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Lucien Phillion, le comptable pianiste d'Amos

Région zéro 8

Avec Félix B. Desfossés

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Lucien Phillion, le comptable pianiste d'Amos

Audio fil du mardi 19 mars 2019
Une photo d'archives en noir et blanc montre un homme en train de jouer du piano, entouré d'autres hommes.

Lucien Phillion, comptable de jour, musicien de nuit

Photo : Archives de la famille Phillion

La dernière campagne publicitaire de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA), dont le slogan est « Je suis plate », présente le profil de plusieurs comptables qui sont tout sauf plates. L'Abitibi-Témiscamingue a aussi eu son « comptable pas plate », qui a marqué le secteur d'Amos. Lucien Phillion était comptable de jour et musicien la nuit.

Un texte de Félix B. Desfossés

Dans le secteur d’Amos, il s’était forgé toute une réputation de bout-en-train et d’entertainer. Le pianiste a même donné à la région deux filles qui se sont aussi illustrées en tant que pianistes dans des sphères complètement différentes.

De Timmins à Amos

Lucien naît dans le village de Notre-Dame-de-la-Salette, dans l’Outaouais, en 1907. Il apprend le piano de manière autodidacte à partir de l’enfance. C’est à Timmins, en Ontario, qu’il fonde sa famille avec sa femme. Ils ont six enfants. Là-bas, M. Phillion est déjà impliqué dans le domaine de la musique, notamment en dirigeant une chorale.

En Outaouais et en Ontario, il accumule un bagage musical riche et varié. Son talent s’étend du ragtime aux chants religieux en passant par la chanson à répondre.

Cependant, au milieu des années 40, les temps sont durs à Timmins. En 1946, la famille Phillion déménage de l’Ontario vers Amos, où Lucien se trouve un emploi comme comptable pour une entreprise forestière. Il s’était fait la main avec les chiffres en travaillant dans l’épicerie de sa mère et ayant travaillé dans une banque en Ontario.

Quand ils partent d’Ontario, tout ce qu’ils ont comme possessions, c’est un poêle… et un piano! La musique est centrale à la vie familiale.

Comptable et enterntainer

Une fois installé en Abitibi, le père de famille s’implique beaucoup dans la communauté, notamment dans plusieurs club sociaux. Lucien Phillion devient un comptable bien en vue et respecté dans le secteur.

En parallèle, il se forge aussi une grande réputation d’entertainer. Il est vu régulièrement à l’Hôtel Queens d’Amos. Là-bas, il a l’habitude de prendre place derrière le piano droit et les clients de s’attrouper autour de lui pour l’écouter et pour chanter avec lui.

De cette manière, le dessus du piano se remplissait de bière, explique Claire Phillion. Elle ne cache pas du tout que son père aimait fêter et boire un coup. Il aimait être au centre de la fête et il donnait tout un spectacle. Un véritable clown, assure sa fille.

Un vieil homme joue du piano, une femme et un jeune homme à ses côtés, chantant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lucien Phillion au piano à la fin de sa vie

Photo : Archives de la famille Phillion

Dans les partys de famille, le scénario était le même : tout le monde se réunissait autour du piano et chantait avec lui chansons à répondre, cantiques de Noël et autres ritournelles.

Claire Phillion affirme que son père jouait si souvent du piano à la maison que l’endroit où il tapait du pied sur le plancher était devenu tout rond, creusé, avec le temps.

Que ce soit son public familial ou encore son public d’hôtel, tous avaient l’habitude de lui faire des demandes spéciales. Et l’une de demandes qui revenaient le plus souvent, c’était pour l’une de ses compositions. Elle s’intitulait Take a trip to Montreal.

Passeurs de passion

M. Phillion a initié toute sa famille à la musique. Lui-même, ainsi que ses six enfants, faisaient partie de la fanfare d’Amos.

Deux de ses filles sont devenues des musiciennes reconnues. C’est peut-être là l’héritage musical le plus tangible laissé par Lucien Phillion.

Premièrement, Claire Phillion Murphy a développé un énorme talent en musique classique. Elle fait partie de l’Ensemble Telemann, notamment à titre de claveciniste, qui monte plusieurs spectacles de musique classique à compter de la fin des années 60 et durant une bonne partie des années 70. Elle obtient un baccalauréat et une maîtrise en musique à l’Université de Montréal.

Des musiciens et des choristes sont rassemblés autour d'un piano dans les années 60.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claire Phillion, au clavecin, et l'Ensemble Telemann

Photo : Archives de la famille Phillion

Elle va ensuite devenir enseignante de piano à l’école En Sol Mineur de Rouyn-Noranda ainsi qu’au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. De cette manière, elle offre à des centaines de jeunes pianistes de la région sa passion, la technique et la rigueur nécessaires pour apprendre à maîtriser cet instrument.

Avec les années, elle s’implique dans l’Ensemble d’Aiguebelle, avec qui elle monte aussi plusieurs spectacles qui ont pu être vus et entendus un peu partout dans la région. Elle reçoit même une médaille commémorative du jubilé de la reine Elizabeth II, en 2012, pour l’ensemble de sa carrière!

Soeur Edna

Par ailleurs, Mme Phillion Murphy affirme avoir commencé à apprendre non seulement en regardant son père jouer, mais aussi en observant sa soeur aînée, Edna.

Cette dernière a connu une grande carrière par la suite… de chanteuse grivoise dans un personnage de religieuse! Elle a lancé des disques et elle a fait le tour du Québec!

Abitibi-Témiscamingue inusitée; Consultez toutes les chroniques

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