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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 12 octobre 2018

La carrière florissante de Simon Boulerice

Publié le

L'auteur Simon Boulerice
Simon Boulerice a rarement été tant occupé depuis qu'il s'est départi de son agent.   Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Depuis sa première visite à l'émission, déguisé en chauve-souris pour l'Halloween en 2011, le poète et romancier Simon Boulerice est devenu un incontournable du milieu artistique québécois. En dix ans de carrière, il a maintenant une quarantaine d'œuvres à son actif, dont beaucoup de livres jeunesse, en plus d'être comédien, dramaturge et metteur en scène. Il répond à la Liste de l'invité.

Simon Boulerice sera ce soir avec France Beaudoin à l’émission Pour emporter sur ICI ARTV à 20 h. Son nouveau roman jeunesse, Je t’aime beaucoup cependant, a été publié à Leméac Éditeur le mois dernier. L'auteur fait aussi partie des collaborateurs de l’émission Cette année-là, animée par Marc Labrèche, présentée les samedis à 20 h à Télé-Québec.

Quel mot vous décrit?
Ferveur. J’entends enthousiasme, ardeur, passion, pis ça fite, je trouve.

Quelle est votre devise?
Une citation qu’on attribue souvent à Albert Einstein : « Pose ta question, tu seras idiot une seconde. Ne la pose pas, tu seras idiot toute ta vie. »

En quoi excellez-vous?
Donner des conférences devant des enfants. Sérieux, je pense que je torche, alors qu’au départ, ça me faisait tellement peur.

Quel est votre mot préféré?
Vélocité. C’est tellement sensuel. Et plein de mots en V, comme véranda, vacuité, vaste, vaillance…

Et celui que vous aimeriez bannir?
Aucun mot ne mérite d’être banni. Certainement pas le mot « scrotum », pauvre petit scrotum, pourquoi est-il mal aimé comme ça?

Qu’y a-t-il sur votre table de nuit?
Une tonne de livres, avec un assortiment de marqueurs pour souligner dedans. Je matche souvent la couleur à une tonalité dans la couverture du livre.

Quelle lecture a fait votre éducation sentimentale ou amoureuse?
Tonio Krogerde, de Thomas Mann : un livre sur la déception de ne pas être aimé des gens qu’on adore.

Quelle lecture obligatoire a été une torture?
J’ai lu Les mots et les choses, de Michel Foucault, trop jeune, je pense. En tout cas, à 19 ans, ça m’a échappé, ça me tombait des mains. Après avoir lu Ce qu’aimer veut dire, l’hommage de Mathieu Lindon à Foucault, il serait temps que j’y replonge.

Quelle écrivaine ou quel écrivain inviteriez-vous à souper?
Violette Leduc, si elle était encore en vie, et Sylvia Plath aussi.

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle vous a le plus troublé?
Je suis une mouette, non ce n’est pas ça, d’Anton Chekhov, pour la tirade d’Annick Bergeron qui m’a donné envie de devenir comédien.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer?
Joséphine « Jo » March, dans Les quatre filles du docteur March, jouée par Winona Ryder en 1994. Généreuse, frondeuse, audacieuse, féministe avant l’heure, je voudrais être son meilleur ami.

Quelle est la perle littéraire dont personne ne parle?
Un essai sur le mime publié au Noroît, écrit par Gabrielle Giasson-Dulude : Les chants du mime. C’est brillant, c’est beau, c’est fouillé, c’est politique, c’est poétique. J’avais peur que ça passe sous le radar, mais j’ai appris la semaine passée qu’elle était nommée pour le Prix du Gouverneur général.

Quelle chanson vous représente?
Voir un ami pleurer, de Jacques Brel, car sur l’échelle de la dévastation, parmi les guerres et le désarroi ambiant, voir un ami brailler sa vie, ça te dévaste une joie!

Avez-vous le souvenir d’un spectacle exceptionnel, d'une performance inoubliable?

Toute la carrière de Kathleen Fortin. C’est la comédienne la plus polyvalente qui soit. Elle passe de la truculence à la fragilité comme personne. Je pense entre autres à sa prestation dans Le brasier, de David Paquet, qui m’avait jeté sur le cul.

Quel film vous a fait pleurer?
Une ligue en jupon, que j’ai vu au cinéparc, enfant. Quand Geena Davis revoit sa sœur, des années plus tard, c’était trop pour moi. Je me suis bruyamment liquéfié. Mon père ne comprenait pas. Il me répétait : « Mais criss Simon, c’est une comédie, c’te film-là! » Je l’ai revu il y a 4 ou 5 ans, ça passait à la télé. Ben, criss, j’ai rebraillé ma vie.

Quelle expression vous exaspère?
« Y en aura pas de facile » : Ça sonne tellement victimisant, ou faiblard.

Quel texte pouvez-vous réciter par cœur?
J’ai joué Achille dans Iphigénie, de Racine, à l’école de théâtre, et les premiers vers sont toujours présents en moi. Et je réentends la voix de Catherine Bégin, qui me dirigeait. D’ailleurs, les citations les plus vives en moi sont celles de Catherine Bégin.

À qui voudriez-vous adresser un mot d’excuse?
À Johanne Fontaine. Mon Dieu que j’ai aimé cette femme pleine de vitalité. Elle m’a enseigné à l’école de théâtre. Je l’ai côtoyée beaucoup en sortant de l’école. Elle m’invitait à manger chez elle, je l’invitais au théâtre. Je lui ai écrit un rôle principal dans ma pièce Peroxyde, mais faute d’argent, j’ai renoncé à monter la pièce, dans laquelle elle a irradié lors de la lecture publique au Quat’Sous. Puis, d’année en année, la vie m’a emmené dans un tourbillon, comme le chantait Jeanne Moreau, et je ne l’ai pas vue autant que je l’aurais voulu. Hier, quand j’ai reçu une alerte sur mon iPhone, après avoir donné une conférence dans un cercle de lecture à L’Assomption, j’ai pleuré en me disant que j’aurais dû passer un dernier moment avec elle. La dernière fois que je l’ai vue, c’était dans les coulisses des Dieux de la danse. Je l’ai prise dans mes bras, mais je ne lui ai pas dit à quel point elle m’a fait du bien, à l’école de théâtre. Elle m’a toujours vu comme un créateur unique, alors qu’à l’école, je me sentais déprécié pour ma technique imparfaite.

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