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Claude Bernatchez
Audio fil du jeudi 3 mai 2018

Et si Jean Barbe recevait le Prix Nobel de littérature...

Publié le

Jean Barbe, en studio
L’écrivain Jean Barbe   Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

Discours de réception du Prix Nobel est le titre du plus récent ouvrage de Jean Barbe. Dans ce livre d'une soixantaine de pages, l'auteur prend plaisir à imaginer l'allocution qu'il tiendrait s'il recevait un jour ce prix prestigieux, tout en offrant au lecteur une réflexion sur la culture.

« Qu’on s’entende tout de suite, il y a fort peu de chance que je le reçoive un jour. L’idée n’était pas de me mettre en valeur, mais il y a très peu d’occasions dans la vie où l’on peut tenir un discours ramassé dans lequel on fait le point sur ce que l’on pense du monde et de la culture », se défend d'emblée l'écrivain.

Dans ce discours, l'état de la culture au Québec, mais aussi à l'international, est toujours en filigrane des réflexions de Jean Barbe.

« Depuis plusieurs années, je vois évoluer le monde et la société et je vois évoluer le fossé grandissant entre ceux qui aiment la culture et ceux qui ne l’aiment pas et de plus en plus s’en méfient. »

L’auteur a observé ce fossé justement au moment du décès de Réjean Ducharme. À la suite de la publication d’un sondage révélant que 25 % des Québécois connaissaient l’auteur de L'Avalée des avalés,

Jean Barbe avait remarqué d’une part le désintérêt d’une grande partie de la population pour la littérature et le jugement sévère de la communauté artistique envers cette « inculture ».

« 25 % des Québécois qui connaissent un auteur qui n’a jamais voulu être vu, ce n’est pas si mal », relativise-t-il.

Il s’agit-là de l’un des filons de Discours de réception du prix Nobel, qui se penche également sur les causes de cette escalade des positions et sur l’effritement du discours commun.

Jean Barbe cible les réseaux sociaux, qu’il perçoit comme le lieu d’exaltation d’un moi virtuel narcissique prisonnier d’une logique qui nous encourage à consommer.

« Le problème, c’est que si le produit est gratuit, c’est nous le produit, et les réseaux sociaux nous forment comme produit et nous rendent incapables d’être autre chose que des clients », peste-t-il.

Pour l’auteur, cette logique est pernicieuse, car elle fonctionne à l’inverse de la logique de réflexion nécessaire à l’appréciation de la chose culturelle.

« Lire un livre de 600 pages, c’est difficile, car on s’ouvre à un monde », résume-t-il.

Jean Barbe présentera ses réflexions entourant ce discours à la Librairie Laliberté, jeudi soir, 19 h.

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