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Annie-Claude Luneau
Audio fil du vendredi 26 avril 2019

L’actualité vue par l’histoire : l'incendie de l'église St-Michel et son 45 tours

Publié le

Une église est victime d'un incendie.
Incendie de l'église St-Michel de Rouyn-Noranda, le 12 avril 1973.   Photo : François Ruph / BAnQ Rouyn-Noranda

Le 15 avril dernier, la cathédrale Notre-Dame de Paris brûlait. Ce brasier d'un haut lieu religieux ramène à la surface le violent incendie qui a ravagé l'église St-Michel de Rouyn-Noranda, survenu en 1973.

Un texte de Félix B. Desfossés

La paroisse St-Michel Archange est fondée en 1925, alors que Rouyn n’est même pas encore officiellement érigée en municipalité. Le curé Albert Pelletier, arrivé en juin 1925, est le premier à diriger la paroisse.

On débute la construction de l’église St-Michel en mars 1927. Pour l’emplacement de l’église, on choisit l’un des points les plus hauts de Rouyn, afin de surplomber la ville. Elle est construite au sommet de la côte de la rue du Portage, de biais avec l’endroit où se trouve aujourd’hui l’hôtel de ville de Rouyn-Noranda.

La première messe de l’église St-Michel se déroule le 27 décembre 1927, mais au sous-sol, puisque le haut n’est pas terminé. On achève la construction durant les mois qui suivent, mais on n’a pas de clocher! Ce n’est que 10 ans plus tard, en 1937, qu’on va construire le clocher.

On continue d’améliorer l’église au cours des années suivantes. En avril 1959, on inaugure l’orgue avec un grand concert de musique sacrée. En 1964, on mène des travaux de restauration du bâtiment, qui commence à prendre l’âge.

Un premier incendie survient en 1969. Une partie de l’intérieur de l’église est endommagée, mais on arrive à sauver l’essentiel et réparer les dégâts.

L’église en flammes

Mais le brasier fatidique survient le 12 avril 1973, en plein après-midi. Malgré l’intervention des pompiers, l’église est une perte totale. Le feu était d’une grande intensité. De spectaculaires photos, prises par le photographe François Ruph, témoignent de la force du brasier.

Jean-Pierre Lacasse a assisté à l’événement. J’étais voisin. Ma couverture a fondu quand ça a tombé, le clocher et tout, se souvient-il. J’étais chez un M. Beauchemin à faire des rénovations dans son sous-sol quand c’est arrivé. À un moment donné, je suis sorti et j’ai vu que l’église était en feu. Je suis allé chez moi. On ne pouvait rien faire. On avait des instruments de musique qui étaient au sous-sol de l’église parce qu’on faisait de la musique de temps en temps pour les messes. On a tout perdu ça. On voulait aller chercher ça, mais les pompiers n’ont jamais voulu. Ça a été une perte totale. Il y avait un bel orgue à tuyaux, en haut, sur lequel ma mère a joué [pendant 25 ans]. Ça a tout brûlé. Perdre notre église… nous autres, on était attachés à ça. C’était la première église de Rouyn-Noranda.

Reconstruction

La reconstruction de l’église est lancée peu de temps par la suite. Mais entre temps, vers la fin de 1973 et le début de 1974, la nouvelle église, qui demeure à construire, se voit remettre le titre de future cathédrale! Rouyn-Noranda devient officiellement un diocèse indépendant et la paroisse St-Michel en sera le chef-lieu. Son église doit donc devenir cathédrale.

On va finalement inaugurer cette nouvelle église-cathédrale le 11 décembre 1976. En avril suivant, on fête le 50e de la paroisse.

En 1980, on termine la construction du clocher conçu dans le style puits de mine, en l’honneur de l’identité minière de la ville. On y installe un carillon de cinq cloches.

La musique à la rescousse

En bon paroissien, Jean-Pierre Lacasse décide d’y mettre du sien. Il enregistre une chanson en l’honneur de l’église et de ses cloches et lance un 45 tours. Les profits des ventes vont directement à l’église pour payer le carillon à cinq cloches.

Un couple âgé sourit à la caméra devant un piano dans leur salon.
Jean-Pierre Lacasse et sa femme, Aline Girard-Lacasse, en 2019 Photo : Radio-Canada/Félix B. Desfossés

Il faut dire que M. Lacasse était un musicien chevronné. Né en 1939, originaire du village de Laferté, il commence à jouer de la musique à l’âge de quatre ans et fonde son premier orchestre à l’adolescence, en 1962, avec son frère et son neveu. Ils se nomment Les Castels. Ils vont immédiatement décrocher plusieurs engagements dans les noces, hôtels et salles de danse de la région, et même jusqu’à Matagami. L’orchestre Les Castels est en activité durant 25 ans! C’est donc dire que leur aventure se termine en 1977.

Une photo d'archives montre un groupe de musique dans les années 60.
Les Castels à leurs débuts, groupe de Jean-Pierre Lacasse (à droite) de 1962 à 1977. Il était batteur et chanteur à la fois.   Photo : gracieuseté

Bien que Jean-Pierre Lacasse, chanteur et batteur à la fois de la formation, composait des chansons pour le groupe, ils n’ont pas eu la chance de commercialiser un 45 tours.

Donc, en 1980, quand vient le temps de produire ce disque, c’est sous son propre nom que la chanson va paraître, mais il s’entoure d’une belle équipe et c’est directement au sous-sol de l’église que l’enregistrement se déroule. Il a d’ailleurs l’aide d’une partie de la chorale St-Michel, que M. Lacasse dirigeait lui-même durant de nombreuses années!

J’ai fait un 45 tours qui s’appelait Un carillon. J’ai été chercher avec les ventes peut-être une couple de mille piastres pour les aider. Avec ça, on a été capable de se mettre des cloches et tout. Avec mon neveu et son orchestre, qui s’appelait Maximum 30, ma soeur, ma fille, on a enregistré ça à l’église St-Michel direct, au sous-sol. C’est Dany Savage, qui a ensuite travaillé avec Céline Dion, qui a enregistré ça, se rappelle M. Lacasse.

Un 45 tours s'intitule « Un carillon », parles et musique de J. P. Lacasse.
Jean-Pierre Lacasse avait enregistré un 45 tours pour financer la reconstruction de l'église St-Michel. Photo : Radio-Canada/Félix B. Desfossés

En face B du 45 tours, on peut entendre un bref historique de la paroisse St-Michel raconté par le curé de la paroisse, André Bernard.

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