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Marie-Louise Arsenault
Audio fil du vendredi 11 octobre 2019

L'amour de Biz pour la jeunesse

Publié le

Le chanteur et auteur sourit à l'animatrice.
Biz raconte avoir connu l'éveil sentimental en lisant Cyrano de Bergerac.   Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Le rappeur et écrivain Sébastien Fréchette, qui répond aussi au nom de Biz, a été découvert grâce au groupe Loco Locass. Il est aussi l'auteur de sept livres, dont le plus récent, Les abysses, est paru le 2 octobre dernier. Il nous fait part sans inhibitions de sa liste de l'invité, où l'on découvre le grand intérêt qu'il porte à la jeunesse.

Quel est votre état d’esprit?

Il est très bon parce que je fais la promotion du livre. Le vrai travail est terminé, le livre est publié. On présente l'enfant à tout le monde. Les premiers échos du livre sont très bons aussi. C'est plus facile dans ce temps-là.

Quel mot vous décrit?

J'ai cherché longtemps parce que, un seul mot, ce n'est pas beaucoup et c'est beaucoup. J'ai dit « loquace », évidemment, ce n'est pas très original.

Quelle est votre devise?

« Lâche pas la patate! », que j'adore, ou encore sa version plus élaborée : « N'abandonne pas le tubercule parmentier! » J'ai la hantise, quand j'écris des romans, de perdre mon manuscrit, de me faire voler mon ordinateur. Je m'envoie régulièrement en fichier joint l'état d'avancement du manuscrit. J'écris toujours un petit mot dans le cartouche de bienvenue, du genre : « Lâche pas, le grand! »

Quel est votre mot préféré? Et celui que vous aimeriez bannir?

J'aime bien « susurrer » parce que j'aime le son. C'est le mot « God » [que j'aimerais bannir], et plus particulièrement l'expression « Oh my God! ». Québec francophone laïque, mon œil!

Qu’y a-t-il sur votre table de nuit?

Il y a beaucoup de choses : Mythologies, de Roland Barthes; mon chargeur; mes lunettes; des billets de métro; mes écouteurs et des kleenex; L’œuvre du grand lièvre filou, de Serge Bouchard; un collant du drapeau du Québec; Naufrage; ma montre; Rock ma vie, de Pierre Harel; un livre sur le Royal 22e Régiment et un mot d’amour de ma fille de 9 ans.

Quelle lecture a fait votre éducation sentimentale ou amoureuse?

Cyrano de Bergerac, le gros nez qui ne s'aime pas et qui pense que les filles ne l'aiment pas. Le causeur qui peut faire tomber les filles avec les mots, ça me parle beaucoup.

Quelle lecture obligatoire a été une torture?

Malheureusement, De quoi t’ennuies-tu, Éveline?, de Gabrielle Roy. Je m'en veux, mais ce n'était pas son meilleur livre.

Quel livre a changé votre vie?

Le cercle violet de Daniel Sernine. Mon oncle me l'a offert quand j'avais 15 ou 16 ans. Un roman un peu médial fantastique qui m'a inspiré dans l'écriture de mon premier roman dans le même style à l'âge de 15 ans.

Quel livre, film, pièce de théâtre ou spectacle, vous a le plus troublé?

Les oranges sont vertes de Gauvreau, que j'ai vu au TNM. C'est une réflexion fulgurante sur la compromission artistique. Ça m'avait beaucoup marqué et impressionné.

Quel chef-d’œuvre est surestimé?

Je l'ai vu récemment : La dolce vita, de Fellini. J'ai été sensible à la cinématographie, mais il n'y a pas d'histoire dans ce film-là. Ça m'en prend une au minimum pour finir un film.

Quel est votre plus récent engouement artistique?

LaF, le groupe de rap qui a gagné Les Francouvertes l'an dernier. Ils écrivent bien, ça s'écoute super bien. C'est une très belle mélodie avec un beat rap, mais ils ne se prennent pas au sérieux.

Quelle chanson vous représente?

C'est la seule chanson que j'écouterais en boucle : Les Yankees, de Desjardins. C'est une chanson engagée, mais pas moralisatrice. C'est pour moi le prototype d'une chanson engagée.

Quel est votre album chouchou?

Prose combat, de MC Solaar. T'écoutes ça, c'est tellement, tellement bien produit. Ça pourrait être sorti hier et on trouverait ça encore bon. C'est un rap de lettré. On n'est pas toujours obligé de parler de guns et de limousine dans le rap.

Avez-vous le souvenir d’un spectacle exceptionnel, d'une performance inoubliable?

La trilogie des dragons, de Robert Lepage. Ma mère nous avait envoyés là, moi et mon frère, obligatoirement. Il y avait une scène autour de la Deuxième Guerre mondiale. Tu ne peux pas trouver quelque chose de plus brillant pour décrire la boucherie de la Deuxième Guerre mondiale.

Quel est le film qui vous a fait pleurer?

La chute de Sparte. À la fin, il y a une scène avec une voix hors champ. Depuis 2012, ça me rend très émotif quand il est question de la jeunesse, surtout à cause de notre implication auprès d'elle.

Quelle expression vous exaspère?

Au restaurant, en dehors de Montréal, on s'adresse souvent aux clients en disant : « Est-ce qu’on avait terminé? » Je ne comprends pas l’usage du pronom indéfini et de l’imparfait pour s’adresser à un client dans le présent.

Quelle est votre réplique fétiche?

« Mais enfin, je ne vais tout de même pas me faire enculer sous prétexte que c’est un ami! », dite par Michel Blanc dans le film Tenue de soirée.

Quel texte pouvez-vous réciter par cœur?

Une charogne, de Baudelaire. C'est un poème symbolique extraordinaire.

Quelle est la pire ou la plus belle chose qu’on vous ait dite?

Quand on m’a accusé de racisme en citant partiellement et malhonnêtement les paroles de Loco Locass. Ça fait mal de se faire traiter de raciste quand on ne l’est pas, et c’est très difficile de se défendre contre ça. Je l'ai encore sur le cœur.

Qui est votre héros dans la vie réelle?

J'en ai deux : Eminem et Gilles Vigneault. Eminem, parce que j'adore la résilience et l'acharnement de ce gars-là. Il vient de Détroit, d'un quartier épouvantable, c'était un véritable grain de sel dans une poivrière.

À qui voudriez-vous adresser un mot d’excuse?

À tous ceux que j’ai écœurés au secondaire en me joignant lâchement à la meute.

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