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Pourquoi j'écris? Les réponses d'Emmanuel Kattan

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au samedi à 1 h et le samedi à 19 h)

Pourquoi j'écris? Les réponses d'Emmanuel Kattan

Il sourit au micro.

L'écrivain et intellectuel Emmanuel Kattan

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Habituellement joint à l'autre bout du fil à New York, notre collaborateur Emmanuel Kattan est de passage à Montréal pour parler de son nouveau roman, L'attrapeur d'âmes. L'équipe profite de sa présence pour lui soumettre le questionnaire « Pourquoi j'écris ».

Pourquoi j’écris?

À quel âge avez-vous écrit votre premier texte?
Vers 10, 11 ans, je crois. C’était un voyage interstellaire, mais il y avait toutes sortes de créatures terrestres, des pieuvres, des éléphants, des koalas. J’étais très inspiré par Jules Verne, mais j’étais un peu mélangé.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?
Une peine d’amour. Rien de tel pour se sortir du marasme que de commencer un journal.
On dit souvent qu’on écrit pour se révéler, pour se dévoiler aux autres. Mais je crois que c’est plutôt parce qu’on a envie d’être aimé. On écrit parce qu’on a envie d’exister pour les autres.

Vos parents étaient-ils fiers de vous?
Oui. Mais pas trop, pour ne pas avoir la grosse tête.

Le meilleur conseil qu'on vous a donné?
« Sois égoïste. » C’est un conseil que ma mère m’a donné. C’est surprenant, venant de ma mère, l’une des personnes les plus généreuses que j’aie connues. Mais pour elle, je crois, être égoïste, c’était autre chose que ne pas être généreux. Ça voulait plutôt dire : une fois que tu t’es fixé un but, ne te laisse pas distraire; engage-toi tout entier. Fais de ton but ton obsession, consacre-toi à lui. Pour elle, c’était ça, être égoïste.

Quel autre métier avez-vous exercé?
Livreur de journaux, commis-libraire, professeur de français, employé dans une compagnie d’assurances, rédacteur de discours, directeur de programmes aux Nations unies, au British Council et à l’Université Columbia.

Quelle est votre motivation quotidienne?
On dit qu’écrire est une activité solitaire. Et dans une grande mesure, c’est vrai. Parfois, cette solitude nous décourage. C’est pour ça qu’une de mes grandes motivations, c’est d’être entouré de proches, d’amis qui travaillent. Leur détermination, leur résolution m’empêche de baisser les bras. Si eux se réveillent tous les matins pour aller au boulot, alors je dois faire pareil, je n’ai pas le droit de laisser tomber.

Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail?
La première phrase. On pense souvent : quand j’arriverai à la dernière phrase, à écrire le mot « fin », je serai comblé. Mais pour moi, c’est le contraire, c’est trouver la première phrase qui m’apporte le plus. Souvent, tout est déjà contenu dans la première phrase. C’est pour ça que la première phrase nous donne un grand sentiment de puissance, le sentiment – l’illusion, le plus souvent – que l’on contrôle l’avenir. C’est comme si l'on avait découvert l’entrée secrète de la grotte, et tout ce qu’il nous restait à faire, c’était d’entrer pour l’explorer.

Écrivez-vous à voix haute?
Parfois. Mais je me méfie. Souvent, quand on lit une phrase à voix haute, on se laisse un peu trop séduire, on est hypnotisé par les sonorités et l'on ne voit pas bien où ça cloche. Ce qui fonctionne mieux, pour moi, pour donner du rythme à la phrase, c’est d’écouter de la musique. Pendant les scènes de meurtres, dans mon premier roman, j’écoutais Mahler. C’était très efficace.

On ne parle que de soi : commentez
Oui, bien sûr, mais il ne faut pas que ça se voie. L’écrivain parle de lui, parce tout ce qu’il écrit passe par sa conscience. Mais en même temps, il doit se cacher. Il doit être comme un trou noir, ces grosses étoiles invisibles, si massives que même la lumière ne peut s’en échapper. L’écrivain, comme le trou noir, est invisible, mais tout gravite autour de lui.

Comment imaginez-vous vos lecteurs?
Souriants.

Quel texte auriez-vous aimé avoir écrit?
Question difficile, ça laisse entendre qu’on aurait eu le talent nécessaire pour l’écrire. Donc je reformule : Quel texte aurais-je aimé avoir eu le talent d’écrire? Réponse, La peste, qui contient le meilleur et le pire de l’homme.

Quel serait l’honneur qui vous comblerait le plus?
Être lu par des écrivains que j’admire : Le Clézio, Paul Auster ou Marie-Claire Blais.

Comment souhaiteriez-vous que l’on se souvienne de vous?
Il faisait une sacrée bonne ratatouille.

À lire : L’attrapeur d’âmes, Emmanuel Kattan, Leméac, 23 octobre 2019

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