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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du mercredi 6 janvier 2016

La nanarophilie, une célébration du mauvais goût dans le cinéma

Publié le

Simon Laperrière et Antonio Dominguez Leiva
Simon Laperrière et Antonio Dominguez Leiva   Photo : ICI Radio-Canada/Louis-André Bertrand

Aux films bien réalisés avec une histoire qui se tient, Antonio Dominguez Leiva et Simon Laperrière préfèrent les navets. Des défauts techniques, des performances d'acteurs douteuses et un scénario incohérent, c'est beaucoup plus divertissant. Marie-Louise Arsenault découvre cette contre-culture avec les deux auteurs de l'Éloge de la nanarophilie.

« Le mauvais film, c’est celui que l’on va rejeter parfois avec colère, souvent avec frustration, alors que le nanar, on va se le réapproprier. Ses erreurs ont un potentiel comique qui vont transformer l’expérience de visionnement. C’est un film qui, objectivement, devrait nous déplaire, va soudainement être vu d’une façon différente, explique Simon Laperrière. Le nanar volontaire est très à la mode, comme Snakes on a Plane et Sharknado, mais, dans les faits, ce qui est captivant du nanar, c’est à quel point il est profondément sincère. »

Pour Antonio Dominguez Leiva, la nanarophilie trouve ses racines dans le surréalisme. « Les surréalistes, qui voulaient que le cinéma reste un art populaire, revendiquaient tout ce qui était mal foutu dans le cinéma. Ils étaient fascinés par les cascades et les choses qui ne se passaient pas bien. Je pense que cette recherche d’un certain éblouissement bizarre est ce qui a animé les nanarophiles, depuis les surréalistes jusqu’à nos jours. Ils recherchaient une confrontation avec tout ce que le bon goût empêche. »

Suggestions de sites pour les nanarophiles :

Nanarland, le site des mauvais films sympatiques

Cinémarde, site web québécois

Le nanar, blogue québécois

Référence :

Éloge de la nanarophilie, d’Antonio Dominguez Leiva et Simon Laperrière (Le murmure, 2015)

Les bandes-annonces des films Plan 9 from Outter Space (1959), Robot Monster (1953), La mort au large (1981) et The Room (2003)

       

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