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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 2 mars 2018

Pierre Morency : trouver la sérénité dans la poésie et la nature

Publié le

Le poète né en 1942 écoute Marie-Louise Arsenault.
Le poète Pierre Morency présente son recueil, Grand fanal.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

« Le serein qui tombe le soir » est une expression que Pierre Morency affectionne particulièrement. Il s'agit de ce moment de sérénité qui, tout d'un coup, enveloppe la nature et les êtres; moment que le poète cherche à atteindre par l'écriture. Son nouveau recueil, Grand fanal, célèbre le vivant sous toutes ses formes, avec la délicatesse et la sagesse de celui qui a vécu. De sa voix grave, il en lit quelques extraits, accompagné par son confrère poète Jean-Paul Daoust.

Le poète maintes fois primé reconnaît ne pas toujours avoir été serein. « J’ai été limé par le temps, révèle-t-il. Si jamais la poésie peut servir à quelque chose, c'est de mieux se connaître et de trouver plénitude dans le monde. »

Grand fanal, une exploration de son domaine
Avec ce dernier recueil, l'écrivain poursuit la démarche qui est sienne depuis Les Paroles qui marchent dans la nuit (1994), « l'exploration du domaine ». Il entend par là une démarche le poussant à s'intéresser à tout ce qu'il y a autour de lui, à tout ce qui est en lui, et aux relations entre lui et l'univers qui l'entoure. Pierre Morency est particulièrement interpellé par les êtres vivants qui peuplent le monde. « C’est peut-être cela la poésie : donne la parole à toutes ces réalités vivantes qui n’ont pas la parole et qui l’ont par nous. »

Extraits

DEMANDEZ-LUI

Dans le noir le plus noir de la nuit la plus noire,
il mûrit un chant sans musique. Puis l’aube venue
il prend son essor. Il vole un moment au-dessus de
la ville, traverse en silence l’intérieur des maisons,
pose parfois des nids dans la chambre des fêtes ou
des souffrances, se nourrit de verbes et de visions,
sème les plumes qui le recommencent sans cesse.
C’est le migrateur migrant qui ne vient que pour
partir, l’oiseau-poète occupé à dire un monde à
même sa vie.

PÉRÉGRINATIONS D’UN SÉDENTAIRE

Parfois les mots sont torture
À qui tant les a poursuivis.
Le chien de mon voisin vient de mourir.
On l’a mis en terre avec sa laisse
Et la balle grise qui le faisait courir aux quatre
coins d’une vie restreinte.
Les mots sont lièvres chevauchant la tortue.

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