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Félix B. Desfossés animateur de Région zéro 8
Audio fil du lundi 5 août 2019

L’exploratrice rurale : un voyage dans le temps à Chazel

Publié le

Une maison vieillotte avec une affiche indiquant les heures d'ouverture et les tarifs de visite.
La Maison Turgeon est ouverte du mercredi au dimanche de 10 h à 17 h 30, mais il vaut mieux réserver auprès de Marcel Bouchard au 819-333-7774.   Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

On connaît tous l'école du rang II d'Authier, où l'on peut vivre l'expérience d'une petite école de rang, mais l'Abitibi-Ouest cache bien d'autres secrets d'antan. La Maison Turgeon, nommée en l'honneur du défricheur qui l'a construite au temps de la colonisation, a été remise au goût du jour des années 1950. C'est le petit-fils des premiers habitants de la coquette demeure de Chazel qui lui a fait subir ce voyage dans le temps et qui accueille les visiteurs pour revivre la période d'après-guerre le temps d'une visite.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Poêle à bois, machine à écrire, baratte à beurre : le collectionneur Marcel Bouchard n'a négligé aucun détail pour redonner à la maison où il est né - littéralement, alors que ses frères et soeurs sont par la suite nés à l'hôpital - son cachet d'antan.

Protéger le patrimoine familial...

L'urgence de préserver le lieu est d'abord d'ordre familial. Mon père était rentré à l'hôpital et on ne savait pas quoi faire avec la maison. Au mois de juin et juillet, on a décidé de toute la nettoyer et c'était le 75e le printemps suivant. J'ai décidé de remettre la maison comme elle était dans le temps et au 75e, je l'ai ouverte pour la municipalité de Chazel et tant qu'à avoir fait cet ouvrage-là, ils m'ont dit de la laisser ouverte, que les gens allaient venir.

Il a depuis accueilli près de 4000 personnes dans la maison bâtie par ses grands-parents maternels. Il y partage non seulement l'histoire familiale, mais aussi celle de la colonisation de l'Abitibi.

Une maison contenant des artefacts d'antan.
Tout dans la Maison Turgeon est comme à l'époque des années 50. Photo : Radio-Canada/Émilie Parent Bouchard

...et régional

C'était aussi le bureau municipal de 1938 à 1988, rappelle-t-il. Toutes les affaires municipales se passaient ici pendant 50 ans. Je l'ai remise comme elle était en 1952.

L'histoire du village est ici. C'est pour ça qu'on a ouvert au 75e parce que tout le monde qui venait ici, c'était des enfants qui venaient avec leur père payer les taxes et se souvenaient de rentrer dans cet appartement-là, avec les mêmes couleurs.

Marcel Bouchard, historien amateur et propriétaire de la Maison Turgeon-

Vie municipale, vie catholique, vie scolaire et sanitaire, rien n'échappe à Marcel Bouchard, qui se décrit comme un historien amateur spécialisé dans la région de l'Abitibi-Ouest. On aborde aussi les domaines agricoles et forestiers, explique-t-il, en brandissant une carte des premiers lots vendus aux colons, dessinée selon les informations approuvées par le « père de l'Abitibi », Hector Authier. Ça coûtait trois piastres pour une terre de 100 acres.

La rudesse de la vie d'antan

Les registres du magasin général sont là pour le prouver, la vie de l'époque coûte cher et c'est pourquoi les colons, en plus de défricher et de construire eux-mêmes la maison où ils vont s'abriter pour l'hiver, n'ont pas le choix de cultiver la terre, élever du bétail, faire des conserves. Par exemple, en 1952, deux pains pour 1,98 $, donc une piastre du pain. On voit que les prix du pain, des oeufs, des produits de base, c'était quand même assez cher pour les revenus qu'ils avaient.

Il fallait vouloir pour arriver à Macamic en train, prendre un bateau sur le lac Macamic, s'en venir sur la rivière White Fish en canot et s'installer chaque bord de la rivière.

Marcel Bouchard, propriétaire de la Maison Turgeon-

Afin de faire comprendre cette rude réalité aux enfants qui viennent le visiter, Marcel Bouchard a conservé le poulailler de sa grand-mère, cultive un immense jardin et a préservé l'ancienne laiterie où l'on produisait du beurre et de la crème. Il fallait vraiment que tu te débrouilles tout seul, fait-il valoir, rappelant du même souffle qu'à l'époque, l'électricité commençait seulement à percer la ruralité abitibienne.

Une maison décorée d'époque avec une section bureau de poste.
L'appartement servait à l'époque de bureau de poste. Photo : Radio-Canada/Émilie Parent Bouchard

100 ans après l'arrivée des premiers colons de Chazel

Si la fondation de la paroisse de Saint-Janvier-de-Chazel remonte à 1938, Marcel Bouchard rappelle cependant que les premiers « braves » sont arrivés dès 1917, 1918 et 1919. Nous autres cette année à Chazel on a fêté les familles qui étaient ici depuis 100 ans, indique-t-il, en référence à la fête organisée le 22 juin dernier, où la Maison Turgeon a une nouvelle fois été fort fréquentée.

Les gens de l'extérieur de la région qui viennent, viennent pour comprendre comment ça se fait que des gens sont partis sur le train en plein bois et comment ils ont fait pour rester ici. En 1917, 1918, ils ne venaient pas pour les mines, ils arrivaient en plein champ et il n'y avait rien. Il fallait qu'ils se fassent un camp.

C'est avec beaucoup de passion que Marcel Bouchard vous racontera l'histoire de ses ancêtres. Il faut cependant réserver auprès de lui pour s'assurer de sa présence dans cette demeure pleine d'histoires que M. Bouchard habite toujours, 365 jours par année.

Un homme pose les mains sur les hanches, souriant, dans une maison au décor d'antan.
Marcel Bouchard est un véritable passionné d'histoire, particulièrement de celle de l'Abitibi-Ouest. Photo : Radio-Canada/Émilie Parent Bouchard

Chazel, championne des attraits touristiques per capita?

Outre la Maison Turgeon, il est aussi possible de visiter à Chazel la route du patrimoine forestier, ce qui fait dire à Marcel Bouchard qu'avec la cinquantaine de familles qui demeurent encore au village, Chazel serait la municipalité d'Abitibi comptant le plus d'attraits touristiques par habitant!

Tout au long du rang 10 et 1 Est se dressent effectivement des géants de fer retraçant l'histoire des pionniers de la forêt. Le bûchage, le transport, le sciage et les plantations sont ainsi expliqués sur cette route de 20 kilomètres qui comprend une vingtaine de panneaux d'interprétation pour accompagner les sculptures géantes de l'artiste Émilien Bélanger.

On travaille aussi sur le circuit de l'eau pour mettre en valeur l'importance des cours d'eau pour le développement du secteur. Un énorme bateau de fer, qui servait au transport des premiers colons, a ainsi été installé devant le tout nouveau centre communautaire terminé fin 2018. « Il pourra aussi servir de halte pour les motoneigistes qui pourront lire les panneaux d'interprétation », anticipe M. Bouchard.

Une sculpture géante montre un homme à l'époque des bûcherons. Un panneau explicatif est placé devant.
Des géants de fer racontent l'histoire de Chazel et forment la route du patrimoine forestier. Photo : Radio-Canada/Émilie Parent Bouchard

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