•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pourquoi j'écris : les réponses de David Foenkinos

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au vendredi à 1 h et le samedi à 20 h)

Pourquoi j'écris : les réponses de David Foenkinos

L'auteur David Foenkinos en 2011.

L'auteur David Foenkinos en 2011.

Photo : Getty Images / Getty/AFP/Joel Saget

Ne pas écrire en pyjama est le meilleur conseil que l'on ait donné à David Foenkinos. C'est ce que nous révèle l'écrivain français, qui se soumet avec plaisir à notre questionnaire « Pourquoi j'écris ». Il aborde également son tout dernier roman, La famille Martin.

Pourquoi j'écris :

À quel âge avez-vous écrit votre premier texte?
J’ai dû l’écrire vers 20 ans. C’était très mauvais, je pense.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?
J’ai été opéré du cœur à l’âge de 16 ans, et je me suis alors mis à lire et à écrire. Les mots m’ont sauvé et ont été la meilleure façon de m’exprimer.

Vos parents étaient-ils fiers de vous?
Oui plus tard, surtout quand j’ai eu du succès. Quand j’avais ma photo dans Paris Match.

Quelle œuvre a influencé votre écriture?
Il y en a beaucoup. Sûrement Les démons, de Dostoïevski, pour le sens narratif et la fièvre. En tout cas, c’est une lecture qui m’a marqué et guidé.

Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première œuvre publiée?
J’étais sous le choc. Et puis c’était chez Gallimard. Il y avait tant d’auteurs que je vénérais que j’avais vus chez le même éditeur. Cela me paraissait surréel. Mon bonheur était total. J’aurais pu en vendre un, ou même un demi, cela n’aurait rien changé à ma joie. C’est d’ailleurs toujours une émotion forte de voir le livre imprimé.

Quelle est votre motivation quotidienne?
L’obsession de me renouveler. De ne jamais écrire le même livre. Ne pas être dans la routine des virgules.

Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail?
Ne pas avoir de contrainte ni de patron. Je mesure ce bonheur. Et j’aime voyager de moi-même. Quitter le réel pour d’autres horizons.

Qu’est-ce qui vous donne le plus de fil à retordre quand vous écrivez?
Je crois que c’est l’histoire. Trouver des idées pour qu’on ait envie de continuer le livre. Après, je passe des mois à peaufiner le texte, l’écriture, et là c’est plus plaisant.

La phrase, le dialogue ou le texte dont on vous a le plus parlé?
C’est au début de La délicatesse, avec le jus d’abricot. François regarde Nathalie et se dit : « Si elle prend un jus d’abricot, je l’épouse. » Et elle prend un jus d’abricot. Après, partout où j’allais, on me servait du jus d’abricot, comme si j’étais devenu le président de la secte du jus d’abricot.

Écrivez-vous à voix haute?
Non. Et je ne relis jamais à voix haute. Et je n’écoute jamais les livres audio. C’est intérieur pour moi, l’écriture. Pourtant, c’est musical. Mais une musique silencieuse.

Un mot, une ponctuation que vous affectionnez particulièrement?
Je suis très excité par le point virgule. Et j’adore le mot « peut-être ». Les deux sont liés. J’aime les choses qui entretiennent la possibilité d’être continuées. J’aime ne pas savoir où sera la fin.

Avez-vous un rituel d’écriture?
J’adore écrire dans les trains. C’est mon lieu absolu. Je suis en manque de trains en ce moment. Dès qu’on trouve un vaccin, je me fais une petite orgie de trains. Je pars n’importe où.

On ne parle que de soi : commentez.
Finalement, je commence à trouver cela très juste. J’ai toujours écrit de la fiction. Mais je me rends compte que tous mes romans parlent de renaissance, de seconde vie. Ou comment se réinventer après une forme de rupture. Et bien sûr, cela fait écho à ma maladie, à 16 ans. Avec ce sentiment d’être mort et d’être revenu à la vie.

Avez-vous déjà été censuré?
Une fois pour un recueil sur Disney. Blanche-Neige couchait avec un des nains. Ils n’ont pas aimé.

Pourquoi ou pour qui écrivez-vous?
J’écris pour respirer. C’est une drogue vitale. Pour qui? Pour toutes les femmes dépressives de 48 ans qui habitent à Limoges.

Un lieu et une ville qui vous inspirent?
J’adore l’Allemagne. Je dirais Berlin. J’ai aimé écrire Charlotte, en allant sur ses traces à Berlin. Mais bon… je devrais dire Montréal! Le Québec! Comme ça me manque. Je préfère faire votre émission en étant avec vous.

Avez-vous une muse?
Tiens, c’est une question qu’on me pose surtout en Russie! Ce n'est pas une muse, mais on pourrait dire que je pense à la femme que j’aime quand j’écris.

Avez-vous expérimenté la création sous influence?
Je crains de ne pas avoir besoin de ça. Et je pense que si j’essayais, je ne serais bon à rien. Je finirais allongé sur la moquette en train d’écouter les Doors.

Quel livre auriez-vous aimé avoir écrit?
L’insoutenable légèreté de l’être. Mais je préfère que ce soit Kundera qui l’ait écrit. C’est mieux pour tout le monde.

Comment souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous?
Comme quelqu’un de joyeux. Et de terriblement sexy.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi