être triste et gris.

Quand elles sont ensemble, elles aiment se remémorer et s’inventer des souvenirs de leurs aventures, comme la fois où elles sont allées à la plage en automne et qu’elles ont joué aux espionnes championnes joueuses de trombone.

La fois qu’elles se sont fait un radeau pour se rendre à l’île des grenouilles et qu’elles sont restées prises dans les quenouilles.

Ou encore la fois qu’elles ont fait une cueillette de maïs en canne pour faire le plus gros pâté chinois végane de Noranda Nord, afin d’être dans le livre des records.

Les gens autour les regardent un peu bizarrement, elles mènent leur vie comme elles l’entendent. Et elles entendent à rire, à chanter, à manger des glaces et des galettes à la melasse.

Jovette, est plus sage. Parfois, Josette a l’impression que Jovette sait beaucoup trop de choses, comme si la vie lui murmurait plein de vérités.

Avoir une décennie de plus de vie, nous donne parfois l’impression qu’on a tout compris.

Un jour, Josette en a eu assez de ses vérités, elle a eu envie d’aller entendre les siennes, de parcourir le monde, d’aller faire ses propres expériences profondes, à son image une vagabonde à l’imagination féconde.

Quelques années ont passé. Chacune a vécu ses aventures de son côté, ont trouvé l‘amour, l’ont égaré, ont vécu des succès et d’autres projets ont échoué.

Et puis elles se sont revues, retrouvées comme si c’était hier.

Parfois l’amitié ça fait ça. On se revoit et on reprend la phrase laissée en plan quelques années auparavant.

Depuis quelque temps, les rôles s’inversent.

Jovette a un mal qui la gruge par en dedans, ses yeux noircis la trahissent même quand elle sourit.

Elle reste de plus en plus accrochée à ce monde un peu inventé, magnifié, où tout est facile et tranquille, et a de la difficulté à en revenir.

Des vieux souvenirs refont surface alors que d’autres, tout récents, s’effacent.

Laissant un sillage, une trace des années qui passent faisant place à l’angoisse, car la vie est en train de leur faire une grimace.

Mais la vie oublie qu’elles n’en sont pas à leur premier défi, leur vie est une succession de péripéties! Armées de leur carapace en cuirasse et de leur audace elles vont affronter cette menace coriace à grands coups de galette à la melasse.

Josette s’amuse à s’occuper de Jovette. Heureuse de pouvoir redonner à cette amie qui a tant fait pour elle. En fin de semaine, elle a déneigé son entrée, lui fait une soupe aux lentilles et parti une brassée.

De temps en temps, Jovette revient comme on dirait à la vie. Mais la plupart du temps, elle est trop occupée à porter ses souvenirs, elle n’a pas vu son amie s’effondrer. C’est qu’elle est fatiguée la Josette.

Prendre soin, le faire bien, faire le bien, le bien dont on se sent le gardien.

Demander un coup de main, ce n’est pas anodin.

L’histoire de Josette et Jovette peut vous paraître simpliste et irréaliste.

On ne sait jamais quand on va cogner à notre porte, quand il faudra prêter main-forte

Bien que je ne la connaisse pas du tout, j’ai envie de dire à la maman disparue puis retrouvée ce week-end, car ses proches, sur les réseaux sociaux ont écrit : retrouvée, elle a trouvé refuge chez quelqu’un.

Trouvé refuge chez quelqu’un

Trouver refuge

Comme une force centrifuge

Qui te protège du déluge et du grabuge que vous soyez Josette, Jovette ou maman

Avant que le besoin devienne criant

Levez la main bien haute, vous trouverez un répondant

Un proche accueillant, bienveillant, prévoyant, vaillant, aidant.

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