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Mitsou, la touche-à-tout passionnée de lecture

Plus on est de fous, plus on lit!

Avec Marie-Louise Arsenault

En semaine de 13 h à 15 h
(en rediffusion du mardi au samedi à 1 h et le samedi à 19 h)

Mitsou, la touche-à-tout passionnée de lecture

La productrice et animatrice sourit au micro.

Mitsou révèle qu'une phrase célèbre de Jean Cocteau lui est très chère.

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Animatrice, femme d'affaires, chanteuse et actrice, Mitsou est une véritable touche-à-tout. Après avoir joué dans l'émission Terre humaine, elle a fait carrière comme chanteuse au cours des années 1980 et 1990, et a notamment obtenu un succès explosif en 1988 avec Bye bye mon cowboy.

« Avec le temps, j’ai eu le temps de développer d’autres aptitudes », affirme Mitsou. Son blogue, créé en 2000, est devenu au fil des ans un véritable magazine Web (Nouvelle fenêtre). De plus, elle est membre du conseil d’administration du Centre des auteurs dramatiques (Nouvelle fenêtre) (CEAD) et agit à titre de porte-parole de l'association.

Quel est votre état d’esprit?
Je suis en attente, en observation. Je fais des moves et je vois comment le reste de mon équipe y répond.

Quelles sont vos devises?
En ce moment, être parent à travers la philosophie et non l’opposition. Mon mari et moi, on s’oppose là-dessus!
« On ne tire pas sur la rivière, elle ne coulera pas plus vite », comme disait ma maman…
« Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi », du poète Jean Cocteau.

Quels sont vos mots préférés?
« Ornithorynque ». Ça prend un y vers la fin et c’est bien intéressant! C’est un mélange de castor et de canard d’Australie. C’est le seul mammifère qui pond des œufs. Je niaise avec ce mot depuis mon secondaire. Quand j’étais ado, j’avais une fixation sur celui-ci, ainsi que sur le nom « Gwendoline », qui est aussi une bande dessinée érotique. C'est peut-être pour cela, mais aussi et surtout parce que j’aime la sonorité du W. J’ai aussi inventé le terme « wench », qui désigne tous les mots que je cherche, mais surtout la manette de télévision. Je n’aime pas le mot « manette ».

Qu’y a-t-il sur votre table de nuit?
Un iPad. Je ne lis que sur iPad, sur fond d’écran noir, avec des lettres grand format. J’adore le fait que j’ai une partie des livres du monde téléchargeable dans un objet. Je télécharge gratuitement nombre d’extraits, puis je choisis de continuer que ceux qui accrochent vraiment mon attention.

Quel livre a changé votre vie?
Mitsou ou comment l’esprit vient aux filles, de Colette, parce que j’adore le titre du roman de Colette, d'où est issu le prénom que mon papa a choisi pour moi à ma naissance. Depuis des années, je reçois en cadeau des exemplaires du livre, paru il y a 100 ans exactement, en 1919. À ma première lecture, alors que j’étais dans la jeune vingtaine, j’ai été bien triste de lire Mitsou, ou comment l'esprit vient aux filles. Je trouvais niais le personnage de Mitsou, une danseuse de l’Empyrée-Montmartre, qui correspond avec le lieutenant Bleu pendant la guerre. Je cherchais pourquoi on vénérait autant Collette. C’est beaucoup plus tard que j’ai compris que la vie de l’auteure était beaucoup plus intéressante. Je suis tombée sur Colette et les siennes (Nouvelle fenêtre), de Dominique Bona, beaucoup plus tard, en 2017, et j’y ai découvert un monde qui pourrait pour certaines, sembler idéal : on y est témoin des amitiés sentimentales de Colette avec ses copines à Paris à l’été 1914, pendant que les hommes sont partis à la guerre. Pour la première fois, elles goûtent à la liberté totale. Tout doit être réinventé, mais Colette, 41 ans, alors journaliste au Matin, pionnière des pionnières, en a l’habitude. Elle a porté le pantalon bien avant Gabrielle Chanel, portait les cheveux courts et ne portait plus de corset; infaisable pour l’époque.

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle vous a le plus troublée?
InVivo (ou comment ne pas faire de bébé), de Véronick Raymond, un spectacle solo sur l’infertilité. Je suis partie de la salle en appelant ma belle-fille de 27 ans pour lui dire de faire congeler ses œufs! C’est à mon avis le spectacle québécois de théâtre documentaire dont on n’a pas assez parlé. Chaque fois qu’elle refait une série de spectacles, je fais tirer des billets sur le site de mon magazine, j’appelle mes amies… Je suis la plus grande admiratrice de Véronick Raymond (aussi chroniqueuse à ICI Première), parce qu’elle a décidé de transformer son expérience douloureuse dans le monde de la procréation assistée en pièce de théâtre documentaire, parce que c’est comme ça qu’on peut faire changer les choses et cette femme-là, c’est carrément un moteur de changement!

Quelle chanson vous représente?
Stop!, de Sam Brown

Quel est votre plus récent engouement artistique?
Chaque automne j’ai envie de mourir, de Véronique Côté et Steve Gagnon. J’ai découvert ce livre par hasard. Je venais de terminer Prague, de Maude Veilleux, je lisais la liste des parutions des éditions du Septentrion et le titre m’a attiré. Ce que j’y ai découvert est un trésor : pour créer un spectacle déambulatoire extérieur dans lequel le public devait découvrir des tableaux théâtraux dans la ville de Québec, Véronique a lancé un « appel aux secrets » en garantissant un anonymat total aux auteurs des confessions. Elle a reçu des centaines de confessions et s’en est inspirée pour écrire des textes fabuleux, insolites, émouvants, troublants… On ne sait plus ce qui est réel ou inventé, mais ce que l’on sait, c’est que l’équilibre entre créativité de l’auteur et l’authenticité des émotions rapportées dans un style d’écriture (parlé) est juste parfait.

Quel film vous a fait pleurer?
Le huitième jour (1996), de Jaco Van Dormael, sorti il y a 23 ans. Harry (Daniel Auteuil) est un homme seul et triste, séparé de sa femme et ses enfants, qui ne fait que travailler sept jours sur sept. Il rencontre Georges (Pascal Duquenne), un jeune trisomique, qui vit dans l'instant présent. Ils deviennent inséparables et apprennent l’un et l’autre. Je me souviens avoir tellement pleuré… Une chose est certaine par contre : je ne reverrai plus jamais ce film. Je ne fais jamais l’erreur de voir un film qui m’a touché une seconde fois, car je ne retrouve jamais la première émotion. C’est comme un one night magique. Je n’y reviens jamais! Je ne reverrai pas non plus Les aventures du Baron de Münchhausen (1988), ni 37°2 le matin (1986).


Quel texte pouvez-vous réciter par cœur?
Sweet Dreams (Are Made of This), d'Eurythmics

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