Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 2 mars 2018

Emmanuel Schwartz : rager contre la lumière qui s'éteint

Publié le

Emmanuel Schwartz porte une casquette et a l'air songeur.
Emmanuel Schwartz, l'air songeur.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

De retour à l'écran dans la websérie Écrivain public, Emmanuel Schwartz continue de combiner des démarches artistiques décloisonnées, du jeu à la danse contemporaine en passant par l'écriture. Il répond avec sensibilité au questionnaire « La liste de l'invité », où l'on apprend qu'il se passionne pour le rap, et que « tu as de la neige sur l'épaule » est sa phrase d'accroche de prédilection pour séduire.

Quel mot vous décrit?
Singulier.

Quelle est votre devise?
Rien n’est impossible – il faut le croire. Et ce vers du poème Do Not Go Gentle into That Good Night, de Dylan Thomas : « Rage against the dying of the light », pour l’espoir.

En quoi excellez-vous?
La procrastination

Quel est votre mot préféré?
Au moment de répondre, « talisman »

Et celui que vous aimeriez bannir?
Aisselle

Qu’y a-t-il sur votre table de nuit?
Malheureusement, mon cellulaire. J’en ai honte.

Quelle lecture a fait votre éducation sentimentale ou amoureuse?
C’était davantage par le cinéma que je me suis éduqué de ce côté-là. La guerre des tuques : « T’as de la neige sur l’épaule. T’as un trou dans ta mitaine », c’est la base pour moi.

Quelle lecture obligatoire a été une torture?
Le tartuffe m’a obligé à lâcher mon cours de français 2. Et pourtant, j’ai fini par le jouer!

Quelle écrivaine ou quel écrivain inviteriez-vous à souper?
David Mamet. Pour comprendre son virage à droite. Il a écrit ce texte dans le Village Voice : « Why I Am No Longer a ‘Brain-Dead Liberal’  »

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle, vous a le plus troublé?
Dernièrement, Twelve Years a Slave. C’est toujours aberrant de constater que ces injustices ont eu lieu tout près de nous, et qu’on en hérite encore.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer?
Yoda. Pour pouvoir déplacer des objets sans les toucher.

Quel est le livre que vous avez honte d'avoir lu?
Ça ne m’est jamais arrivé.

Quel est votre plus récent engouement artistique?
La poésie de Daria Colonna, les nouvelles tounes de Random Recipe, le film The Square.

Quelle chanson vous représente?
Mathematics, de Mos Def. Il a une liberté dans le phrasé qui est unique chez les rappeurs américains.

Avez-vous le souvenir d’un spectacle exceptionnel?
Idiot de Vincent Macaigne.

Quel est le film qui vous a fait pleurer?
Je pleure presque chaque fois que j’écoute un drame. C’est pourquoi j’en écoute peu.

Quelle expression vous exaspère?
J’adore les expressions, mais « le gros bon sens », ça n’existe pas.

À qui voudriez-vous adresser un mot d’excuse?
Aux opprimés, aux oubliés, aux marginalisés. Je voudrais leur expliquer que je ne sais pas pourquoi je suis né ici et comme je suis et dans ce contexte précis qui fait que je ne souffre pas des mêmes difficultés qu’eux. M’excuser de cette injustice et, peut-être, ouvrir une voie de résilience.

Quelle est la plus grande leçon que la vie vous a apprise?
Que l’humilité a bien meilleur goût. Que les amis et les proches sont précieux. Et qu’on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer.

Quel texte pouvez-vous réciter par coeur?
« Je t’écris », de Gaston Miron, tiré de L’homme rapaillé.

Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon cœur qui voyage tous les jours
— le cœur parti dans la dernière neige
le cœur parti dans les yeux qui passent
le cœur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi mon amour comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne.
quand donc aurai-je de tes nouvelles
Je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus

Chargement en cours