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Claude Bernatchez
Audio fil du mercredi 22 août 2018

Crise au Venezuela : « Le peuple est en train de crever de faim »

Publié le

Claudia Delgado, en studio
Claudia Delgado, Vénézuélienne d’origine   Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Le Venezuela est confronté à une grave crise politique et économique depuis plus un an. En raison de l'inflation, il faut maintenant des millions de bolivars pour acheter des produits de tous les jours. Le plan de relance de l'économie lancé lundi par le président Nicolas Maduro ne change rien au désir de plusieurs de fuir le pays. Claudia Delgado, Vénézuélienne d'origine qui habite Québec depuis 21 ans, s'inquiète pour ses parents qui résident toujours dans son pays natal.

Au Venezuela, présentement, ce n'est pas compliqué. Les besoins de base ne sont pas comblés. L'eau, la nourriture et les médicaments sont inexistants. Le peuple est en train de crever de faim, de mourir. Certains fuient vers le sud. Les plus chanceux fuient vers les pays du nord. C'est l'enfer, explique Claudia Delgado sans détour.

Ce n'est pas que les plus pauvres qui ont de la difficulté à se nourrir au Venezuela, précise-t-elle. C'est l'ensemble de la population.

Mes parents ont été des professionnels, enseignants à l'université, mais avec l'inflation ils se sont endettés et ont tout perdu. Ils ont la chance d'avoir une maison déjà payée, mais si ce n'était pas de nous ici au Canada qui leur envoyons de l'argent, ils n'arriveraient pas à acheter les médicaments pour l'Alzheimer de mon père ou même de la nourriture et de l'eau. Quand tu ouvres le robinet, il n'y a pas d'eau.

C'est en novembre 2017 que la crise a atteint un point de non-retour pour ses parents, raconte la Québécoise d'adoption, elle-même mère de trois enfants. Ils ont appelé pour dire qu'ils n'avaient pas mangé depuis une semaine.

Captifs de leur propre pays

Depuis, la situation ne fait qu'empirer. Les Vénézuéliens ne pouvant désormais plus faire d'appels à l'étranger, Claudia Delgado ne réussit à parler à ses parents qu'à l'occasion grâce à internet.

Étant citoyenne canadienne, elle peut tenter de faire venir ses parents au Canada légalement, explique-t-elle. Mais c'est une loterie. Il y a 200 places chaque année. Ça fait quelques années que l'on applique et la chance n'a pas été de notre côté.

En raison de la maladie de son père, impossible pour lui de quitter le Venezuela en traversant la frontière à pied, ajoute-t-elle.

Comme bien d'autres Vénézuéliens, ses parents sont donc captifs de leur propre pays en crise. Le peuple s'est résigné. On ne voit plus d'espoir.

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