Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie-Claude Luneau
Audio fil du jeudi 4 juillet 2019

À la recherche du Diefenbunker de Rouyn-Noranda

Publié le

Page frontispice de L'écho d'Amos en 1962.
Article de l'Écho d'Amos sur la construction d'un abri anti-antomique en 1962.   Photo : L'Écho d'Amos / Société d'histoire d'Amos

Félix B. Desfossés est sur ses derniers miles en tant que chroniqueur spécialisé dans le domaine de l'inusité et, après avoir lancé un appel à tous hier, il nous livre tout ce qu'il a accumulé comme informations à propos de la présence d'abris antiatomiques en Abitibi-Témiscamingue, lieux qui sont longtemps demeurés secrets et dont certains le sont encore...

L’histoire débute avec une rumeur. Comme bien des histoires. Celle à l’effet qu’un « bunker nucléaire » aurait été construit à Rouyn-Noranda. Sébastien Tessier, archiviste en chef à Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Rouyn-Noranda, visite l’école musicale En sol mineur et ainsi que la « guest house » de la Fonderie Horne afin d’y chercher ledit abri. Certaines informations lui laissaient croire que c’est au sous-sol de ces importants bâtiments qu’il aurait pu se trouver. Il constate que ce n’est pas le cas.

Quelque temps plus tard, l’émission Infoman de Radio-Canada, animée par Jean-René Dufort, diffuse un reportage à propos du « Diefenbunker » du gouvernement canadien, un énorme abri antiatomique dont la construction a été commandée par le premier ministre Diefenbaker à la fin des années 50, en pleine Guerre froide, face à la menace nucléaire soviétique. Il était prévu que plus de 500 personnes puissent y survivre durant trente jours. Un studio de Radio-Canada y était même aménagé afin de pouvoir informer la population canadienne.

Dans le reportage d’Infoman, on apprend que le « Diefenbunker » est à la tête d’un vaste réseau d’abris antiatomiques construit un peu partout au Canada, dans différents points stratégiques. Une liste des bunkers est visible à l’intérieur du « war room » du « Diefenbunker », c’est-à-dire la salle de crise où les autorités nationales devaient se rencontrer et élaborer des stratégies de défense en cas d’attaque nucléaire.

Rouyn-Noranda est inscrite parmi les villes qui font partie du réseau d’abris. Il y a donc un abri antinucléaire dans la région. Malgré plusieurs recherches, impossible de confirmer ou infirmer cette information.

Une chose est certaine cependant : Val-d’Or avait son propre abri antiatomique. À vrai dire, une base d’aviation militaire de la « pine line » se trouvait à Val-d’Or et les avions Voodoo qui y étaient stationnés étaient carrément munis de missiles à têtes nucléaires!

***

Il y a quelque temps, un ancien employé de la gare de Témiscaming, aujourd’hui convertie en musée, est passé par le lieu historique. Ce dernier a mentionné à la direction qu’un bunker antinucléaire se trouvait au sous-sol. Après vérification, l’organisation réalise qu’une salle est bel et bien équipée de murs extrêmement épais ainsi que d’une porte en fer.

L’ex-employé en question laisse également entendre à la direction que plusieurs gares du réseau ferroviaire canadien auraient été dotées du même type de salle.

Les recherches reprennent donc de plus belle à Rouyn-Noranda afin de vérifier si un abri antinucléaire pourrait se trouver sous une ancienne gare ou à proximité. La seule gare toujours sur pied, celle de Noranda, n’est pas dotée d’une telle salle.

Cependant, l’historien Guillaume Trottier, autrefois archiviste à la Société d’histoire d’Amos note dans une publication de 1962 du journal L’Écho d’Amos qu’un abri antinucléaire a été construit à Amos.

« Plusieurs personnes y compris les journalistes, ont été bien intriguées ces derniers jours par une construction peu ordinaire qui s’élève actuellement en face de la gare du Canadien National à Amos.

Il s’agirait, selon les maigres renseignements que nous avons pu obtenir, d’un abri anti-bombe atomique ou d’un contrôle de radiations nucléaires.

La construction, commencée au début de la semaine dernière, mesurera 20 pouces d’épaisseur et aura une hauteur de 7 pieds au-dessus de la terre; les murs seront constitués de trois rangs de solides blocs de ciment, provenant de la Brique du Nord de Rouyn.

Le toit sera également formé de briques; on se propose d’installer des tablettes à L'intérieur de cette « fortification », ainsi que des instruments qui devraient servir à l’étude et à la détection des radiations atomiques. Des préposés verront à la vérification journalière de ces instruments.

Six hommes travaillent à cette construction qui devra être terminée bientôt.

La Défense nationale se propose d’ériger 18 de ces abris, dont les villes de Val-d’Or, Rouyn, Senneterre, La Sarre, Cadillac, Taschereau, Chapais, etc., seront dotées.

Cependant, nous n’avons pu obtenir d’autres détails là-dessus; il semble bien que seuls les ingénieurs possèdent la clef du mystère. »

Une photo de la construction accompagne l’article au-dessous de laquelle se trouve la légende suivante :

« Sur cette photo, nous remarquons l’abri en construction en face de la gare du CNR à Amos; il est très facile de distinguer les rangs de briques qui formeront des murs de 20 pouces d’épaisseur. Cet abri prouve que le gouvernement a de la suite dans les idées : même si la vague des « 50 mégatonnes » est passée, on construit tout de même les abris qui serviront peut-être un jour… »

Ces informations tendent donc à vouloir corroborer la rumeur voulant qu’un abri antinucléaire ait été construit à Rouyn-Noranda et peut-être même dans plusieurs autres villes de la région. Mais où sont-ils?

Chargement en cours