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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mardi 22 mai 2018

Entrevue d'une heure : repenser le monde avec Alain Deneault

Publié le

Il porte une chemise blanche et des lunettes rondes
L'intellectuel et auteur Alain Deneault   Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

« On a vu à quel point la machine judiciaire est un tordeur pour l'esprit, qui permet très mal la liberté d'expression. Pendant plus d'un an, le seul livre que je pouvais lire et avec lequel j'étais en phase était Le procès, de Kafka. » L'essayiste et philosophe Alain Deneault revient sur son combat contre les firmes Barrick Gold et Banro, vivement critiqués dans son ouvrage Noir Canada. Pendant une heure, il se questionne sur les dérives et les frasque d'un capitalisme « dysfonctionnel » et en appelle à une prise de conscience collective pour le repenser.

Sur un capitalisme affolé et qui sent la fin venir, Alain Deneault dit ceci : « D’un point de vue écologique, il ne peut pas tenir. Les déserts avancent, l’érosion des sols est sans retour, les glaciers fondent, on perd une Belgique en forêt par année sur la Terre, en Allemagne 75 % des insectes ont disparu, un tiers des abeilles en Amérique, 30 % des oiseaux de chant en France...

[...] On en est à chercher du pétrole dans la boue en Alberta; du gaz dans les cailloux; de l’or dans des cratères immenses dans lesquels on pourrait insérer la tour Eiffel. On va chercher quelques lingots après avoir tout détruit sur son passage, on voit bien qu’il y a un désespoir du capital pour maintenir son régime. Le capitalisme ne va pas disparaître, mais il va se contracter au profit d’une poignée de privilégiés. Il faudra repenser les choses. Je suis enjoué dans cette idée que dans l'effritement de ce système dysfonctionnel, il y aura une chance de générer autre chose. »

Faire l’économie de la haine, Alain Deneault, Écosociété, avril 2018
Résumé de l'éditeur : Point de haine de l’économie là où on nous fait aimer l’argent, à tout prix. Point de haine de l’économie, mais une économie de la haine. Le programme : faire l’économie de la haine. Haïr sans qu’il n’y paraisse. Ainsi s’investit-on dans l’asservissement à l’argent. Sous les données, sous les calculs et sous la spéculation : des crimes, du sang, du vol et des morts, mais assourdis par ce savoir économique et ses prérogatives légales.

Car l’argent fait écran : faut-il délocaliser des usines, licencier du personnel, polluer des rivières, contourner le fisc, soutenir des dictatures ou armer des chefs de guerre pour que le prix d’une action monte en Bourse? Cette culture de l’argent nous autorise précisément à faire l’économie de ces questions, sur le mode de l’autocensure. Alain Deneault tire un à un les fils de cette censure diffuse, pour s’émanciper du filtre marchand qui codifie le social.

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