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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 29 août 2018

Le monde vu par Martine Delvaux

Publié le

Elle sourit à la caméra.
L'autrice et professeure au Département de littérature de l’Université du Québec à Montréal Martine Delvaux   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« Quand j'ai l'impression que tout va mal, ce qui me reste, c'est d'écrire. Ce qui me reste, c'est de fabriquer des choses avec des mots. On oublie la puissance de pouvoir créer. » Même si le monde brûle, l'autrice et essayiste Martine Delvaux trouve refuge dans les mots. Oscillant entre pessimisme et optimisme, elle répond à notre questionnaire « Le monde vu par ».

Le monde vu par Martine Delvaux

Comment va le monde aujourd’hui selon vous?
Il ne va pas très bien. On dirait que cet été, mon optimisme a un peu fondu avec la chaleur.

Quelle nouvelle a retenu le plus votre attention aujourd’hui ou ces jours-ci?
La suspension d’Avital Ronell par l’Université de New York (NYU). Le texte de la poursuite de son ex-doctorant contre Ronell et NYU – il l’accuse de harcèlement et d’agression sexuelle.

Comment vous informez-vous?
Tous les matins avec les journaux puis les médias sociaux.

De quoi ne parle-t-on pas assez?
De l’environnement.

De quoi parle-t-on trop?
J’ai parfois l’impression qu’on a un os et qu’on ne le lâche pas, même s’il mérite d’être lâché, pour que la poussière retombe, pour que le discours se renouvelle.

Quelle cause voudriez-vous défendre?
Je défendrai toujours la cause de celles qui vivent en tant que femmes dans notre société. Je défendrai aussi celle des enfants et des adolescents. Ce n’est pas une période évidente pour eux et on a tendance à les caricaturer à outrance.

Quels sont les penseurs que vous consultez pour vous informer?
J’aime beaucoup la voix de certains chroniqueurs dans certains journaux. Mais j’aime surtout, je crois, quand des artistes ou des écrivains ou des philosophes prennent la parole sur les actualités. Quand on a ce regard-là qui arrive de l'extérieur des médias, comme Christine Angot, Virginie Despentes, Paul Preciado, Roxane Gay, Barbara Ehrenreich…

Qu’est-ce qui vous indigne?
La cruauté. Le plaisir que certains prennent à voir la douleur des autres. Une cruauté inavouable.

Qu’est-ce qui vous rassure?
Qu’on puisse malgré tout continuer à créer, à penser.

Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir?
En ce moment, pessimiste. Optimiste, malgré tout, en ce qui concerne le féminisme. Mais pessimiste en ce qui concerne l’avenir de cette planète.

Qu’est-ce qui pourrait mener le monde à sa perte?
L’humain va mener le monde à sa perte. Je ne vois pas comment on va s’en sortir. Notre cupidité, notre désir de pouvoir, de gloire, notre désir de posséder... Tout ça va nous mener à notre perte. Et on l’aura malheureusement cherché.

Qu’est-ce qui pourra le sauver? Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir?
Je ne sais pas… Je ne sais pas ce qui aurait le pouvoir de nous rendre conscients. J’espère qu’une certaine colère nous emportera et qu’elle sera assez grande pour, par exemple, élire des gens qui ont en tête de protéger l’avenir de nos enfants.

Quel problème social vous préoccupe le plus?
L’environnement.

Quel pays ou région du monde vous inquiète?
Les États-Unis. L’imbécile qui est à la tête de ce pays, le racisme qui traverse l’histoire et l’actualité de ce pays, les inégalités sociales, la violence policière, les fusils.

Quel pays ou région du monde vous inspire ou vous attire?
Les États-Unis. Sa diversité, son perpétuel optimisme, le fait qu’on y trouve une population qui se bat sans relâche contre ce qui justement m’inquiète. J’adore les États-Unis. Je n’ai pas cessé d’y aller parce que Trump dirige. Je ne le boycotte pas. Je sais que c’est une position qui n’est pas partagée par tout le monde. Mais c’est la mienne. Je la maintiens parce que ce pays, je l’aime avec tout ce qu’il est. Ses contradictions. Ses paradoxes. J’y ai vécu, j’ai voulu m’y installer pour toujours. Je regrette souvent de ne pas l’avoir fait. J’ai vu de l’intérieur combien c’était complexe. Douloureux.

Quels pays avez-vous visités?
J’ai un attachement pour des villes, et pour certains lieux qui ont marqué mon imaginaire. Rome, bien sûr, et New York. Mais aussi l’Irlande, la Corse, le Pays basque… des lieux de lutte. Des lieux où il reste quelque chose comme une indignation.

Dans quel pays ou région du monde avez-vous fait les rencontres les plus marquantes?
Aux États-Unis. J’ai l’impression de retourner chez nous.

Quel regard portez-vous sur nos dirigeants?
Les dirigeants vont forcément se tromper, vont forcément nous décevoir et nous laisser tomber.

De quel leader devrait-on parler plus souvent?
Je voudrais qu’on parle de femmes élues, non pas pour essayer de les faire tomber, mais pour essayer de voir comment, peut-être, elles font les choses autrement.

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