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Claude Bernatchez
Audio fil du mardi 5 juin 2018

Éruption du Fuego: manque de surveillance au Guatemala

Publié le

Le Volcan de Fuego en éruption.
Le Volcan de Fuego est entré subitement en éruption dimanche soir.   Photo : The Associated Press / Santiago Billy

Si l'éruption du volcan guatémaltèque Fuego a fait autant de dégâts, c'est en partie parce que le Guatemala manque de ressources de surveillance de l'activité volcanique. La volcanologue québécoise Julie Roberge décortique le problème à notre micro.

« Le volcan n’est pas très surveillé. Si l’on compare avec Hawaii, qui a des centaines de volcanologues et de gros budgets pour s’occuper du volcan, ce n’est pas vraiment le cas au Guatemala. Ils ont peut-être deux volcanologues pour tout le pays », explique la professeure à l’institut polytechnique de Mexico.

Rappelons que l’éruption du Fuego, dimanche, a fait au moins 69 morts et blessé plus d’une centaine de personnes, selon les plus récents chiffres publiés par Reuters. L’éruption du volcan situé à proximité de la ville coloniale touristique d’Antigua est la plus violente enregistrée au Guatemala depuis plus de 40 ans.

Julie Roberge assure toutefois que l’éruption aurait pu être anticipée au même titre que celle en cours depuis le 3 mai au volcan Kilauea d’Hawaii. « Quand on a des sismomètres installés autour du volcan, on peut voir le mouvement du magma en-dessous. Mais comme le Guatemala n’a vraiment pas beaucoup de ressources, il n’y a pas beaucoup de systèmes de surveillance. Même que je ne suis pas certaine qu’il y en a tout court. »

Membre de l’équipe attitrée à la surveillance du volcan Popocatepetl, au Mexique, la Québécoise explique que l’évacuation des secteurs à proximité d’un volcan actif n’est pas toujours simple, certains habitants moins fortunés étant réticents à quitter leur chez-soi.

« Il y a toujours beaucoup de gens qui vivent sur les volcans, des fermiers en particulier, parce que le sol volcanique est très riche et donc fantastique pour cultiver. C’est difficile lorsqu’on parle avec ces gens-là parce qu’ils vont nous dire que le volcan les nourrit et s’occupe d’eux. »

Or, bien que l’éruption d’un volcan comme le Fuego ne produit pas de rivières de lave, le danger demeure bien réel. « Ce type de volcan a une lave très visqueuse. Elle ne coule pas et le gaz à l’intérieur n’est pas capable de sortir, alors ça explose. Ce qui cause des avalanches de gaz et de blocs qui peuvent aller jusqu’à la taille d’une voiture », explique l’experte originaire de Nicolet.

Les nuages de fumée blanche et grise que l’on a pu apercevoir sur certaines vidéos en provenance du Guatemala se déplacent à une vitesse allant « jusqu’à 200km/h et atteignent des températures de 700-800°C. » Des « coulées pyroclastiques » qui deviennent encore plus dangereuses lorsque la pluie s’en mêle, comme ce fût le cas lundi au Guatemala.

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