Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 3 octobre 2018

Biz en quête du mot juste

Publié le

Il regarde vers le ciel.
L'auteur et rappeur Biz   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Ça prend toute la place : l'écriture elle-même, c'est quelques heures, mais la réflexion qui mène à l'écriture, c'est du temps plein. » Biz accorde énormément de place à la littérature dans sa vie. Le prolifique auteur et rappeur fait un doublé en publiant Cadillac, un roman sur l'éloge de la survivance d'un peuple, et C'est Flavie, un livre jeunesse qui aborde le quotidien d'une jeune fille de 6 ans. Au studio 18, il se prête au jeu du questionnaire « Pourquoi j'écris? ».

Pourquoi j'écris?

À quel âge avez-vous écrit votre premier texte?
À 8 ans. Un petit recueil qui s’appelait Les dinosaures.

Vos parents étaient-ils fiers de vous?
Tout à fait. Mon père a relié et photocopié cet ouvrage en 10 exemplaires, que j’ai vendus 1 $ chacun à ma parenté à Noël. Je vivais de mes droits d’auteur pour la première fois.

Qui vous a donné votre première chance, vous a donné confiance?
Un professeur de littérature fantastique au Cégep Garneau : monsieur Laurier Veilleux. Il m’a encouragé à continuer d’écrire et à publier. Sinon, ma vraie première chance, c’est mon éditeur Jean Barbe qui me l'a donnée. Il a deviné avant moi que j’écrirais des livres.

Quel est le meilleur conseil qu'on vous a donné?
Jean Barbe m’a dit : « Arrête de faire du rap. La littérature, ce n’est pas du rap. Laisse tomber les allitérations et les jeux de mots. »

À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?
Peut-être après mon troisième roman, Mort-Terrain. Je venais de gagner le prix France-Québec et je revenais d’une tournée en Europe, où personne ne savait que j’étais rappeur. C’est la première fois que j’ai indiqué que ma profession était écrivain sur le formulaire de douane du retour.

Quel autre métier avez-vous exercé?
Camelot, moniteur de camp de vacances, agent de recherche au Service des loisirs de la Ville de Québec et rappeur.

Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première œuvre publiée?
Une très grande fierté, évidemment. L’idée de l’accouchement sonne comme un cliché, mais c'est réaliste. J’étais très content de la couverture de Dérives, un dessin commandé à un ami, Niko Henrichon, éminent illustrateur, qui a notamment travaillé pour Marvel. C’est un livre qui m’a fait du bien en me remettant en mouvement pendant ma dépression. Il a été très bien reçu par la critique et le public.

Quelle est votre motivation quotidienne?
Je n’écris pas chaque jour. Mais je m’impose chaque jour de réfléchir sur la condition humaine.

Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail?
Exprimer des idées, générer des images et des émotions avec de simples mots. Faire pleurer ou faire rire physiquement une personne avec de l’encre sur du papier, ça tient de la sorcellerie.

Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier?
Je trouve que La chaleur des mammifères est un roman complet, avec une bonne histoire, de bons personnages et des réflexions sociales pertinentes. Je crois que ce livre va bien vieillir.

Quel est le texte, la phrase, le dialogue dont on vous a le plus parlé?
Dans Naufrage, le moment où le père découvre son enfant mort de chaleur dans l’auto. Le roman bascule à ce moment.

Écrivez-vous à voix haute?
Oui. J’ai un peu de Flaubert en moi. Il faut que ça sonne vrai.

Y a-t-il un mot ou une ponctuation que vous affectionnez particulièrement, que vous aimez écrire?
Le point-virgule est mon ami. J’aime l’idée de deux phrases liées, mais distinctes.

On ne parle que de soi : commentez.
Batlam [Sébastien Ricard] a déjà dit : « On écrit pour soi, mais vers l’autre. » Je suis assez d’accord avec ça.

Y a-t-il un lieu ou une ville qui vous inspire?
La forêt m’apaise et m’inspire. Le bruit de l’eau accroît ma concentration. J’ai d’ailleurs une petite fontaine sous la fenêtre de mon bureau. Je réfléchis souvent à mes histoires dans des spas.

Avez-vous expérimenté la création sous influence?
Oui, à l’adolescence.

Comment souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous?
Un homme de parole en quête du mot juste.

Chargement en cours