Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Claude Bernatchez
Audio fil du jeudi 14 septembre 2017

Islamophobie : un colloque s'ouvre à l'Université Laval

Publié le

« L'islamophobie n'est PAS la réponse », dit cette affiche brandie lors d'un rassemblement de Donald Trump, pendant la campagne présidentielle de 2016.
« L'islamophobie n'est PAS la réponse », dit cette affiche brandie lors d'un rassemblement de Donald Trump, pendant la campagne présidentielle de 2016.   Photo : La Presse canadienne / Sue Ogrocki

L'Université Laval sera l'hôte dans les prochains jours d'un Colloque international sur l'islamophobie. Cette discussion tombe à point alors que les gestes haineux se multiplient à l'endroit de la communauté musulmane et que ses membres réclament une consultation publique sur cette question.

Un texte de Jean-Simon Fabien

Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur au département d’anthropologie et organisateur du colloque, a bien détaillé les enjeux qui intéresseront les chercheurs qui participent aux conférences jeudi et vendredi.

Pour une bonne compréhension du phénomène, il est nécessaire de s’appuyer une définition du phénomène, croit-il.

« L’islamophobie est d’abord une question de pouvoir. Un ensemble de discours d’action qui essaient d’inférioriser, j’irais même jusqu’à dire une déshumanisation et une animalisation des musulmans », précise le professeur.

M. Mekki-Berrada trace d’ailleurs une ligne claire pour déterminer ce qui est d’une part un débat dans un état de droit, et de l’autre, un discours haineux incitant à l’humiliation et à l’insulte. « Dans ce cas, on parle d’actes criminels », ajoute-t-il.

Pour l’organisateur du colloque, il doit y avoir une condamnation ferme, sans ambiguïté de l’islamophobie qu’il classe comme une forme d’extrémisme. M. Mekki-Berrada estime également qu’on n’intervient pas suffisamment pour dénoncer les comportements haineux de certains groupes.

L’islamophobie est une forme de radicalisation violente, ou menant à la violence. Il faut donc la traiter comme telle à l'instar d’autres formes de radicalisation violente.

Mais le chercheur évite toute forme de généralisation à propos de la montée de ces groupes identitaires : « un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse » analyse-t-il en insistant sur le caractère pacifique de la société québécoise.

« L’islamophobie émerge-t-elle comme une réaction désespérée face à une souffrance collective? demande M. Mekki-Berrada. On peut se demander si les musulmans ne sont pas des boucs émissaires. D’où l’importance d’être à l’écoute de la colère et de la souffrance », propose-t-il.

C’est pour cette raison que l’universitaire se questionne sur le bien-fondé de lancer un processus de consultations publiques.

« C’est une arme à double tranchant. Parce qu’elle peut réveiller des tensions, les exacerber? Mais si c’est fait noblement, ça peut mettre en valeur ces nouvelles solidarités, ces résistances, ce souhait de vivre ensemble », conclut-il.

Le colloque sur l'islamophobie se tient le jeudi 14 et le vendredi 15 septembre, à la salle 4512 du pavillon Maurice-Pollack de l’Université Laval.

Chargement en cours